Technos et Innovations

L’intelligence artificielle, un jackpot pour les entreprises pionnières

Manuel Moragues ,

Publié le

Infographie Une étude de McKinsey évalue les gains nets de l’intégration de l’intelligence artificielle. Les entreprises pionnières en tireraient 6% de croissance annuelle d’ici à 2030, au détriment des retardataires. Mais il leur faudra être patientes.

L’intelligence artificielle, un jackpot pour les entreprises pionnières
Les entreprises pionnières dans l'IA en tireraient 6% de croissance annuelle d’ici à 2030, au détriment des retardataires.

L’intelligence artificielle pourrait bien être synonyme de jackpot pour l’économie mondiale. Mais seuls les pionniers rafleront la mise. C’est, en substance, la conclusion du rapport "Modeling the impact of AI on the world economy" publié le 5 septembre par McKinsey Global Institute. Le cabinet chiffre à 13 000 milliards de dollars la richesse additionnelle que générerait globalement d’ici à 2030 l’adoption de l’IA. Soit un surplus de croissance de 1,2% par an sur douze ans. Le tout net des effets de destruction de richesse que provoquerait l’IA.

Ce chiffre est le résultat de simulations économétriques menées par McKinsey à partir, notamment, de l’extrapolation de l’intégration de l’IA par les entreprises et de ses conséquences. L’IA regroupant ici cinq technologies génériques : vision par ordinateur, langage naturel, assistants virtuels, automatisation des process corporate (RPA, robotic process automation) et machine learning avancé.

L’apport de cette étude est notamment d’avoir examiné différentes dimensions de l’effet de l’IA sur la richesse (infographie ci-dessous). En particulier celles conduisant à des effets négatifs, comme la cannibalisation d’activités (effet de compétition) et les externalités négatives comme le chômage et le besoin de formation induits par la robotisation permise par l’IA.

McKinsey pointe un effet retardé (infographie ci-dessous), avec un lent démarrage dû aux investissements nécessaires à l’intégration de l’IA suivi d’une très forte accélération. Le cabinet en tire deux leçons. Premièrement, "les pays et les entreprises proactifs en matière d’IA auront besoin de s’engager durablement car les bénéfices ne deviendront visibles qu’après plusieurs années". Mais aussi : "Les faibles résultats initiaux peuvent laisser penser que l’importance de l’IA est surestimée. Ce qui induirait en erreur. Les bénéfices de l’IA pour les pionniers de ces technologies augmentent fortement au cours des années suivantes, aux dépens des retardataires."

L’étude souligne l’écart croissant avec le temps entre pionniers et retardataires de l’IA, qu’il s’agisse de pays ou d’entreprises. L’IA représenterait ainsi un coût pendant les cinq prochaines années pour les entreprises en pointe (infographie ci-dessous). Mais ces dernières se verraient largement récompensées avec une envolée de leurs revenus les années suivantes. Le bilan se traduisant par un surplus net de croissance annuelle de 6% sur 12 ans. A l’inverse, les retardataires, perdant du terrain face à leurs concurrents, seraient pénalisés à hauteur de 2% de croissance annuelle.

Non seulement être retardataire pénalise fortement les revenus, mais se contenter d’être "suiveur", en intégrant l’IA mais plus tardivement que les pionniers, conduit aussi au décrochage. "Les suiveurs" ne profiteraient pas de leurs investissements dans l’IA avant 2029 et n’obtiendraient au final qu’un surplus de croissance annuelle bien inférieur, à environ 0,7%. La course à l’intelligence artificielle sera sans merci.

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