"L'intelligence artificielle va entrer dans le 'gouffre des désillusions' et c'est tant mieux !", lance Xavier Lorphelin, de Serena Capital

Cofondateur de Serena Capital, qui a lancé en janvier un fonds d'amorçage de 80 millions d'euros dédié au big data et à l'intelligence artificielle (IA), Xavier Lorphelin prédit que l'IA va entrer dans le "gouffre des désillusions" de la courbe du "Hype Cycle" de Gartner. Et c'est une bonne nouvelle, estime-t-il, car cela correspond au démarrage de la phase d'industrialisation de l'IA. L'épreuve de la réalité pour la multitude de start-up qui se sont lancées sur ce créneau.

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Xavier Lorphelin, managing partner de Serena Capital, a reçu 450 dossiers de start-up dans la data et l'IA depuis le début de l'année.

L'Usine Nouvelle - Comment appréciez-vous l'effervescence actuelle autour de l'intelligence artificielle (IA) ?

Xavier Lorphelin - La vague est impressionnante. "Intelligence artificielle" est devenu le mot clé qu'il faut afficher dans toute communication comme il fallait le faire avec le mot "Internet" il y a vingt ans. Le terme a peu à peu remplacé celui de "big data" et, d'ailleurs, beaucoup de gens mélangent data et IA. On parle même souvent d'IA pour de simples analyses statistiques ! L'IA est clairement dans la phase de "hype", au pic de la courbe du "Hype Cycle" de Gartner.

N'est-ce pas une bulle qui pourrait bientôt éclater ?

Je ne parlerais pas de bulle, non. C'est plutôt que l'IA va entrer dans le "gouffre des désillusions" [la chute après le hype du cycle de Gartner, NDLR] et c'est tant mieux ! Car c'est l'étape de l'industrialisation de l'IA. Les propositions de valeur vont devoir se clarifier et les prototypes vont devoir se transformer en solutions packagées, en produits. Dans cette phase de confrontation à la réalité du terrain, certaines start-up vont disparaître mais celles qui passeront cette étape seront bien positionnées pour capter la valeur et grandir. Toutes les grandes entreprises potentiellement utilisatrices de solutions basées sur la data s'y intéressent. C'est une période passionnante !

Vous avez lancé en janvier un fonds dédié à la data et à l'IA, quel bilan dressez-vous ?

Serena Data Ventures est un fonds d'amorçage doté de 80 millions d'euros ciblé sur la data et l'IA. C'est le seul de ce type en Europe. Nous sommes sur un rythme d'investissement très élevé, plus rapide que prévu. En 2017, Serena Data Ventures réalisera au moins huit investissements, ce qui est important pour un fonds qui a vocation à réaliser 20 investissements en cinq ans. Sans compter les investissements via les autres véhicules de Serena Capital, tels que ceux que nous venons d'effectuer dans Vekia et Dataiku. Nous restons très sélectifs : nous avons reçu près de 450 dossiers de start-up dans la data et l'IA depuis le début de l'année.

Quels types de start-up financez-vous avec Serena Data Ventures ?

Nous couvrons un large spectre de secteurs, de la supply chain avec Vekia à la mode avec Heuritech. Nous avons aussi la cybersécurité, la pharmacie, le médical hospitalier, le véhicule autonome… Dans tous les cas, il s'agit de start-ups très jeunes que nous accompagnons dans la définition de leur produit et de leur business model. Nous avons une spécificité par rapport aux capital-risqueurs classiques : une équipe de 4 permanents, auxquels s'ajoutent 3 Venture Partners, sont dédiés à l'accompagnement opérationnel de nos start-ups. L'équipe s'appuie en outre sur un réseau d'experts pointus qu'elle met à disposition des start-ups au moment où elles en ont besoin.

Tous les secteurs d'activité sont donc concernées par la révolution de la data…

La data sera la prochaine révolution industrielle et elle touchera effectivement tous les secteurs. Grâce à la vague d'innovations précédente, le software est déjà partout. C'est lui qui génère la valeur dans toutes les industries. Et la data vient aujourd'hui s'imposer au cœur du software. Comme les cycles de développement sont devenus beaucoup plus court dans le software, des solutions peuvent émerger rapidement et porter cette révolution. C'est bien la data qui est le moteur. Sans la data, l'internet des objets et la robotique, par exemple, n'ont rien de révolutionnaire. C'est le constat qui est à l'origine de Serena Data Ventures.

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