L'innovation est un sport de combat

Mener à bien un projet d'innovation implique fréquemment de commencer par se mettre en ordre de bataille. Car faire accepter la nouveauté n'est pas toujours chose aisée. Pour séduire, l'innovation joue les provocatrices, quitte à faire voler en éclat son image de rassembleuse. 

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L'innovation est un sport de combat

Pour l'apprivoiser, il faut s'affranchir des représentations que l'on s'est forgées sur elle. Apprendre à distinguer en creux, dans les questions qu'elle soulève, ou même les dilemmes qu'elle provoque parfois, qui elle est vraiment. On risquerait, sinon, de la croire monolithique. À force d'entendre l'innovation invoquée par tous, recommandée par tous, des études des économistes aux revendications des chefs d'entreprises en passant par les voeux, pieux ou non, des politiques, on pourrait penser que c'est une rassembleuse. Une panacée. Consensuelle... Or rien n'est plus faux. S'il fallait une seule preuve qu'elle n'existe au contraire qu'en bousculant les idées reçues, ce serait peut-être la gamme des réactions qu'elle provoque. De l'incrédulité, comme celle qu'a affrontée la Société des lunetiers, ancêtre d'Essilor, lors du lancement des verres progressifs. Mais ça, c'était avant que le concept ne s'impose à toutes les entreprises du secteur. Une certaine condescendance, comme celle qu'ont rencontrée les drones de Parrot, de simples gadgets... écoulés par la petite société à plus de 500 000 exemplaires, au point de lui valoir une aura mondiale qui en a fait l'une des stars du dernier salon CES à Las Vegas. De l'impatience, comme celle qu'ont dû ressentir les financeurs du coeur artificiel Carmat pendant les trente années qui ont séparé sa mise au point de son implantation chez un patient. De l'inquiétude, comme celle que font naître le stockage de nos données numériques, les ondes électromagnétiques, les gaz de schiste, les OGM, ou les nanotechnologies. Voire une approbation de façade, qui masque mal le souci de s'assurer que rien ne change, même lorsque tout change. C'est peut-être de cette attitude qu'il faut le plus se méfier. Elle pourrait conduire à oublier que pour innover, il faut d'abord prendre le risque de la rupture. Et donc s'affranchir du désir de faire l'unanimité.

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