"La baisse des cours du pétrole a été moins favorable que prévue pour l’économie mondiale", explique Julien Marcilly de Coface

Pour Julien Marcilly, chef économiste de l'assureur-crédit Coface, les pays développés – Europe en tête – sont les principaux gagnants de la baisse des cours du pétrole. 

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Stockage de pétrole - Etats-Unis

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L'Usine Nouvelle : L’effet de la baisse des cours est-elle positive pour la croissance mondiale ?

Julien Marcilly : La plupart des économistes – et nous avec – anticipaient à la fin de l’année dernière que la baisse engagée des cours du pétrole aurait un effet net positif sur la croissance mondiale. En théorie, l’effet négatif de la chute des cours n’est en partie pas immédiat car un certain nombre de pays producteurs ont des réserves suffisantes pour faire face. A l’inverse, les pays importateurs bénéficient à court terme de l’effet positif. En réalité, l’effet de la baisse du pétrole est beaucoup moins évident que les économistes ne l’anticipaient. Il y a eu beaucoup de mauvaises surprises. Aux Etats-Unis, on s’attendait à ce que la baisse du prix de l’essence ait un lien fort avec la confiance des ménages. Or, la croissance a déçu au premier trimestre. Malgré l’amélioration au deuxième trimestre, la croissance devrait être proche de ses niveaux de l’an dernier. Il est difficile de voir un effet de cette baisse du pétrole.

Comment expliquer que cette baisse ait peu d’impact ?
L’effet sur l’économie dépend de son origine. Si les prix chutent à cause d’un excès d’offre, cela a un effet potentiellement très positif. En revanche, lorsque la baisse est associée à une demande plus faible de pétrole, comme on a pu le voir en 2008-2009, ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, les deux facteurs jouent à la fois avec la levée de l’embargo en Iran sur l’offre mais aussi le ralentissement de la Chine depuis l’été.

Quels sont les pays qui en profitent le plus ?
Les plus grands bénéficiaires sont les économies avancées, à l’exception du Canada et de la Norvège. Cela soutient les marges des entreprises. alors que l’on pensait que l’inflation repartirait à la hausse, cela a aussi permis de dégager du pouvoir d’achat supplémentaire pour les ménages. En France, la baisse des cours a clairement eu un effet sur la bonne tenue de la consommation au premier trimestre. Le maintien d’une inflation à des niveaux très faibles repousse aussi d’autant les perspectives de durcissement de la politique monétaire. Le scénario le plus probable désormais est que la Réserve fédérale américaine ne devrait relever ses taux qu’à la fin de l’année voire début 2016.

Quelques grands pays émergents profitent aussi de cette baisse. C’est le cas de l’Inde ou de la Turquie, qui ont eu ces dernières années des problèmes de balance de paiement. Le recul des cours leur permet d’améliorer leurs comptes extérieurs. Beaucoup de pays émergents ont profité de la baisse des cours pour réformer leur système de subvention à l’énergie. Comme les prix sont plus bas, cela rend les réformes à court terme indolores pour la population. C’est ce qu’ont fait l’Inde ou la Malaisie par exemple.

La baisse du pétrole a-t-elle dopé la croissance en Asie ?

Théoriquement, la baisse du cours du pétrole est très positive pour la Chine. Mais comme le ralentissement de l’économie chinoise est en partie responsable de cette baisse, on l’a voit mal en profiter. La baisse des cours devrait profiter aux pays les plus industrialisés comme la Corée ou la Thaïlande. En revanche, la Malaisie qui est producteur de pétrole a vu ses perspectives se dégrader sous l’effet du ralentissement chinois et de la nouvelle baisse des cours. L’Indonésie commence aussi à souffrir même si elle n’est plus un pays exportateur de pétrole. Mais elle est rattrapée par la chute du prix des matières premières, dont l’évolution est en partie corrélée à celle du pétrole.

Propos recueillis par Solène Davesne

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