Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Aéro

L'Inde achète 36 Rafale : Dassault Aviation et ses partenaires sont prêts !

Hassan Meddah , , , ,

Publié le , mis à jour le 10/04/2015 À 19H08

Enquête L’Inde achète à la France 36 Rafale "prêts à voler", a annoncé le premier ministre Indien ce 10 avril. Au-delà de Dassault Aviation, Thales et Safran, près de 500 sous-traitants sont déjà dans les starting-block pour répondre au défi industriel que représente cette commande.

L'Inde achète 36 Rafale : Dassault Aviation et ses partenaires sont prêts ! © Elodie Vallerey - L'Usine Nouvelle

[Actualisation - 10/04/2015 19h05 ] : Le premier ministre Indien Narendra Modi a finalement indiqué l'achat à la France de "36 Rafale prêt à voler" dans une conférence commune avec François Hollande à l'issue de leur rencontre. "Les négociations se poursuivent", a-t-il ajouté.

Quelque 63 Rafale fabriqués en France pour un montant total de 7,2 milliards d’euros. Telle serait la nouvelle version du contrat entre l'Inde et Dassault négocié par le Premier ministre Indien Narendra Modi lors de sa visite en France, ces 10 et 11 avril. Ce ne sont pas les 126 appareils initialement prévus, mais le ministère français de la Défense, Dassault Aviation et ses partenaires peuvent se réjouir : ces 63 là seraient produits dans l’Hexagone et non plus seulement les dix-huit premiers exemplaires comme le prévoyait la première mouture du contrat. Soit une charge de production supplémentaire à assurer en France, après les 24 appareils commandés par l’Egypte en février.+

Notre dossier - Enfin un acheteur pour le Rafale : L'Egypte

Depuis plusieurs mois, les grands donneurs d’ordres – Dassault Aviation, l’électronicien Thales et le motoriste Safran – préparent discrètement leur supply chain à cette éventualité. Car derrière eux, 500 entreprises fournissent le Rafale. A Mérignac (Gironde), la chaine d’assemblage de Dassault Aviation peut passer d’une production d’un avion par mois à un maximum de deux appareils et demi sans investissement significatif, avait expliqué le PDG de l’avionneur, Eric Trappier, lors de la visite de François Hollande dans l’usine le 4 mars.

L’électronicien Thales a lui aussi mis les bouchées doubles. "Le contrat égyptien pourrait agir comme un déclencheur (…). Nous allons tester notre supply chain sur des cadences plus rapides. Nous faisons des appels de puissance auprès de nos partenaires pour voir s’ils sont capables de produire jusqu’à la cadence de 2,5 par mois", nous confiait fin mars Pierre-Eric Pommelet, responsable de l’activité Rafale chez Thales. Le groupe a réuni début mars une dizaine de ses principaux de sous-traitants pour faire le point sur leur capacité industrielle.

"Augmenter les cadences"

A une vingtaine de kilomètres de Verdun, à Clermont-sur-Argonne (Meuse), RealMeca (25 millions d’euros de chiffre d’affaires) est prêt de longue date. Cette PME de 150 salariés produit les équipements de défense électroniques et le châssis du radar à antenne active du Rafale. La pièce impressionne tant par sa finition très soignée grâce à un usinage de grande précision que par la densité de ses câbles et connecteurs électroniques. Chaque radar représente près de mille heures de main d’œuvre pour le sous-traitant.

"En cas de signature avec les Indiens, nous allons devoir augmenter nos cadences. Nous avons passé en revue tous les aspects nécessaires : embauche des techniciens, moyens de production, solidité de nos propres fournisseurs... Nous recruterons pour réaliser en interne le surcroit de tâches les plus critiques et nous prévoyons de sous-traiter celles qui sont plus basiques", explique Bruno Gailly, son directeur général. L’usine a accueilli à plusieurs reprises des délégations d’industriels indiens, comme HAL et Barat, intéressés par son savoir-faire.

Cimulec Goup (170 salariés, 21 millions d’euros de chiffre d’affaires), qui possède des unités de production à Metz (Moselle), aux Ulis (Essonne) et à Toulouse (Haute-Garonne), est lui aussi fin prêt. Le groupe produit une centaine de circuits imprimés pour l’avion de combat et ses missiles. "Pour produire plus, nous avons prévu d’élargir nos plages de production et de faire tourner nos machines la nuit, détaille son directeur commercial François Xavier Lucas. Nous avons estimé qu’il nous faudrait embaucher entre dix et quinze techniciens."

"Poursuivre les efforts d’optimisation"

Sofradir a également anticipé les augmentations de cadences. Cette coentreprise entre Safran et Thales (600 salariés, 150 millions d’euros de chiffre d’affaires) produit à Veurey-Voroize (Isère) les détecteurs à infrarouge qui sont les "yeux" du Rafale et de ses missiles. "Nous pourrons absorber l’augmentation liée aux contrats égyptiens et indiens en poursuivant nos efforts d’optimisation de notre production", assure son directeur général Laurent Fullana. Son usine principale, qui produit quelque 10 000 détecteurs par an pour l’ensemble de ses marchés, devrait accroître sa production de l’ordre de 10% du fait des deux contrats Rafale. "En trois ans, nous avons déjà augmenté notre production de 50%. Nous allons maintenir nos efforts", affirme le dirigeant.

Outre la production sur le territoire national, les PME françaises s’étaient préparées à des transferts de technologies et une production en Inde. Même si pour beaucoup d’entre elles, la marche est un peu haute. Avec cette nouvelle version du contrat, cette possibilité n'est peut-être plus d’actualité.

Le "make in India" toujours de mise ? 

"Celles qui voudront s’installer en Inde devront avoir de solides compétences en matière de management pour piloter leurs partenaires étrangers, dans le domaine technique pour évaluer leur maturité industrielle et dans le domaine juridique pour travailler avec l’administration indienne. Ce n’est pas évident", juge Massi Begous, associé au sein du département aéronautique et défense du cabinet Roland Berger.

Difficile pour une PME où chaque ressource est comptée de se passer plusieurs semaines de son directeur industriel ou du directeur des achats. "Les plus petites entreprises ne sont pas taillées pour s’installer à l’étranger. C’est davantage dans les cordes des entreprises de taille intermédiaire", admet Christophe Cador, vice-président du comité en charge des PME au Gifas (le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales). Les sous-traitants du Rafale feraient tout de même bien de s’y préparer car même s’il pare au plus pressé en achetant des avions de chasse made in France, Narendra Modi ne devrait pas abandonner si facilement sa politique du "Make in India"...

Hassan Meddah

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle