Technos et Innovations

[L’industrie c’est fou] L’art du kirigami pour réinventer la semelle antidérapante

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Vidéo Après l'origami, l'art de découper les feuilles (ou le kirigami) inspire les ingénieurs. Une équipe de chercheurs a présenté le 1er juin une semelle innovante et antidérapante qui pourrait servir aussi bien aux personnes âgées qu'à la robotique.

[L’industrie c’est fou] L’art du kirigami pour réinventer la semelle antidérapante
Alors que les chaussures à crampons sont peu confortables au quotidien, cette semelle innovante propose une parade.
© Diemut Strebe / Harvard SEAS

Chaussures auto-laçantes, tissu recyclé, baskets connectés… Les marques de mode et les ingénieurs animent une véritable “sneaker tech”. Aux Etats-Unis, des chercheurs de l’université Harvard et du MIT ont conçu une semelle innovante. Les résultats de leurs recherches ont été publiés le 1er juin dans la prestigieuse revue scientifique Nature.

Des écailles découpées dans une fine feuille d’acier

Connaissez-vous le kirigami ? A ne pas confondre avec l’origami (l’art de plier le papier), cette pratique venue du Japon consiste à découper des feuilles pour créer des formes en trois dimensions. Ici, les chercheurs spécialisés dans l’ingénierie mécanique et l’ingénierie biomédicale ont reproduit les écailles d’un serpent sur une fine feuille d’acier.

Lorsque la feuille se courbe avec le mouvement du talon, les écailles se dressent à la façon de crampons. A l’inverse, les pointes se replient lorsque le pied se pose à plat sur le sol (voir l’image ci-dessous). Avant d’arriver à ce résultat, les chercheurs ont dû tester différents matériaux et des designs divers sur des surfaces variées : glace, bois, pelouse artificielle…

Une semelle pour réduire les chutes

Tandis que les chaussures à crampons sont peu confortables au quotidien, ce dispositif propose une semelle anti-dérapante pour un usage davantage grand public. Selon les ingénieurs, il permettrait de réduire le risque de chute, notamment pour les personnes âgées.

(Crédits : Diemut Strebe / MIT)

"Les chutes sont la première cause de décès chez les personnes âgées et la deuxième cause de décès liés au travail", argumente l’un des auteurs, Giovanni Traverso, professeur adjoint d’ingénierie mécanique au MIT. "Si nous pouvions contrôler et augmenter la friction entre nous et le sol, nous pourrions réduire le risque de ces types de chutes, qui non seulement coûtent des vies mais aussi des milliards de dollars en factures médicales chaque année", poursuit-il.

L’équipe américaine imagine aussi des applications dans le domaine de la robotique pour développer des machines tout-terrain, par exemple pour des missions d’exploration ou de secours.

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