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L'Eurogroupe s'accorde finalement sur un plan de soutien à l'économie de 500 milliards d'euros

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Publié le , mis à jour le 10/04/2020 À 08H20

L'Eurogroupe a finalement trouvé un accord le 9 avril pour apporter une réponse à la crise du Covid-19. Le projet de "coronabonds" n'a pas été retenu par les ministres des Finances de la zone euro mais ces derniers ont révélé un plan de soutien de 500 milliards d'euros à l'économie.

L'Eurogroupe s'accorde finalement sur un plan de soutien à l'économie de 500 milliards d'euros
Durant des semaines, les États membres de l'Union européenne avaient échoué à afficher un front uni face à la crise du Covid-19. /Photo d'archives/REUTERS/François Lenoir
© Francois Lenoir

Les ministres des Finances de la zone euro sont convenus jeudi 9 avril d'un plan de soutien de 500 milliards d'euros pour faire face aux conséquences économiques de la crise sanitaire du coronavirus Covid-19, après des semaines de querelles qui ont souligné les douloureuses divisions au sein du bloc communautaire. L'Allemagne, de même que la France, a tapé du poing sur la table pour mettre fin à l'opposition des Pays-Bas sur l'accès aux lignes de crédit du Mécanisme européen de stabilité (MES), tandis que l'Italie a reçu l'assurance que l'Union ferait preuve de solidarité.

"C'était soit un accord soit le risque d'une dislocation européenne"

Durant des semaines, les États membres du bloc communautaire ont échoué à afficher un front uni face au coronavirus, se déchirant sur des questions d'argent, d'équipements médicaux et médicaments, de restrictions aux frontières et de suspension des voyages, lors de discussions tendues qui ont mis en exergue des divisions amères.

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré que l'Europe avait conclu le plus important plan économique de son histoire."Tout le monde avait en tête que c'était soit un accord soit le risque d'une dislocation européenne", a-t-il dit lors d'une téléconférence avec des journalistes. "C'est un plan efficace, c'est un plan massif", a-t-il poursuivi.

Plus tôt dans la journée, le président du Conseil italien Giuseppe Conte avait prévenu que l'existence tout entière de l'UE serait menacée si celle-ci ne parvenait pas à s'unir pour lutter contre la pandémie.

Le projet de "coronabonds" n'est pas retenu

Mais l'accord ne mentionne pas la création de "coronabonds", des obligations mutualisées qui permettraient de financer une relance de l'activité économique par de la dette commune. Une mesure à laquelle l'Italie, la France et l'Espagne étaient favorables mais qui se heurtait à un non ferme de la part de l'Allemagne (pour qui il s'agit d'une ligne rouge), des Pays-Bas, de la Finlande et de l'Autriche. Il est seulement dit qu'il appartient aux chefs d'État et de gouvernement européens de décider si des "instruments financiers novateurs" doivent être utilisés.

Tandis que Bruno Le Maire a dit jeudi 9 avril que l'accord ouvrait la voie à de la dette commune, son homologue néerlandais Wopke Hoekstra a souligné le contraire. "Nous sommes et resteront opposés aux 'coronabonds'. Ce concept n'aidera ni l'Europe ni les Pays-Bas sur le long-terme", a dit le ministre néerlandais de l'Économie à l'issue des pourparlers.

Programme de subventions pour les entreprises

Mario Centeno, qui présidait les discussions du 9 avril, a déclaré que 100 milliards d'euros financeraient un programme de subventions afin que les entreprises réduisent les heures de travail mais ne suppriment pas d'emplois. La Banque européenne d'investissement (BEI) va accroître de 200 milliards d'euros les prêts aux sociétés et le MES va mettre à disposition des gouvernements 240 milliards d'euros de crédits à bas coût, a-t-il ajouté.

Le vaste plan adopté jeudi 9 avril porterait l'ensemble des mesures adoptées par l'UE pour lutter contre les effets de la pandémie à 3 200 milliards d'euros, soit le plus important dans le monde.

Controverse sur la relance de croissance

Angela Merkel s'était entretenue dans la journée avec Giuseppe Conte et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, ouvrant la voie à la conclusion d'un accord qui va désormais être aux mains des dirigeants européens - lesquels doivent s'entretenir dans les prochains jours par visioconférence. La chancelière allemande a dit que Conte et elle étaient convenus du "besoin urgent de solidarité en Europe, qui traverse l'une de ses périodes les plus difficiles, sinon la plus difficile".

"L'Allemagne est prête à cette solidarité et s'y engage", a déclaré Angela Merkel. Cette dernière a clairement fait savoir que Berlin rejetait l'idée d'émettre de la dette commune, mais a ajouté que d'autres voies financières étaient disponibles.

Des représentants ont indiqué que Merkel avait aussi demandé à Rutte d'arrêter d'empêcher la conclusion d'un accord destiné à offrir un filet de sécurité aux gouvernements, aux compagnies et aux citoyens européens pour faire face à la récession profonde que l'épidémie devrait engendrer en 2020.

Toutefois une controverse demeure sur la manière de relancer la croissance économique. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Paolo Gentiloni, a dit que des fonds pourraient être prévus dans cette optique dans le prochain budget commun de l'UE pour la période 2021-2027.

Avec Reuters (avec Michelle Martin, Toby Sterling, Joseph Nasr, Francois Murphy; Leigh Thomas et Gwénaelle Barzic; version française Jean Terzian)

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