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[L'industrie c'est fou] Avec le SlothBot, des ingénieurs américains font l'éloge de la lenteur (robotique)

Hubert Mary , , , ,

Publié le

Vidéo Les ingénieurs en robotique du GIT (Georgia Institute of Technology, Etats-Unis) ont mis au point un robot inspiré du paresseux. Lent et peu gourmand en énergie, le petit automate a pour mission de surveiller l'environnement du jardin botanique d'Atlanta.  

[L'industrie c'est fou] Avec le SlothBot, des ingénieurs américains font l'éloge de la lenteur (robotique)
Le SlothBot aura pour missions d'effectuer des relevés pour étudier la faune et la flore, ainsi que l'environnement.
© ROB FELT/GEORGIA TECH

Les visiteurs du parc botanique d'Atlanta (Etats-Unis) auront tout le loisir de voir passer au-dessus de leur tête un "animal" d'un genre nouveau. Inspiré du paresseux - tant dans son apparence que dans son mode de déplacements –, le SlothBot est un robot inventé par les ingénieurs en robotique de l'institut de technologie de Géorgie (GIT, Georgia Institute of Technology, Etats-Unis). Le dispositif, autonome en énergie, doit fournir aux chercheurs des informations sur l'environnement et la qualité de l'air.

"La lenteur comme principe de conception"

Afin de démontrer que la lenteur peut être utile dans certaines situations, les ingénieurs se sont non seulement inspirés de l'aspect, mais également du mode de vie du paresseux. A l'image du mammifère arboricole que l'on trouve dans les forêts tropicales d'Amérique, le SlothBot est lent et économe en énergie. "SlothBot embrasse la lenteur comme principe de conception", a ainsi déclaré Magnus Egerstedt, professeur au GIT et initiateur du projet. "Ce n'est pas ainsi que les robots sont généralement conçus aujourd'hui, mais être lent et hyper-efficace en énergie permettra à SlothBot de s'attarder dans l'environnement pour observer des choses que nous ne pouvons voir qu'en étant présent en permanence pendant des mois, voire des années, a-t-il poursuivi.

C'est d'ailleurs en observant l'animal dans un vignoble du Costa Rica que le chercheur a eu l'idée de concevoir le robot. Au départ du projet, plusieurs modes de locomotion sont envisagés. "Les robots à roue sont courants, mais dans le milieu naturel, ils peuvent facilement être stoppés par des obstacles comme des roches ou de la boue, indiquent les chercheurs dans un communiqué. Les robots volants nécessitent trop d'énergie pour rester actifs longtemps." Le biomimétisme du paresseux suspendu aux branches s'est donc vite imposé aux chercheurs.

Autonome en énergie

Alimenté par l'énergie solaire, le SlothBot est muni de panneaux photovoltaïques équipés de capteurs qui localisent la lumière du soleil lorsque ses batteries sont à plat. Suspendu à un câble de 30 mètres de long au-dessus de la canopée du jardin, le robot de 92 cm de long est programmé pour se déplacer uniquement quand cela est nécessaire pour faire ses relevés. Sa coque en plastique imprimée en 3D – que ses concepteurs jugent fantaisiste – protège ses moteurs, ses équipements de détection et ses batteries des intempéries.

Un outil au service de l'environnement

"Nous effectuons des recherches sur la conservation des plantes et des écosystèmes en péril dans le monde entier, et SlothBot nous aidera à trouver de nouvelles façons passionnantes de faire avancer nos objectifs de recherche et de conservation", s'est réjouie Emily Coffey, vice-présidente pour la conservation et la recherche au Jardin.

Le SlothBoth aura notamment pour missions de surveiller les animaux du parc, la flore et l'environnement, et leurs interactions. Ses capteurs lui permettent d'effectuer des relevés météos, surveiller la température ou les niveaux de dioxyde de carbone dans l'air. "SlothBot pourrait (…) nous aider à comprendre ce qui se passe avec les pollinisateurs, les interactions entre les plantes et les animaux, et d'autres phénomènes difficiles à observer autrement", a poursuivi Emily Coffey. Avec la perte rapide de la biodiversité et avec plus d'un quart des plantes du monde potentiellement en voie d'extinction, SlothBot nous offre une autre façon de travailler à la conservation de ces espèces."

De nouvelles applications sont déjà envisagées, notamment dans le domaine de l'agriculture de précision. D'après les chercheurs, les capteurs du SlothBot pourrait servir à la détection précoce des maladies des cultures agricoles, mesurer l'humidité et surveiller l'infestation d'insectes.

Si les résultats sont probants, les ingénieurs souhaitent installer leur dispositif dans des forêts d'Amérique du Sud et optimiser le SlothBot pour qu'il puisse se déplacer entre plusieurs câbles. Dans la famille des robots hissant la paresse au rang de vertu, on peut citer également les Rovers martiens qui explorent la Planète rouge depuis une douzaine d'années. "La vitesse n'était pas primordiale pour ces machines, estime Magnus Egerstedt. Mais elles ont beaucoup appris au cours de leur exploration tranquille de la planète."

 

 

 

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