Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'industrie conforte sa reprise

, ,

Publié le

La production manufacturière est en dents de scie depuis le début de l’année. Si tous les voyants sont au vert, les chefs d’entreprise préfèrent encore attendre avant d’investir.

L'industrie conforte sa reprise
Baud Industries a gagné en compétitivité cette année, notamment grâce à l’export.
© crédit photo

L’industrie française sort la tête de l’eau. En août, la hausse de 2,2 % de la production industrielle a permis d’effacer le trou d’air de 1,7 % enregistré en juillet. Les départs en vacances, quelques semaines plus tôt que d’habitude dans les grandes usines automobiles, expliquent en partie ces à-coups. Il n’empêche. Pour les industriels, cette sortie de crise reste chaotique, avec des mouvements de yo-yo difficiles à absorber. « Tant que nous ne serons pas revenus au niveau de production d’avant crise, nous aurons ces phénomènes d’accélération, puis de déstockage. Cela reste fragile, mais la tendance va vers une reprise de fond », défend avec optimisme Jérôme Frantz, le président de la Fédération des industries mécaniques (FIM), qui tablait pourtant, en janvier, sur une croissance plus nette en 2015. Pour les industriels de la mécanique, l’activité ne devrait finalement progresser que de 1,5 % cette année.

L’Insee anticipe une hausse de 1 % seulement de la production manufacturière dans son ensemble. « 2015 est effectivement l’année de la reprise, mais elle reste très molle. Depuis la rentrée, la visibilité sur les carnets de commandes s’est à nouveau dégradée », abonde Simon Philibert, le directeur des affaires économiques de la Fédération de la plasturgie. Pour les prochains mois, tous les ingrédients sont là pour alimenter un redémarrage plus robuste. Jusqu’à présent, les industriels manquaient de débouchés. Mais la baisse des prix du pétrole a dopé le pouvoir d’achat des ménages, qui a enregistré sa plus forte hausse depuis 2007. Ceux-ci se sont remis à consommer. Dans l’emballage, fortement corrélé aux dépenses de consommation des ménages, l’activité devrait ainsi rebondir de près de 2 %.

Les marges des entreprises en hausse

Quasiment tous les secteurs industriels profitent d’un redémarrage de leur activité. « Toute la sous-traitance retrouve des couleurs », résume Renaud Buronfosse, le chef économiste de la FIM. Si l’aéronautique n’a jamais vraiment ralenti la cadence, l’activité est désormais plus solide dans l’agroalimentaire et le ferroviaire. Le grand changement provient de l’automobile, l’un des principaux secteurs clients de la sous-traitance, dont la production devrait progresser de 4,5 % en France, selon les calculs de l’institut Xerfi. Le seul point noir concerne le secteur des matériaux, la construction métallique et les fabricants d’engins de chantier, qui sont handicapés par l’absence de redémarrage de la construction. Le repli de l’euro a également dopé le carnet de commandes des exportateurs vers les États-Unis et le grand export. « L’international a tiré l’activité cette année. Le taux de change nous a fait gagner en compétitivité, alors que nous vendons déjà à 60 % hors de France », constate Lionel Baud, le président de Baud Industries et du Syndicat national du décolletage.

Le recul des défaillances d’entreprises confirme l’amélioration. Depuis l’été, le nombre des procédures judiciaires dans l’industrie est repassé sous la barre des 10 000 cas sur douze mois, un niveau jamais atteint depuis 2008. Les entreprises les plus structurées sont sorties de leur mauvaise passe. En un an, à fin septembre, les tribunaux de commerce n’ont enregistré que 78 défaillances d’entreprises réalisant plus de 10?millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 109 millions l’année passée.

Tout est désormais en place pour relancer l’investissement des entreprises. Avec la baisse des cours du pétrole et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) mis en place par le gouvernement, les marges des entreprises ont regagné la moitié du terrain perdu depuis 2007, et devraient atteindre 31,5 % fin 2015. « Les entreprises ont du cash, les débouchés sont de retour, l’investissement devrait repartir, même s’il est encore assez faible », estime Frédéric Andrès, économiste France chez l’assureur-crédit Euler Hermes. Au premier semestre, Bpifrance a enregistré une hausse de 11 % de ses crédits d’investissement cofinancés auprès des banques. « Dans la robotique, l’industrie française reste en dessous de l’effort réalisé par les Allemands et les Italiens. Le marché est divisé entre le CAC 40 et les PME qui ont du mal à se projeter à long terme et ont encore des problèmes de marges », s’inquiète Jean-Hugues Ripoteau, le vice-président de Fanuc Europe, qui a toutefois enregistré une « excellente année » avec 2 000 robots industriels vendus.

La mesure de suramortissement décidée en avril par le gouvernement pour soutenir les investissements devrait amplifier le mouvement de reprise. Daniel Joly, le directeur général de Mecalux, un fabricant d’équipements et d’automatismes pour les plates-formes logistiques, en a profité. « Depuis cet été, deux projets qui tardaient à se concrétiser ont abouti. Cela crée un effet d’aubaine et permet à des investissements déjà prévus de sortir des cartons », juge le patron. Mecalux réalise 65?millions d’euros de chiffre d’affaires en France. « Le parc matériel est vieillissant donc les entreprises sont obligées de renouveler leurs équipements. Mais c’est plus défensif qu’offensif », analyse Luc-Éric Krief, le patron du groupe SD2M, qui souligne une augmentation des tensions sur les prix pour les PME et les tentatives des donneurs d’ordres de capter une partie du gain du Cice. « Il manque encore de la confiance », résume Lionel Baud, le patron de Baud Industries. Il faudra qu’elle revienne pour que le scénario de reprise ne déraille pas à nouveau.


Le chiffre d’affaires des sous-traitants français s’est stabilisé en 2014, à un niveau équivalent à celui réalisé en 2010. Nos voisins européens ont vu leur activité progresser sur la même période (+0,65% en moyenne pour les pays d’Europe occidentale), mais la France conserve sa position de numéro deux. La rentabilité reste faible, et si l’activité est stable par rapport à 2013, on note la relance de certains secteurs comme le décolletage (+3,87%, contre -4,97%), la fonderie (+0,86%, contre -8,82%), ou encore la transformation des élastomères (+4,38% contre -2,2%).

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle