Booster la croissance des PME françaises... en s'ouvrant à l'international

Adeline Haverland

Publié le

Comment faire pour accélérer la croissance des PME industrielles françaises ? A l’occasion des Rencontres de l’investissement et de l’industrie, organisées le 6 mars, des industriels français sont revenus sur leurs méthodes d'expansion. Au coeur de leur succès: l'ouverture aux marchés internationaux.   

Booster la croissance des PME françaises... en s'ouvrant à l'international
Les Rencontres de l’investissement et de l’industrie se tenaient le 6 mars 2018 à Paris.
© france invest

Après une première usine à Dubai, l’entreprise française Saverglass est sur le point d’inaugurer une deuxième unité au Mexique. Depuis les années 2008, l’expansion à l'étranger est ce qui a permis à cette ETI oisienne d’accélérer sa croissance. Aujourd’hui, l’entreprise, qui fabrique des bouteilles de verre pour l'industrie du luxe, réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires à l’international. "Et si l’on ajoute les produits qui sont exportés par nos clients finaux, cela représente près de 86% de notre production qui part à l’extérieur", souligne son PDG Loïc Quentin de Gromard, fier d’avoir vue la petite entreprise familiale devenir un des principaux verriers français.
A l’image de Saverglass, qui grâce à son expansion sur les marchés étrangers est passé de 200 à 3 000 salariés, pour un chiffre d’affaires annuel de 430 millions d’euros, l'ouverture à l'international est l'une des solutions présentées à l'occasion des Rencontres de l'investissement et l'industrie - organisées le 6 mars 2018 à Paris - pour booster la croissance des industriels français.

UNE INTERNATIONALISATION EN TROIS TEMPS

" Il y a trente fois plus de débouchés commerciaux hors de France qu’en France..." Jean Matthieu Sahy, président associé fondateur du fond Capital Export, en est convaincu : c’est en misant sur le marché international que les PME industrielles françaises réussiront à se développer. Mais pour que le succès soit au rendez vous, le responsable financier leur recommande de se pencher sur deux pistes principales.

Tout d'abord, l'intégration directe sur les marchés extérieurs, sans passer par des intermédiaires. Une stratégie que le groupe automobile Ligier a fait sienne. "Etre présent directement dans les pays via des filiales à l'étranger nous permet de mieux comprendre les marchés locaux, sans passer par le filtre des intermédiaires, et de mieux y répondre aux besoins spécifiques" précise le PDG du groupe dont plus de 50% du chiffre d'affaire est réalisé via ces filiales.

Autre possibilité, l’acquisition d’entreprises locales. Cette stratégie permet de pénétrer rapidement un pays difficilement accessible pour des raisons fiscales ou légales. "C’est typiquement le cas de l’Allemagne", estime Jean Matthieu Sahy.

L’ALLEMAGNE : UNE OPPORTUNITÉ POUR LES INDUSTRIELS FRANÇAIS

Le géant industriel européen est d’ailleurs l’un des pays au cœur de la stratégie d’internationalisation des groupes français.
"L’ Allemagne représente une vraie opportunité de croissance pour les PME françaises", explique Bruno Grandjean, président de la Fédération des Industries Mécaniques. A ses yeux, ce pays voisin permet aux entreprises françaises de se mesurer aux champions européens de la catégorie et ainsi de se réorienter pour atteindre une taille critique.
"Il est de l’intérêt des entreprises françaises de profiter du dynamisme industriel allemand", ajoute Bruno Grandjean. Une opinion que partage Jean Matthieu Sahy qui n’hésite pas à conseiller aux industriels française de "profiter du label"made in germany " comme sésame à l’export!"

UN SYSTÈME DE FINANCEMENT INADAPTÉ

Malgré ces déclarations d’intention, les entreprises françaises sont encore parmi les plus tardives à se lancer sur les marchés internationaux. En cause : le système de financement.
"Il est aujourd’hui quasiment impossible pour une PME française de faire financer un projet transfrontalier" déplore Bruno Grandjean qui critique le décalage avec l’ambition européenne des PME industrielles française. "Le marché européen fonctionne comme un système unique, nous vendons de la même manière en France, en Italie ou en Allemagne... Pourtant, il est aujourd'hui impossible d'obtenir un financement pour un projet qui sort du cadre national", s'emporte le spécialiste. Avant d'affirmer : "Si les banques mettaient à disposition les outils adéquates, il y aurait l’opportunité de créer des ETI européennes."

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