La chute des prix du lait continue d'inquiéter ses producteurs

Dans l'attente de nouvelles réponses de la part de Bruxelles, les producteurs européens de lait continuent de faire part de leurs difficultés face à la baisse continue des prix. Ils sollicitent directement leurs gouvernements respectifs.

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La chute des prix du lait continue d'inquiéter ses producteurs


Source : Agritel

La baisse continue des prix du lait, liée à une surproduction mondiale entraînée notamment par la fin des quotas laitiers, l’embargo russe et la baisse des importations chinoises, continue d’inquiéter les producteurs. "2016 sera une nouvelle année excédentaire pour le lait, notamment parce que nous avons aussi des stocks importants des dernières années. La question est de savoir quand cette situation prendra fin", a expliqué, le 17 mai, le président du syndicat des fabricants de lait, Giampaolo Schiratti. D’après la Commission européenne, le prix du moyen du lait, dans l’ensemble de l’Union européenne, a chuté de 12,7% entre janvier 2015 et avril 2016, ces chiffres cachant de fortes disparités selon les pays.

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Initialement attendues pour la fin du mois de mai, les réponses de la Commission à cette crise ne seront finalement pas connues avant le prochain conseil des ministres de l’Agriculture, prévu les 27 et 28 juin à Luxembourg. Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a seulement indiqué que la situation du marché serait réexaminée fin juin, ainsi que les réponses proposées par les Etats membres. En avril, Bruxelles avait autorisé, pour une période de six mois, les organisations et associations de producteurs et les organisations interprofessionnelles à planifier de manière concertée la production laitière et à conclure des accords conjoints.

Les agriculteurs sollicitent leurs gouvernements

Ces mesures n’ont pas suffi à satisfaire les producteurs qui poussent les différents gouvernements à se pencher sur leur situation. En Allemagne, "le gouvernement travaille intensément à des instruments qui puissent conduire à une détente du marché", a indiqué dans la presse régionale, jeudi 12 mai, le ministre allemand de l’Agriculture, Christian Schmidt. Excluant toute volonté de favoriser un retour aux quotas, il a plaidé pour une meilleure répartition de la chaîne de valeur entre les différents acteurs de la filière. Un sommet fédéral consacré à la crise laitière se tiendra le 30 mai prochain. Différentes enveloppes budgétaires pourraient être débloquées à cette occasion.

Le Portugal est, lui, déjà passé à l’action. La semaine dernière, son gouvernement a annoncé l’ouverture de deux lignes de crédit, chacune dotées de 20 millions d’euros, afin d’aider les producteurs laitiers et les éleveurs de porcs. La première aura pour objectif de soutenir la trésorerie des agriculteurs, tandis que la seconde doit accompagner la restructuration des dettes auprès des fournisseurs et des banques.

En Irlande, le principal syndicat agricole du pays, l’IFA, a quant à lui demandé au nouveau ministre de l’Agriculture, Michael Creed, de suspendre certains prélèvements, et sollicité le paiement immédiat d’aides. "Le gouvernement et la Commission européenne à Bruxelles doivent prendre des mesures dans tous les domaines pour aider les agriculteurs à résoudre leurs difficultés actuelles", a lancé le président de l’IFA, Joe Healy.

En France, "les entreprises françaises doivent pouvoir bénéficier des mêmes conditions de marché que chez leurs voisins", affirmait, dès le mois de mars, Olivier Picot, le président de la Fédération nationale des industriels laitiers, excluant l’instauration de prix du lait spécifiques au pays.

Franck Stassi


Forte progression des laits bio et délactosés sur fond d’évolution des usages

L’émergence de nouveaux modes de consommation n’est pas sans impact sur les achats de lait. En France, le marché du lait liquide léger a perdu 2,5% en volume en 2015. Les volumes de lait biologique se sont en revanche accrus de 7,1%. La consommation de lait délactosé a bondi de 13,3%, tandis que celle de lait de chèvre a progressé de 19%. Pour expliquer la baisse globale des volumes, le Syndilait met notamment en avant le délaissement progressif du petit-déjeuner par les Français. Une nouvelle campagne de communication européenne, "Milk moments", doit permettre à la filière de rappeler la facilité de consommer du lait en mode nomade. Les professionnels souhaitent également créer une communauté de "milk lovers" sur Facebook.

 

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