L’industrie et le gouvernement : à la recherche de l’investissement perdu

Le Groupement des fédérations industrielles (GFI) a appelé à la relance des investissements afin de favoriser la relance économique de ce début d’année. Une position en totale harmonie avec celle du gouvernement qui entend prendre des mesures pour accélérer la reprise.

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L’industrie et le gouvernement : à la recherche de l’investissement perdu

L’annonce le 30 mars d’une loi Macron 2 avant l’été (en réalité une mouture enrichie et avancée de la loi Entreprenariat et Numérique déjà prévue) afin "d’accélérer la reprise en cours", selon les termes du ministre de l’Economie, a pris tout le monde de court. La preuve était donnée le lendemain par Philippe Darmayan, le président du Groupe des fédérations industrielles (GFI), surpris par l’annonce d’Emmanuel Macron, alors que le GFI allait demander ce mardi 31 mars des mesures similaires. Il n’a pas caché son plaisir. "Nous sommes non seulement satisfaits de ce qu'a déjà fait le gouvernement, mais nous le sommes aussi des annonces faites depuis dimanche soir par le Premier ministre, sur le fait qu'il faut travailler sur l'investissement".

Différentes propositions sont évoquées par le GFI pour cette relance. Un amortissement accéléré aurait "l’avantage de cibler l’investissement productif compte tenu des contraintes de Bruxelles" avance Vincent Moulin Wright, directeur général du GFI. Une baisse du taux d’impôt sur les sociétés à 28% pour les PME-ETI réinvestissant tout ou partie de leur résultat pour moderniser leur parc industriel ne serait aussi pas pour déplaire aux industriels. La transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en allègement de charges est également au menu des revendications.

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Soutenir le frémissement de la reprise par l’investissement

"Aujourd'hui, nous estimons que nous sommes au milieu du gué. Un travail de fond a été fait notamment sur le rétablissement des marges et sur le coût de la main d'œuvre. Nous en voyons les résultats", a affirmé Philippe Darmayan. Couplé selon Denis Ferrand, directeur général de l’institut économique Coe-Rexecode, aux "deux éléments positifs exogènes : la faiblesse du cours du pétrole et de l’euro", la situation serait propice aux grandes manœuvres que le gouvernement auraient trop longtemps retardées. "Ce n'est donc pas le moment de changer de politique. C'est le moment d'aborder les problèmes qui restent", prône le président du GFI.

Reste des écueils qui sont du ressort des industriels comme le risque de progression des salaires dans l’industrie qui dépasse à long terme celle de la productivité horaire. "Les salaires augmentent plus vite dans l’industrie que la productivité, cela engendre une baisse des taux de marge", explicite Denis Ferrand. Il constate aussi que "l’emploi industriel progresse en zone Euro (grâce notamment à l’Allemagne et l’Espagne) mais se contracte encore en France. Il est difficile de parler de reprise industrielle car il n’y a pas encore d’emplois industriels créés mais encore un recul des effectifs industriels."

Dès lors ce léger rebond de l’activité en fin d’année 2014 n’a pas encore permis de relancer l’investissement. Il s’est seulement traduit par une forte réduction des stocks dus à un surcroît de la demande. Un frémissement insuffisant pour augmenter selon l’économiste "le taux d’utilisation des capacités de production qui reste bas. Cela limite l’incitation à investir car il n’y a pas de contrainte sur les capacités de productions." Les industriels et le gouvernement courent donc désormais tous deux, mains dans la main, à la recherche de l’investissement perdu.

Adrien Schwyter

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