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L’industrie française croît (enfin) plus vite que sa voisine allemande

Solène Davesne , , , ,

Publié le

Made in France Selon l'institut d'études économiques Coe-Rexecode, la production manufacturière a progressé plus vite l’an dernier en France qu’en Allemagne, pour la première fois depuis 2001.


Usine Renault de Douai

"On était habitué à ce que l’industrie française soit à la remorque du reste du monde. On a l’impression d’un basculement", se félicite Denis Ferrand, le chef économiste de l'institut d'études Coe-Rexecode. A rebours du ralentissement en cours en Chine et aux Etats-Unis, les perspectives pour l’industrie en France s’éclaircissent.

Pour la première fois depuis 2001, la production industrielle a progressé plus vite en France qu’en Allemagne. En moyenne, celle-ci a augmenté de 1,5 % en volume en 2015. L’accélération a été encore plus nette sur la fin de l’année. L’indice de la production manufacturière a bondi de 2,6 % en décembre sur douze mois glissant. Sur la même période en revanche, la hausse a été limitée à 0,4 % en Allemagne.

Marges en hausse

La reprise de la consommation des ménages et la baisse de l’euro ont soutenu les débouchés des entreprises. Les entreprises industrielles ont aussi reconstitué leurs marges, qui sont revenues au niveau de 2000. Par rapport à 2014, l’excédent brut d’exploitation est en hausse de 11,6 % l’an dernier et de 14,7 % entre novembre et janvier 2016 par rapport à la même période un an plus tôt. "Depuis quelques trimestres, l’investissement en produits industriels est aussi un peu plus dynamique", souligne encore Denis Ferrand pour qui à en croire les enquêtes sur le moral des industriels l’activité du secteur devrait continuer à se redresser.

Mais si l’industrie français fait mieux que son homologue allemande, c’est aussi parce qu’elle part de plus bas et qu’elle a été plus lente à remettre les gaz. Depuis 2010, la production allemande s’est redressée de 11 % quand sa voisine de l’autre côté du Rhin n’a cru que de 3,6 %.

Compte-tenu des facteurs positifs dont a bénéficié le secteur manufacturier en 2015 sur fond d’effondrement des cours du pétrole et d’euro faible, le redémarrage a été "plus faible qu’espéré", reconnait Denis Ferrand. Il n’a pas profité au secteur des matériaux, plombé par la concurrence chinoise (pour l’acier) ou la crise du BTP (ciment). Les capacités de production ne sont toujours pas saturées et ne progressent plus.

Pas de reprise de l'emploi

Résultat : si l’investissement reprend timidement pour l’instant, l’amélioration des marges n’a encore eu aucun effet sur l’emploi. Alors que l’emploi industriel était en croissance de 0,5 % l’an dernier dans la zone euro, la France a encore détruit 37 000 emplois nets dans l’industrie manufacturière. "L’industrie est en phase de reprise d’oxygène", estime Philippe Darmayan, le président du groupe des fédérations industrielles (GFI).

Pour lui, ce n’est pas le moment d’arrêter la politique de l’offre en faveur de la compétitivité de l’industrie, alors qu’elle commence à donner ses premiers effets. "La phase d’accélération prend du temps mais elle arrive", encourage le président du GFI qui s’estime "déçu et inquiet" des modifications apportées par le gouvernement sur la réforme du code du travail. Il regrette aussi "attendre toujours une décision malgré beaucoup d’assurances reçues" sur le prolongement de la mesure de suramortissement fiscal des investissements productifs. 

Solène Davesne

 

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2 commentaires

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16/03/2016 - 18h47 -

L'amélioration de la production industrielle est un excellent marqueur pour la France, cependant garder une industrie française forte et lui redonner de la compétitivité sur le long terme nécessite une amélioration de notre appareil productif. Cette amélioration passe par de meilleurs outils, mais aussi et surtout par un développement de notre potentiel humain. Signez cette pétition pour que l'excellence opérationnelle soit mieux prise en compte par les pouvoirs publics : https://www.change.org/p/emmanuel-macron-donnons-à-l-industrie-française-les-moyens-de-sa-compétitivité-véritable
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16/03/2016 - 10h20 -

Je suis chef d’entreprise et je n’ai licencié personne, depuis trois ans, malgré une baisse de 30 % de mon chiffre d’affaires.
Donc ce n’est pas une micro reprise de 1,5 % qui va m’inciter à embaucher et bon nombre de mes confrères sont dans le même cas.
Les dirigeants de PME ne sont pas assoiffés de licenciement, contrairement à ce que beaucoup pensent et ils ont souvent préféré comprimer leurs marges depuis la crise, plutôt que de toucher à leurs effectifs salariés.
Le revers de la médaille, c’est qu’il faudra plusieurs mois de reprise consistante, avant que des créations de postes se concrétisent...
Hollande et son gouvernement n’ont pas fini de ramer et la fameuse courbe n’est pas prête de s’inverser !
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