Economie

La chute de la production cacaoyère pénalise les finances du Ghana

Franck Stassi , , , ,

Publié le

La baisse prévue de 22% de la production ghanéenne de cacao affecterait les finances du pays, déjà mal en point. Le financement d’engrais et de pesticides a notamment manqué lors d’une campagne 2014-2015 horribilis .

La chute de la production cacaoyère pénalise les finances du Ghana © Flickr/cc Tom Hart

La production mondiale de cacao reculerait de 4,4% au terme de la campagne 2014-2015, estime l’Organisation internationale du cacao (ICCO). Cette baisse est notamment imputable aux sombres perspectives de la production du Ghana. La récolte du deuxième producteur mondial de cacao, qui représente environ 20% du marché, chuterait de 22% entre les campagnes 2013-2014 et 2014-2015, à 696 000 tonnes.

"Au début de la saison, il était prévu que la production serait en deçà du niveau atteint lors de la saison précédente, mais pas au niveau lamentable désormais envisagé par la plupart des acteurs du marché", a indiqué l’ICCO. La baisse du prix proposé aux producteurs de cacao pourrait avoir exacerbé la concurrence pour l’allocation des terres en faveur notamment de l’exploitation minière, avance l’organisation. D'autres facteurs expliquent ce mauvais résultat, comme la contrebande qui s'est développée parallèlement à la baisse du cedi, la monnaie ghanéenne, face au dollar. Les agriculteurs, à la recherche de meilleurs prix ont préféré vendre illégalement en Côte d'Ivoire, ce qui fait dire à certains observateurs ironiques que la baisse du cedi fait grimper la production ivoirienne. Cette fuite de production prive le Cocobod de ressources. L'organisme public, qui organise l’action de la filière en achetant et en revendant la récolte, s’était initialement engagé à fournir du cacao sur la base d’une production de 1 million de tonnes, rapidement révisée à la baisse à 850 000 tonnes. Sa fiabilité est aujourd’hui remise en cause, l’ensemble des livraisons pré-payées ne pouvant être honorées.

Un budget compliqué

Les difficultés financières du Ghana, dont la note a été abaissée en octobre 2014 à B- par l’agence de notation Standard and Poor’s, compliquent l’action du Cocobod : les agriculteurs subissent des retards de paiement et ne peuvent pleinement bénéficier de programmes de financement d’engrais et de pesticides. "La forte baisse de la production pourrait notamment résulter d’une épidémie de la maladie de la pourriture brune qui a balayé le pays, suite à de fortes pluies durant les mois ayant précédé la culture principale", précise la banque panafricaine Ecobank. De mauvaises conditions climatiques ont également ponctué la campagne.

Cette baisse de la production de cacao, un des principaux contributeurs au budget ghanéen, s’ajoute aux conséquences de la baisse des prix du pétrole. Des coupures récurrentes d’électricité ont, en outre, pénalisé l’activité économique. Le déficit public pour l’année 2015 est aujourd’hui estimé à 7,5% du produit intérieur brut (PIB) contre une estimation initiale de 6,5%. Il s’est élevé, en 2014, à 9,3% du PIB.

Franck Stassi

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