Economie

L’industrie du câble en France compte sur les transitions numérique et énergétique pour se relancer

Manuel Moragues , , ,

Publié le

Made in France Les câbliers français ont fait état d’un chiffre d’affaires en recul de 2,4% au premier semestre 2014. En cause, principalement, les mauvais chiffres dans la distribution d’énergie, pénalisée par la morosité de la construction neuve.

L’industrie du câble en France compte sur les transitions numérique et énergétique pour se relancer © Nexans

Le secteur du câble est à la peine. Les résultats des 23 adhérents du Sycabel, le syndicat professionnel du secteur qui regroupe 90% de la profession, sont en recul "après un premier semestre au cours duquel l’activité n’a cessé de s’effriter", a constaté le syndicat, lors d’une conférence de presse, jeudi 23 octobre. Le chiffre d’affaires global affiche "une érosion de 2,4 %" à fin août, après une année 2013 qui avait vu "un léger tassement" de l’activité, à 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Les quelque 45 sites industriels du secteur en France souffrent "de la morosité ambiante qui freine tous nos métiers", a commenté Laurent Tardif, vice-président du Sycabel et président de Prysmian CSF, pointant la faiblesse du secteur de la construction, "un marché important pour nous qui devrait tomber au plus bas depuis dix ans, avec 300 000 logements construits".

Fibre optique en croissance

Les câbles isolés utilisés dans la distribution d’énergie (17% de l’activité) sont les plus touchés, avec une chute de 6,2% en valeur et 3,8% en volume (hors effet des prix du cuivre). Les câbliers constatent une chute des raccordements au réseau depuis deux ans sous l’effet de la faiblesse de la construction mais aussi de l’effondrement des installations photovoltaïques et éoliennes et du recul du programme d’enfouissement des lignes par ERDF.

A l’inverse, les câbles de télécommunications (19% de l’activité) progressent, tirés par les volumes de fibres optiques qui enregistrent une croissance de 46% sur les douze derniers mois. "Nous bénéficions des investissements des opérateurs", s’est félicité Laurent Tardif.

Label "Câble de France"

Au-delà de la conjoncture morose, que les câbliers français ne voient pas se retourner "dans un proche avenir", le syndicat prévoit que son industrie sera soutenue "dans les prochaines années en France par des investissements majeurs dans deux domaines clé : les transitions numérique et énergétique". Autant de "défis que nous devrons relever et qui pousseront l’industrie du câble à se développer", relève Gilles Drouard, président du Sycabel et président de Nexans France.

En attendant, le secteur espère voir son label "Câble de France", lancé en mars 2014 à Bercy, favoriser la production française via les installateurs et les distributeurs. Le Sycabel se félicite que la plupart des fabricants français se soient engagés pour solliciter la labellisation de près de 120 familles de produits répartis sur 29 sites de production.

Manuel Moragues

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