Technos et Innovations

[L'industrie c'est fou] Réveillez la pieuvre qui sommeille en vous avec ce bras mécanique

Rémi Amalvy , , ,

Publié le

Vidéo Si elle n'est que très rarement citée dans les animaux préférés des enfants, la pieuvre fascine la recherche, notamment pour ses tentacules et ses neuf cerveaux. Des chercheurs ont mis au point un bras mécanique équipé de ventouses qui, comme celui de la bête, peut attraper et s'accrocher à un grand nombre d'objets.

[L'industrie c'est fou] Réveillez la pieuvre qui sommeille en vous avec ce bras mécanique
L'engin est capable d'attraper tout et n'importe quoi.
© Bertoldi Lab/Harvard SEAS

Des chercheurs de la John A. Paulson school of engineering and applied sciences (SEAS) de Harvard (États-Unis) et de l'université Beihang (Chine) se sont inspirés des pieuvres pour développer un bras robotique d'un nouveau genre. Souple et collant, l'engin ressemble à s'y méprendre à un tentacule. Grâce à des ventouses, il est capable d'attraper et de saisir fermement des objets de toutes formes, tailles et textures.

Créature marine aussi fascinante que terrifiante, la pieuvre possède neuf cerveaux. Un dans sa tête et un dans chaque tentacule. Les deux tiers de ses neurones se trouvent dans ses appendices, tous possèdent quasiment un esprit qui leur est propre. Extrêmement intelligent, l'animal est capable de défaire des nœuds, d'ouvrir des bouteilles et, bien sûr, de s'enrouler autour de ses proies.

Attraper et aspirer simultanément

"Les recherches précédentes se concentrent soit sur l'imitation de la succion, soit sur le mouvement du bras, mais jamais sur les deux", explique August Domel, chercheur à Harvard et co-auteur de l'étude, cité dans un communiqué. "Notre étude est la première à quantifier les angles de conicité des bras et les fonctions combinées de flexion et de succion".

Les chercheurs ont d'abord étudié la manière dont les véritables tentacules attrapent des objets. Cela leur a permis de déterminer avec quelle force devaient se plier et s'actionner leur bras. Les équipes ont ensuite examiné la composition et la structure des ventouses, pour pouvoir les incorporer à l'appareil.

"Nous avons réussi à imiter le fonctionnement des ventouses", ajoute dans le communiqué Zhexin Xie, étudiant en doctorat à l'université de Beihang et co-auteur de l'étude. "Même si notre conception est beaucoup plus simple que celle de son homologue biologique, ces ventouses biomimétiques à vide peuvent s'attacher à presque n'importe quel objet". Zhexin Xie est également co-inventeur du Festo Tentacle Gripper, un tentacule artificiel du même genre, actuellement au stade de prototype et à destination commerciale.

Testé avec succès sur différents objets

L'invention des chercheurs est contrôlée par deux boutons. Le premier applique une pression qui plie le bras. Le second actionne l'aspiration des ventouses. Ces deux processus permettent à l'engin de s'attacher à quelque chose, de l'envelopper, de la porter et de la relâcher.

Le dispositif a été testé avec succès sur différents objets, comme des morceaux de plastique, des tasses de café, des éprouvettes, des œufs, des ballons et même des crabes vivants. Sa forme effilée lui permet également de se faufiler dans des espaces resserrés.

Selon Katia Bertoldi, professeur au SEAS et co-auteur principal de l'étude, les résultats de celle-ci n'aideront pas seulement à la création de nouveaux engins tentaculaires. Ils permettront également de mieux comprendre le fonctionnement des bras des pieuvres. Nos nouvelles meilleures amies finiront peut-être par nous révéler les secrets de leurs neufs cerveaux.

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