Economie

La compétitivité des entreprises françaises passe aussi par les normes

Solène Davesne

Publié le

La Fabrique de l’industrie invite les entreprises françaises à s’investir davantage dans la normalisation. En créant de nouveaux marchés et en instaurant des barrières à l’entrée, les normes sont un enjeu de compétitivité.


Denis Ranque, co-président de la Fabrique. Crédits : Pascal Guittet

Alors que les négociations sur le traité de libre-échange – qui cherche à élaborer des standards de normes communs des deux côtés de l’Atlantique - se poursuivent, la dernière note de la Fabrique de l’industrie pourrait sonner comme un avertissement. 

Pour le think tank, les entreprises françaises ne s’impliquent pas assez dans les processus de normalisation aux niveaux européen et international. L’enjeu ne se limite d’ailleurs pas au traité transatlantique. Sur les 35000 normes applicables en France, 90 % sont élaborées au niveau européen ou international et leur nombre a progressé de 30 % depuis 2003.

"Les entreprises françaises, en comparaison avec leurs homologues allemandes ou britanniques, se sont peu approprié le sujet de l’influence normative comme outil stratégique", soulève la note de la Fabrique.


Le think tank y voit pourtant un " levier de compétitivité " pour les entreprises. Imposer sa norme au marché permet d’être en bonne place pour profiter des nouveaux marchés ouverts ou d’atteindre des marchés à l’étranger, en rassurant sur le respect de critères communs des produits commercialisés. A l’inverse, elles peuvent au moins autant servir de barrières à l’entrée pour exclure ceux ne s’y conformant pas.

 

Les allemands, plus actifs


Dans la bataille autour des normes, la France est moins active que l’Allemagne. Sur 600 comités techniques, environ 130 sont présidés par les Allemands devant les Américains (110) et les Français (70). Même si elle n’a encore que 35 commissions, la Chine est de plus en plus active dans la compétition. "Son objectif étant de prendre le leadership à l’organisme mondial de normalisation", souligne le rapport.


Le problème, c’est que la France avance souvent en ordre très dispersé. Dans le domaine des prises pour véhicules électriques, les batailles franco-françaises ont abouti à un échec et ont permis au standard défendu par les industriels allemands de s’imposer.

" Nous serons d’autant plus efficaces que nous saurons régler nos différends internes et présenter un front uni dans les négociations internationales ", estime Denis Ranque, le co-président de la Fabrique.


Le rapport appelle aussi à mettre en place une politique de normalisation claire :  " une stratégie de normalisation française plus offensive servirait notre compétitivité, à la fois en élargissant les débouchés de nos produits, en permettant des économies d’échelle, donc un meilleur prix, et en signalant leur qualité ", souligne le rapport qui plaide aussi pour renforcer l’implication des entreprises françaises, notamment des PME dans les organismes d’élaboration de normes.

Mais le chemin reste encore long. Remis en début d’année, le rapport demandé par le gouvernement à Lydie Evrard préconisait l’installation d’un conseil d’orientation de la politique de normalisation, impliquant le ministère de l’industrie et des entreprises dès cette année. A l’heure actuelle, celui-ci n’existe toujours pas.

Solène Davesne 

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