L’industrie bisontine veut être à l’heure des technologies de la réalité augmentée

Entreprises, chercheurs et étudiants de Besançon ont planché une après-midi sur les applications industrielles de la réalité augmentée lors d’une conférence. Reportage.

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Parfois, il fait bon de revenir sur le chemin de l’école. Ce jeudi 12 janvier, à Besançon, dans le Doubs, l’assemblée est studieuse et rassemble, pêle-mêle, des étudiants, des chercheurs et des chefs d’entreprise. Jeunes pousses et tempes grisonnantes se côtoient sur les bancs de l’amphithéâtre Pierre Mesnage, à l’Ecole nationale supérieure de mécanique et des microtechniques, le temps d’une après-midi consacrée à la réalité augmentée et ses applications industrielles.

Cette technologie prometteuse qui permet de combiner monde réel et virtuel et d’interagir avec un environnement numérique, interpelle les bisontins et son industrie locale de la microtechnique - 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour environ 12 000 salariés. Certains maîtrisent le sujet sur le bout des doigts, d’autres sont des néophytes. Dans l’assistance, Dominique Vié, le président de Boudin, une société spécialisée dans la maintenance de moules plastiques basée à Maillot (Yonne), suit attentivement les débats.

Son entreprise a un projet d’utilisation de réalité augmentée qui pourrait déboucher sur des premiers tests d’ici un an. "Nous connaissons une pénurie de main d’œuvre, nous avons des techniciens de moins en moins formés, explique-t-il. Ce genre d’outils peut leur faciliter le travail et les aider à monter en compétences."

une occasion de se diversifier

Outre une meilleure attractivité et un renforcement des compétences, le chef d’entreprise voit même dans la réalité augmentée un axe de développement. Demain, cette technologie pourrait permettre la création de pools d’ingénieurs spécialisés dans l’intervention à distance, voire même la vente de produits de réalité augmentée aux clients traditionnels de Boudin, les équipementiers automobiles.

Comme cette entreprise de moules, des sociétés de la nouvelle région Bourgogne-Franche-Comté expérimentent ou utilisent les outils de la réalité augmentée. Tous ne sont pas venus témoigner : Allucyne, le cabinet d’études le plus en pointe de la région, débordé par la demande, n’a pas pu faire le déplacement, la faute à un carnet de commandes bien rempli à honorer.

Cette entreprise a ainsi travaillé pour General Electric à la mise au point d’une application utilisant des lunettes augmentées pour répondre aux besoins de prévisualisation d’une machine tournante. A Besançon, "il se passe des choses, c’est plutôt agréable de sentir cela", commente Alexandre Meyer, de Phenomen, venu présenter son utilisation de la réalité augmentée dans le prototypage de montres de luxe.

Un fourmillement

"Je suis surpris positivement de l’écosystème, explique cet ancien ingénieur en mécanique dans l’industrie automobile. J’ai vraiment l’impression que cela fourmille et que les initiatives sont ouvertes." L’utilisation des technologies de la réalité augmentée est "en train de monter dans les entreprises de Bourgogne-Franche-Comté", souligne Pierre Vivien, le directeur général du pôle de compétitivité des microtechniques.

Une autre entreprise locale, Worldplas, a par exemple travaillé à une application de "smart city" dédiée au tourisme. "C’est du niveau simplifié de ‘Pokemon Go’", une application qualifiée par les spécialistes de "degré zéro de la réalité augmentée", mais qui pourrait à l’avenir être enrichie en fonctionnalités augmentées, explique Fouad Hanna, salarié de Worldplas.

De même, Abdenbi Mohand Ousaid, un chercheur du laboratoire de recherche Femto-ST, est venu présenter ses travaux dans la réalité augmentée haptique, qui permet à un opérateur de ressentir par exemple des résistances à l’échelle microscopique. Pour accompagner ce mouvement et susciter de nouvelles vocations dans l'utilisation de la réalité augmentée, le pôle des microtechniques appelle les entreprises à candidater à une demande de financement européen Interreg.

"L’industrie automobile attend beaucoup de ces applications ", rappelle Alexandre Meyer. Mais attention, avertit Pierre Rossel, du cabinet Coherent Streams, qui conseille les entreprises sur cette technologie, cette technologie parfois balbutiante peut elle-même être facteur de risques, comme l'illustre la désorientation possible d'utilisateurs de Google glass. A Besançon, l’assistance se frotte les yeux : il reste encore du pain sur la planche.

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