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[L’industrie c’est fou] Votre huile de friture devient un matériau écolo pour l’impression 3D

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Vidéo Des chercheurs de l’université de Toronto à Scarborough (Canada) ont transformé de l’huile de friture usagée en encre pour imprimante 3D. Un procédé peu coûteux et écologique qui donne une nouvelle vie à ce déchet graisseux.  

[L’industrie c’est fou] L'huile de friture, nouveau matériau écolo pour l’impression 3D
Ce papillon de quelques centimètres d'envergure a été imprimé en 3D à partir d'huile de friture usagée.
© Don Campbell

L’huile de friture, un déchet dégoutant ? Oui, mais pas seulement. Des chercheurs de l’université de Toronto à Scarborough (Canada) en ont fait un produit utile. Ils ont transformé de l’huile de friture usagée en matériau d’impression 3D. Le procédé qu’ils ont mis au point permet de recycler cette masse graisseuse, encore souvent jetée dans les canalisations, en la transformant en une encre d’impression, peu chère et biodégradable. Mais toujours pas comestible.

Les chercheurs, ayant remarqué des similarités moléculaires entre l'huile de friture et les résines d'impression, ont récupéré de l’huile dans le McDonalds voisin de leur laboratoire. Avec un litre de graisse, ils ont produit plus de 40 centilitres d’encre d’impression. Pour cela, ils lui ont simplement ajouté des photo-initiateurs, permettant de rendre un matériau réactif aux rayons ultra-violets. Ainsi transformée en encre d'impression, le matériau a été imprimé par un procédé de photopolymérisation, qui utilise des rayons laser pour dessiner une forme solide. Résultat : un solide résistant, qui ne fond ni ne se délite à température élevée. Ils ont présenté leur invention dans la revue scientifique ACS.

Ecologique et pas cher

Cette nouveauté présente deux avantages. Le prix de production, tout d’abord, est inférieur au coût de fabrication d’une résine d’impression en polymère. Quand la fabrication d’un litre de cette dernière peut coûter jusqu’à 480 euros, l’encre recyclée revient à 275 euros… la tonne. Une différence qui s’explique par la complexité des procédés de production d’une résine polymère et par le fait que la quasi-totalité des produits utilisés pour transformer l’huile de friture sont recyclables.

Etant majoritairement constitué de graisse, le matériau d’impression s’avère aussi beaucoup plus écologique que ses équivalents en plastique. Enfoui dans le sol pendant deux semaines, un papillon imprimé avec cette encre avait perdu 20 % de sa masse, grignoté par des microbes. "Le gras est quelque chose que les microbes aiment manger, ils sont donc très bons pour le désagréger", explique Andre Simpson, professeur de l’université canadienne, dans une publication de l'institution.

Le fait de transformer un déchet en lui apportant une valeur ajoutée permettra aussi de faciliter son recyclage. Les restaurants - qui sont contraints de payer pour se débarrasser proprement de leurs huiles de cuisson - pourront peut-être bientôt les vendre. Et devenir les premiers fournisseurs des adeptes de la fabrication additive.

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