Economie

L'Insee prédit une récession limitée à 9 % en 2020 grâce au rebond rapide de l'économie

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Publié le , mis à jour le 08/07/2020 À 09H59

Le paysage économique français est sinistré mais l'Institut national de la statistique et des études économiques note des signes encourageants. Dans un point de conjoncture publié le 8 juin, l'Insee estime que la récession sera limitée à 9 % en 2020.

L'Insee prédit une récession limitée à 9 % en 2020 grâce au rebond rapide de l'économie
L’Insee prévoit une récession de 9 % en 2020. /Photo prise le 17 juin 2020/REUTERS/Charles Platiau
© CHARLES PLATIAU

Après le choc du Covid-19, la France peut-elle espérer une reprise rapide ? L’Institut national de la statistique et des études économiques a publié son nouveau point de conjoncture mercredi 8 juillet. Pour la première fois depuis le début de la crise, l’Insee donne une estimation de la croissance française pour l’ensemble de l’année 2020.

L’Insee prévoit une récession de 9 % en 2020. Cette baisse du produit intérieur brut (PIB) représenterait "la plus forte récession depuis la création des comptes nationaux français en 1948", selon l'Insee. Malgré tout, les experts de l’institut soulignent une note d’espoir : la reprise semble rapide. Par ailleurs, l’Insee se montre plus optimiste que le gouvernement ou la Banque de France. Ces derniers estimaient la baisse du PIB à -11 % ou -10 % en 2020.

L'économie s'est "assez nettement" redressée

Près de deux mois après le début du déconfinement, le 11 mai, l'économie française s'est "assez nettement" redressée, selon l'Insee. La perte d'activité en juin s'établirait à environ 12 % par rapport à une situation normale (contre –22 % en mai et -30 % en avril, un mois entièrement passé sous le régime du confinement).

La consommation des ménages afficherait seulement une perte d'activité de 3 % par rapport à un niveau normal. “On peut certes qualifier ce rebond de ‘technique’, mais ce résultat n’allait pas forcément de soi il y a deux mois : l’incertitude qui entourait le déconfinement était considérable, tant sur le plan sanitaire que sur le plan économique”, fait remarquer l'Insee.

“La perte d’activité économique serait notamment divisée par deux dans la construction par rapport à avril (–31 % en juin contre –61 % en avril) reflétant la reprise des chantiers. Dans l’industrie, la perte d’activité ne serait plus ‘que’ de 14 %, soit deux fois moins qu’au coeur de la crise au mois d’avril”, remarque l'Insee. Selon l'institut, la production industrielle reste ralentie par une demande internationale faible et par l’importance des stocks à écouler, notamment dans l’industrie automobile.

Vers un envol du PIB cet été

Au premier semestre, l'économie française a enregistré un creux sans précédent à cause du confinement. L'Insee a confirmé ses estimations pour cette période : après une contraction de 5,3 % au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) de la France devrait avoir chuté de 17 % au deuxième trimestre.

L'économie française devrait ensuite connaître un fort rebond au deuxième semestre. Pour la deuxième partie de l'année, l'Insee prévoit désormais une progression d'environ 19 % du PIB au troisième trimestre, avant une progression de 3 % au quatrième trimestre.

Le risque d'une deuxième vague épidémique

"Sur l'ensemble de l'année 2020, [le PIB] diminuerait alors d'environ 9 % par rapport à 2019", précise l'Insee. Les conjoncturistes insistent cependant sur les nombreuses incertitudes qui entourent cette estimation. Leurs prévisions restent effectivement soumises à d'éventuelles variations en fonction de l'évolution de la situation sanitaire en France et dans le monde.

"En particulier, une éventuelle deuxième vague épidémique sur le territoire national viendrait nécessairement freiner la reprise, même si l'on peut espérer une cohabitation entre le virus et l'activité économique un peu moins difficile qu'au printemps, grâce à l'expérience accumulée tout au long de cette première vague", souligne l'institut statistique.

Un nouveau point de conjoncture en septembre

De son côté, la Banque de France (BdF) a estimé lundi 6 juillet que le PIB avait plongé de 14 % au cours du deuxième trimestre et devrait connaître un rebond de même ampleur au cours du troisième trimestre. La BdF a précisé que si la reprise économique se confirme et si l'épidémie de coronavirus reste maîtrisée, elle pourrait réviser à la hausse sa prévision d'une baisse de 10 % du PIB en 2020, qui est déjà plus optimiste que celle du gouvernement (-11 %). Les prévisions pour la France des grandes institutions internationales (les anticipations du FMI, de l'OCDE et de la Commission européenne) s'échelonnent entre -10,6% et -12,5%).

De son côté, l'Insee prévoit une étude plus complète pour la rentrée. Ce prochain point de conjoncture de l’institut est prévu pour début septembre. “Depuis mai, les premières marches de la reprise ont ainsi pu être gravies assez rapidement, peut-être plus que prévu. Ce sont les dernières qui risquent d’être les plus difficiles, concernant surtout les secteurs les plus touchés par la crise", avertit l'Insee.

Avec Reuters (Myriam Rivet, édité par Henri-Pierre André)

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