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L'expression de la religion se banalise en entreprise, avec peu de conflits à la clé

Cécile Maillard ,

Publié le

La part de salariés confrontés à l’expression de convictions religieuses en entreprise se stabilise à un niveau relativement élevé, mais cela ne pose de problème que dans 9,5% des cas, en hausse par rapport à 2017.

L'expression de la religion se banalise en entreprise, avec peu de conflits à la clé
La part des salariés confrontés à l’expression de convictions religieuses en entreprise se stabilise à un niveau relativement élevé.
© dotshock/123RF

Pour la troisième année consécutive, la part de salariés confrontés à l’expression de convictions religieuses sur leur lieu de travail est stable : 65% observent "régulièrement" ou "occasionnellement" des faits religieux dans leur monde professionnel, selon le 6e Observatoire du fait religieux en entreprise et l’Institut Randstad. Parmi ces salariés, ceux confrontés "régulièrement" à la religion en entreprise sont moins nombreux, pour la première fois en six ans, et de façon marquée, passant de 34% en 2017 à 29,5% en 2018 (12% en 2014). Depuis trois ans, 35% des salariés sont "rarement" confrontés au sujet.

Dans la grande majorité des cas (65%), les comportements remarqués relèvent d’attitudes individuelles qui ne perturbent pas le fonctionnement de l’entreprise (demandes de congés pour fêtes religieuses…) tandis qu’il en reste 35% (en baisse de trois points par

rapport à 2017) qui posent plus de problèmes à l’organisation (refus de travailler avec une femme ou d’accomplir certaines tâches, prosélytisme…). Ces questions sont gérées de façon peu conflictuelle à plus de 90%, mais la part des cas bloquants ou conflictuels augmente (9,5% en 2018 contre 7,5% en 2017).

La religion moins conflictuelle que le travail

Du point de vue des salariés, la religion suscite moins de conflits dans l’entreprise (5% seulement voient dans la religion une source de blocage sur le lieu de travail) que les conditions de travail (citées par 35% des salariés comme occasionnant des blocages) ou les positions politiques ou philosophiques (16% estiment qu’elles sont sources de tensions).

Pour les auteurs de l’enquête, ces résultats montrent que le fait religieux "se banalise" en entreprise. Son expression est acceptée pourvu qu’elle ne gêne pas la bonne marche de l’entreprise, ce qui est généralement le cas. Si elle a un impact négatif sur le fonctionnement du travail, les interventions des managers pour y mettre fin sont en général acceptées par les principaux intéressés, note l’étude. Ce qui n’est pas le cas si l’expression de la religion n’a aucun impact sur le travail. Dans ce cas, "le manager risque d’être confronté à une remise en cause de son action et de ses décisions, (son) attitude (…) considérée comme injustifiée et potentiellement générer des tensions", note l’enquête.

La religion en entreprise se banalise aussi parce que les managers ont appris à gérer correctement le sujet, en se fondant sur un seul critère : la bonne marche de l’entreprise, et en oubliant leur perception personnelle du sujet. Mais l’Observatoire du fait religieux en entreprise le confirme : les managers restent en première ligne, une situation qu’ils estiment délicate. D’autant que seul un tiers des entreprises ont réécrit leur règlement intérieur pour encadrer les expressions religieuses, un point autorisé par la loi Travail de 2016.

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