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L’Eurogroupe ne trouve pas d'accord sur la réponse économique à la crise du Covid-19

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Publié le , mis à jour le 09/04/2020 À 07H45

Réunis le 7 avril, les ministres des Finances de la zone euro n'ont pas trouvé d'accord sur les mesures économiques à prendre face au Covid-19. Les pays européens restent divisés que la création de "coronabonds", des obligations mutualisées qui permettraient de financer une relance de l'activité économique par de la dette européenne.

L’Eurogroupe ne trouve pas d'accord sur la réponse économique à la crise du Covid-19
En tant que ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire participe à l'Eurogroupe. /Photo prise le 4 mars 2020/REUTERS/Charles Platiau
© Charles Platiau

Les négociations n'ont pas abouti entre les ministres des Finances de la zone euro. Ces responsables, réunis au sein de l'Eurogroupe, ont annoncé mercredi 8 avril qu'ils n'étaient pas parvenus à ce stade à trouver un accord sur les mesures à prendre pour faire face aux conséquences économiques de la crise du coronavirus Covid-19.

Divergences sur la mutualisation de la dette

L'Eurogroupe a entamé une réunion mardi 7 avril à 14h30 sur un ensemble de mesures représentant plus de 500 milliards d'euros. Selon des sources diplomatiques, l'échec de la réunion serait dû à des divergences entre l'Italie et les Pays-Bas au sujet de la mutualisation de dette. Selon Mario Centeno, président de l'Eurogroupe, un accord était proche, "mais nous n'y sommes pas encore", a-t-il regretté. "J'ai suspendu l'Eurogroupe et [nous reprendrons] demain [jeudi 9 avril]."

L'Italie et l'Espagne, pays de la zone euro les plus lourdement frappés par la pandémie, sont aussi les plus fervents partisans de la création de "coronabonds", des obligations mutualisées qui permettraient de financer une relance de l'activité économique par de la dette européenne. La France et six autres pays plaident également en faveur de ce nouvel "instrument de dette commun émis par une institution européenne pour lever des fonds sur le marché". L'idée a été exposée dans une lettre que ces neuf États ont diffusée le 25 mars dernier.

Les Pays-Bas, l'Allemagne et d'autres États comme la Finlande s'opposent toutefois à cette mutualisation. Ils notent que tous les membres de la zone euro ont encore accès à des taux bas sur le marché obligataire et que les règles communautaires encadrant les déficits budgétaires ont été levées le temps de la pandémie, ce qui leur laisse davantage de marge.

La France et l'Allemagne souhaitent "un bon compromis"

"Après 16 heures de négociations, pas d’accord à l’Eurogroupe sur la réponse économique à la crise du coronavirus. Nous reprenons demain", a écrit le ministre français de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire sur Twitter. "Avec Olaf Scholz, nous appelons tous les États européens à être à la hauteur des enjeux exceptionnels pour parvenir à un accord ambitieux", a-t-il ajouté en parlant de son homologue allemand.

"En cette heure difficile, l'Europe doit se rapprocher. En collaboration avec Bruno Le Maire, j'appelle donc tous les pays de la zone euro à ne pas refuser de résoudre ces problèmes financiers difficiles et à faciliter un bon compromis pour tous les citoyens", dit Olaf Scholz sur le même canal.

"Les Italiens veulent qu'une référence à la mutualisation de la dette en tant que possible instrument de recouvrement soit davantage examinée à l'avenir. Les Néerlandais disent 'non'", a-t-on toutefois déclaré de source diplomatique.

D'autres pistes à l'étude

D'autres pistes sont également à l'étude, à commencer par le recours au Mécanisme européen de stabilité (MES) - dispositif de gestion des crises financières mis en place en 2012 - qui permettrait de débloquer des lignes de crédit allant jusqu'à 2 % du PIB d'un pays qui solliciterait cette aide, soit, au total, 240 milliards d'euros. Des divergences persistent toutefois quant aux conditions d'attribution de ces prêts. Pour ses partisans, le recours au MES constitue une alternative valable à l'émission de coronabonds.

Les États-membres envisagent en outre d'apporter 25 milliards d'euros de garanties à la Banque européenne d'investissement (BEI) qui lui permettrait d'accorder en retour jusqu'à 200 milliards de prêts additionnels.

La troisième piste qui semble retenue à ce stade porte sur la proposition de la Commission européenne de lever 100 milliards d'euros sur le marché, garantis par les Vingt-Sept, pour financer un mécanisme de chômage partiel où les États prendraient en charge une partie des salaires. La Commission et les Pays-Bas proposent par ailleurs la création d'un fonds d'urgence de 20 milliards d'euros pour l'achat d'équipements médicaux et de produits de santé.

Avec Reuters (Henri-Pierre André, Nicolas Delame et Jean-Philippe Lefief, édité par Jean-Michel Bélot)

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