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L'État pris à son propre piège du Grand Paris Express

Pascal Gateaud

Publié le

L'État pris à son propre piège du Grand Paris Express
Pascal Gateaud

Une volée de bois verts ! Comme il pouvait s’y attendre, le nouveau calendrier proposé par Édouard Philippe pour la réalisation du métro automatique du Grand Paris Express mécontente la majorité des élus franciliens, toutes tendances politiques confondues. Tenir un « langage de vérité » revient, pour le Premier ministre, à corriger les fausses promesses de ses prédécesseurs en actant d’importants retards sur certains tronçons qui ne seront pas bouclés avant 2030 au mieux. Le nouveau planning, qui doit faciliter le bon déroulement des jeux Olympiques de 2024, repousse de plusieurs années la desserte de territoires enclavés et/ou en plein développement, comme le plateau de Saclay où l’État pilote un regroupement de grandes écoles, de centres de recherche publics et privés et d’entreprises de pointe. Depuis son lancement par Nicolas Sarkozy, en 2009, le projet phare du Grand Paris n’en finit pas d’être revu et corrigé. La remise à plat du calendrier, du financement et du fonctionnement de la Société du Grand Paris, la structure publique chargée de construire le métro, est à rapprocher de la difficulté à faire émerger la future Métropole du Grand Paris, censée garantir une meilleure efficacité des politiques locales conduites dans la zone dense de l’Ile-de-France. Édouard Philippe peut invoquer des contraintes techniques (le chantier est réalisé à 30 à 40 mètres de profondeur dans un sous-sol mal connu), humaines (les entreprises de travaux publics « frôlent la surchauffe ») et financières (multiplier à l’infini les tunneliers « n’aurait aucun sens technique ou économique »), il a du mal à convaincre. Tout simplement parce que l’État se retrouve juge et partie. Le gouvernement de François Fillon, chargé de lancer ce vaste chantier, a fait le choix, en 2010, d’un opérateur dédié sous la forme d’un établissement public à caractère industriel et commercial. Le gouvernement nomme le président du directoire de la Société du Grand Paris, celle-ci étant contrôlée par un conseil de surveillance dans lequel l’État détient la majorité, au côté de la région et des départements d’Ile-de-France. À l’époque, l’ancien maire (PS) de Paris Bertrand Delanoë fut l’un des rares grands élus à dénoncer le fait qu’avec « la création d’une Société du Grand Paris, l’État projette de reprendre le contrôle direct de l’organisation des transports, quatre ans seulement après en avoir transféré la responsabilité à la région et aux autres collectivités ». Charge, aujourd’hui, au gouvernement d’Édouard Philippe et à ses successeurs d’en assumer toutes les conséquences… 

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