L’Insee refait ses calculs et revoit à la hausse le poids de l’industrie en France

Pour mieux tenir compte de la réalité de l’économie, l’Insee a changé sa façon de définir les entreprises.  Avec cette nouvelle méthodologie, le poids de l’industrie en France augmente.

Partager

Un petit changement de définition peut modifier la vision du tissu productif français. Jusqu’à présent, l’Insee se limitait à comptabiliser les unités légales, selon leur activité et leurs effectifs et sans examiner les liens potentiels entre elles. Dans son étude 2015 sur "les entreprises en France", l’institut de statistique raisonne désormais par entreprises. Concrètement, il regroupe ensemble les filiales appartenant à un seul et même groupe. "L’objectif est d’avoir une vision plus cohérente du tissu productif', analyse Elisabeth Kremp, la chef du département des synthèses sectorielles à la direction des statistiques de l’Insee.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

L’Insee a réintégré dans l’industrie les activités des filiales des groupes dédiées aux fonctions support – comme l’immobilier, l’ingénierie, les holdings ou les sièges sociaux – mais aussi leurs filiales commerciales. A l’inverse, des filiales fabricant des matériaux, jusque-là classées dans l’industrie ont aussi été réaffectées au secteur de la construction. L’Insee a étudié en détail 43 grands groupes, représentant à eux seuls 3500 unités légales. Au final, 30 % des unités légales ont changé de secteurs, passant principalement des services, vers l’industrie ou la construction.

L'industrie pèse le quart de la valeur ajouté du secteur privé
Principal résultat de cette nouvelle approche : le poids de l’industrie est revu à la hausse, au détriment de celui des services. En regroupant toutes leurs filiales, les entreprises du secteur industriel représentent 27,5 % de la valeur ajoutée du secteur privé français. En unité légales, le secteur ne représente que 24,4 % de la valeur ajoutée.

La part du secteur industriel dans le PIB représente ainsi 11,7 % du PIB en prenant en compte les entreprises, contre 10,4 % en comptabilisant les unités légales dont l’activité principale est l’industrie. L’effet sur l’emploi est plus limité et passe de 23,9 % à 25,6 % du total de l’emploi privé, selon la définition.

Ce changement d’approche, prévu depuis 2008 par la loi LME et qui doit encore se généraliser en Europe, permet aussi d’affiner le bilan de santé des entreprises industrielles française. Celles-ci se révèlent plus exportatrices, alors qu’une partie de la facturation à l’étranger est confiée à leurs filiales commerciales. La part du chiffre d’affaires réalisé à l’exportation passe ainsi de 34% en unité légale à 38% pour les entreprises industrielles.

Selon l’Insee, le niveau d’endettement des entreprises industrielles augmente de 46 milliards d’euros et leur capacité d’autofinancement progresse de moitié, lorsqu’on intègre les activités de holdings et de sièges sociaux.

1 % des entreprises concentre 65% de la valeur ajoutée
Au-delà du poids de l’industrie, cette nouvelle méthodologie fait apparaitre une économie française encore plus concentrée et dépendante d’un petit nombre d’entreprises. Sur les 2,4 millions d’entreprises du secteur principalement marchand en France, 1% concentre 65% de la valeur ajoutée, mais aussi 85% de l’investissement et 97% des exportations. "Ce ne sont pas toujours les 24 000 même entreprises qui cumulent ces trois performances", nuance cependant Hervé Bacheré, chargé d’études au département des synthèses sectorielles de l’Insee. Un "noyau dur" de 4560 entreprises concentre cependant à lui seul à la fois 30% de la valeur ajouté, 70% des exportations et 25% des investissements.

Conséquence de cette forte polarisation, les performances des entreprises sont aussi très disparates, avec d’un côté de grandes entreprises performantes et des petites en difficulté. Au global, la valeur ajoutée a progressé en moyenne de 0,6 % en 2013. Mais une entreprise de moins de 10 salariés sur deux a vu sa valeur ajoutée reculer en 2013. La moitié des PME ont en revanche augmenté de 1,1% leur valeur ajoutée.

Partager

NEWSLETTER Economie Social et management
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS