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"L’industrie magnifique" investit les places de Strasbourg

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A l’initiative de l’association Industrie et Territoires, une vingtaine d'industriels ont financé des artistes pour créer des oeuvres. Objectif : donner une autre image de leur secteur. Le résultat, fruit d’une véritable collaboration entre les deux mondes est étonnant. Du 3 au 13 mai, les œuvres sont exposées sur les petites et grandes places de la ville de Strasbourg.  

L’industrie magnifique investit les places de Strasbourg
"Mammuthus Volantes" de l'artiste Jacques Rival à Strasbourg
© Vincent Muller

Sur une des places de Strasbourg, un squelette de mammouth de 6 mètres de long et 3 mètres et demi de haut flotte dans les airs dans une féérie d’eau et de brume. A l’arrière-plan de cet étrange phénomène s’élance la flèche de la cathédrale de la capitale alsacienne. L’effet est saisissant. Ce n'est qu'une des œuvres, mais l’une des plus monumentales, exposées dans la capitale alsacienne dans le cadre de "l’Industrie Magnifique". 

"Le nom de cet événement est presqu’un oxymore. En fait il n’y a pas de contradiction et nous commençons une belle aventure", s’exclamait le maire Roland Riss lors de l'inauguration le 3 mai. L’édile en est convaincu, tout comme Industrie et Territoires, l’association à l’initiative de ce projet: "nous avons besoin de valoriser ce secteur. C'est l’emploi, la production et il faut dire aussi que l’industrie est un lieu de création." Du 3 au 13 mai, Strasbourg accueille ainsi 24 artistes sponsorisés par 24 entreprises sur une dizaine de ses places. Chaque artiste a été apparié à une entreprise volontaire.

"L’origine du Monde" de Marc Quinn, propriété de l’entreprise Würth

 

Exercice libre ou A peine dirigé

Certaines ont mis quelques éléments dans le cahier des charges, d’autres ont laissé une entière liberté à l’artiste ou ont rebondi sur ses propositions. "Chaque artiste travaille avec ses obsessions mais il le fait avec les ressources de l’entreprise, que ce soit son argent, ses matériaux, ou ses valeurs", décrypte Jean HansMaennel, président d’Industrie et Territoires.

Pour le mammouth volant, une installation conçue par Jacques Rival, un architecte et scénographe habitué de la fête des Lumières à Lyon, le brief proposait d’utiliser un mammouth et de l’eau. Le mammouth avait été acheté en décembre dernier par la société Soprema, l’un des mécènes (qui a pour logo un mammouth) tandis que les jets d’eau sont l’expertise de la société Aquatique Show, deuxième mécène. Aucun n'a imaginé que l'animal finirait en suspension.

Le Pdg de Caddie a lui été intéressé par l’artiste Pierre Petit qui aime travailler avec des produits manufacturés. L’idée était de voir ce qu’il allait faire de son produit emblématique, le chariot de supermarché. Une accumulation de caddies se dresse désormais sur la Place de Broglie suscitant la curiosité, parfois interloquée, des passants. Sur leurs poignées, on y lit non pas le nom des enseignes mais des vers de la Marseillaise. "Après tout, nous aussi nous sommes une icône nationale car on trouve nos produits dans le monde entier" se réjouit Stéphane Dedieu, le Pdg de Caddie.

Echanges

Le groupe Schmidt des cuisines éponymes souhaitait que l’artiste vienne en résidence dans l’entreprise pendant quelques semaines. Au final une étrange planète réalisée en matériaux trouvés dans l’usine fait face à l’Opéra de Strasbourg.

"Planète Schmidt" de Eric Liot, propriété du groupe Schmidt Groupe

 

David Hurstel a lui passé bien plus de temps que quelques semaines sur les trois sites alsaciens de son mécène, le fabricant de briques Wienerberger. Il s’y est rendu deux à trois jours par semaine pendant un an car il a réalisé une œuvre qui a sollicité les salariés de l’usine. C’est un matériau humain qu’il a intégré à son œuvre, puisque dans ses tours en dentelles de briques on entend le murmure de la parole des collaborateurs, des bribes de vie quotidienne recueillies patiemment par David Hurstel. Leur présence est aussi restituée  par des photos de leurs visages qui apparaissent dans certains interstices des tours.

D’autres industriels déjà engagés dans des démarches de mécénat comme Würth ou Hager ont choisi de présenter une œuvre qu’ils avaient déjà acheté. Les autres ont réalisé un mécénat de création à cette occasion pour un budget total de 2,5 millions d’euros et sont désormais propriétaires des œuvres. De nombreux collaborateurs des mécènes sont invités avec leurs familles à des événements autour des œuvres ce week-end. Il fera beau, n’hésitez pas à vous laisser embarquer par cette démarche originale qui rappelle que l’industrie c’est étymologiquement l’habileté, la dextérité. Mais aussi à Strasbourg en ce moment, la poésie, le questionnement, le lien, l’émotion…

 

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