Economie

La Chine, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis bousculent le marché de la viande ovine

Franck Stassi , , , ,

Publié le

Le fort accroissement des importations chinoises de viande ovine au cours des dernières années fait le bonheur de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis constituent également des cibles privilégiées par les exportateurs.

L’essor de la consommation en Asie, au Proche et au Moyen-Orient ainsi que la baisse de la demande en Europe modifient le paysage de marché de la viande ovine. Entre 2009 et 2014, les importations chinoises ont été multipliées par 3,5. Bien qu’étant le premier producteur mondial de viande ovine – avec 2 millions de tonnes équivalent carcasse (tec) par an – la Chine a significativement accru ses achats au cours des dernières années. "L’augmentation des revenus, l’occidentalisation des modes de consommation et la généralisation de la consommation de viande sont des facteurs explicatifs de la hausse de cette demande", indique l’établissement français des produits de l’agriculture et de la mer, France AgriMer.

L’Australie, deuxième producteur mondial de viande ovine avec 486 000 tonnes d’agneaux abattus en 2014, la Nouvelle-Zélande, troisième producteur mondial avec 379 000 tonnes d’agneaux abattus en 2014, ainsi que l’Uruguay sont les trois seuls Etats à disposer de certificats pour pouvoir directement exporter leur viande en Chine continentale – les autres exportateurs transitent par Hong Kong, à l’instar de l’Union européenne. L’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui commercialisent en-dehors de leurs frontières plus de 60% de leur production, sont étroitement liés au marché chinois. Ils y exportent respectivement 13% et un tiers de leur production.

L’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, des marchés-cibles en croissance

La Chine n’est pas le seul pays à susciter l’engouement des exportateurs de viande ovine. L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont désormais les quatrième et cinquième importateurs mondiaux de viande ovine derrière la Chine, l’Union européenne et les Etats-Unis. De nouveaux acteurs se positionnent sur ces marchés, tels le Pakistan et l’Inde, dont les exportations, inférieures à 5000 tonnes équivalent carcasse (tec) au début des années 2000, ont en 2014 atteint 12 000 et 23 000 tec. Les exportations éthiopiennes ont pour leur part doublé entre 2009 et 2014, à 15 000 tec.

Les pays développés ne constituent pas une priorité pour les exportateurs

L’attrait des pays émergents pour les exportateurs de viande ovine n’est pas sans conséquences pour les autres pays. "Les principaux exportateurs mondiaux de viande ovine ont réorienté une partie de leurs flux vers les marchés dont la demande est croissante, au détriment des marchés historiques moins dynamiques comme l’Union européenne", constate France AgriMer. Entre 2009 et 2014, les importations européennes de viande ovine ont ainsi chuté de 26%. Cette baisse atteint 30% pour les importations en provenance de Nouvelle-Zélande.

La faiblesse de la consommation de viande ovine dans les pays développés n’incite pas les pays exportateurs à lorgner ces marchés, précise pour sa part l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les pays en développement ont, en moyenne, consommé 11 195 tonnes par an contre 2 650 tonnes dans les pays développés lors de la période 2012-2014. En 2015, la consommation chinoise de viande ovine pourrait néanmoins se tasser légèrement, explique France AgriMer, ralentissement économique oblige.

Franck Stassi

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