L'impact économique "sévère" de la mobilisation des Gilets jaunes, selon le gouvernement

Le 26 novembre, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a reçu les fédérations professionnelles à Bercy pour évaluer les effets économiques du mouvement des "Gilets jaunes". La chute de l’activité est sévère dans le commerce et la grande distribution. Elle reste plus limitée dans les autres secteurs, malgré le blocage de quelques usines.

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L'impact économique
Dix jours après le début de la mobilisation des gilets jaunes, les conséquences économiques du mouvement se font sentir.

Dix jours après le début de la mobilisation des Gilets jaunes, les conséquences économiques du mouvement sont palpables. "Les évènements ont eu un impact sévère sur l’activité économique nationale", tonne Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie à Bercy. Lundi 26 novembre, le ministre a réinstallé la cellule de continuité économique, pour suivre l’évolution des dommages, à l’issue d’une réunion au ministère avec l’ensemble des fédérations professionnelles, ainsi que le Medef et la CPME.

L’essentiel des dégâts sont supportés par le commerce. Et ce à la pire période pour ce secteur, à l’approche des fêtes de fin d’années. Dans la grande distribution, les ventes ont ainsi chuté de 35 % le 17 novembre, puis encore de 18 % le samedi suivant, à cause des blocages d’entrepôts, difficultés de livraison et de la baisse de la fréquentation, les clients hésitant à se déplacer. Les marchés de gros alimentaire ont enregistré des baisses de 30 à 40 %.

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De PSA Sochaux à Royal Canin dans le Gard, quelques usines bloquées

Les effets sont plus disparates pour les autres secteurs. Au siège de la Fédération française du bâtiment à Paris, on reconnaît aussi "ne pas avoir de remontée de terrain", concernant des chantiers interrompus ou perturbés par les opérations des gilets jaunes.

"Des barrages filtrants, où il y avait une certaine tension, ont été installés à quelques kilomètres de notre usine, mais cela n’a pas entraîné de problème de logistique", souligne Bruno Grandjean, le PDG de l’ETI Redex et président de la fédération des industries mécaniques.

Des difficultés sporadiques ont tout de même bloqué certaines usines. L’usine de Toyota d’Onnaing a arrêté ses lignes de production le 17 novembre. PSA à Sochaux a été contraint de suspendre sa production sur deux de ses lignes pendant quelques heures la semaine dernière, à cause du blocage de camions acheminant des pièces depuis l’Espagne.

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Dans le Gard, un tiers des salariés de l’usine Royal Canin sont en chômage technique depuis le milieu de semaine dernière. Le blocage par des Gilets jaunes du rond-point d’accès à la zone d’activités de la Peyre à Aimargues a fait stopper la production de leur site, et déjà 3 000 tonnes de produits manquent à l’appel.

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De façon plus anecdotique, la manifestation parisienne des Gilets jaunes samedi 23 novembre a aussi entraîné la fermeture de l’Usine extraordinaire, la manifestation organisée au Grand Palais pour faire connaître l’industrie au grand public.

Quel impact économique?

Tout dépendra en réalité de la suite du mouvement et de la rapidité de la levée des blocages. Au printemps, la grève perlée de la SNCF avait coûté 0,1 point de PIB à l’économie française.

Pour aider les entreprises, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures, allant de l’étalement des créances fiscales, à la mise en place de chômage partiel anticipé en passant par l’accélération des indemnisations d’assurance. Bpifrance devrait aussi reporter les échéances de remboursement de prêts.

Le gouvernement s’inquiète aussi d’un autre effet collatéral. "Tous les chiffres montrent que la France devient un des pays les plus attractifs, ces images sont désastreuses pour l’image de notre pays. Raison supplémentaire de sortir de la situation actuelle", assure Bruno Le Maire. Pas sûr que l’argument porte auprès des Gilets jaunes.

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