L’Etat décline dans les régions son plan d’investissement dans les compétences

En décembre, l’Etat signera avec chaque région un pacte qui fléchera près de la moitié des 15 milliards d’euros prévus sur cinq ans pour son grand plan d’investissement dans la formation.

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L’Etat décline dans les régions son plan d’investissement dans les compétences
La ministre du Travail Muriel Pénicaud a lancé, dans le cadre du PIC, un programme de 10 000 formations aux métiers du numérique.

Le PIC entre dans le dur. Les 15 milliards d’euros du Plan d’investissement dans les compétences (PIC), qui sera déployé durant les cinq ans du quinquennat d’Emmanuel Macron, seront presque pour moitié (7,1 milliards d’euros) affectés aux régions, pour des actions de formation.

Après avoir signé des conventions d’amorçage en 2018 avec la plupart d’entre elles – Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur n’ont pas souhaité s’engager - , l’Etat signera avant la fin de l’année des « Pactes pluriannuels d’investissement dans les compétences » avec chaque région, pour les quatre années à venir (2019-2022). 663 millions d’euros ont déjà été distribués aux

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régions en 2018 dans le cadre du PIC, pour 148 000 formations supplémentaires par rapport à ce qu’elles avaient prévu de financer. Ce montant devrait doubler en 2019, et augmenter progressivement au cours du quinquennat. Les régions ont perdu la main sur l’apprentissage, confié aux branches, mais voient leur rôle conforté sur la formation.

Le PIC vise avant tout la formation de publics éloignés de l’emploi, jeunes peu qualifiés qui ne sont ni en emploi ni en formation (1,3 million de "NEETS" en France) ou chômeurs les plus éloignés de l’emploi (personnes au RSA par exemple). "Non seulement ils sont plus touchés par le chômage, mais les métiers qu’ils occupaient parfois sont les plus menacés par la robotisation, et ils ont peu recours à la formation", note Jean-Marie Marx. Nommé en juillet Haut-Commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi, l’ancien directeur général de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) coordonne la mise en œuvre du PIC pour le ministère du Travail.

Analyser les besoins des entreprises sur chaque territoire

Parmi les publics visés, les jeunes des quartiers de banlieue, les personnes en situation de handicap, celles touchées par l’illettrisme. Un appel à projet sera d’ailleurs lancé fin décembre pour aller chercher ces personnes qui ne sont parfois jamais en contact avec Pôle emploi ou les missions locales, l’idée étant de "diversifier les réseaux pour les ramener vers des parcours inclusifs", selon Jean-Marie Marx. En faisant appel, par exemple, à des structures locales actuellement négligées comme les associations, clubs de sport, gardiens d’immeuble… Les régions seront mobilisées sur ce sujet.

Premier pilier du PIC : l'analyse des besoins en compétences des entreprises sur les territoires, pour orienter les personnes vers les bonnes formations. Les branches ont été mises à contribution, afin qu’elles évaluent leurs besoins à court terme et à moyen terme, en tenant compte notamment des évolutions liées au numérique. Parmi les dix premiers projets retenus début octobre, qui bénéficieront donc d’un financement pour faire de la prospective, l’un est porté par plusieurs branches industrielles (métallurgie, chimie/plasturgie, agroalimentaire, ameublement/bois) qui se sont regroupées. Les pactes régionaux prévoient également une analyse des besoins des territoires, l’idéal étant de croiser besoins des branches et besoins des territoires. Le projet des branches industrielles a d’ailleurs prévu de commencer par examiner à la loupe quatre régions.

8 500 euros par parcours de formation

Deuxième pilier du PIC : le financement à proprement parler des formations. Vu d’où partent les personnes visées, plusieurs actions de pré-formation, remises à niveau, prépas apprentissage sont prévues. Construire des parcours complets sera forcément plus coûteux. 8 500 euros sont prévus pour chaque parcours, contre 3 000 dans le plan "500 000 formations" lancé sous François Hollande. Les régions devront porter trois projets d'expérimentations, qui seront évalués et éventuellement généralisés. Les actions de formation en situation de travail (AFEST), autorisées par la loi Avenir professionnel, permettent par exemple de remettre en activité des personnes fragiles. Certaines régions portent des projets d’incubateurs d’innovations pédagogiques.

Reste une incertitude: la signature ou non par les deux régions réfractaires d’un pacte régional avec l'Etat. Le président de région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, reproche au PIC d’être trop centralisé, et à l’Etat d’imposer ses règles aux régions. "C’est un effort, massif, sans précédent, de l’Etat, il est logique d’être exigeant, justifie Jean-Marie Marx. Nous demandons le maintien des budgets régionaux dédiés à la formation, pour qu’il n’y ait pas substitution; la progression du nombre de publics cibles; et une transformation de l’offre de formation, parce qu’on n’est pas dans la reproduction de l’existant." En l’absence d’accord, Pôle emploi assurera la mise en œuvre des dépenses au niveau régional, comme il l’a fait en 2018. Les habitants de ces territoires ne seront donc pas perdants.

15 milliards d’euros investis sur 5 ans pour le PIC

... dont 13,8 gérés par le ministère du Travail et 1,2 géré par le ministère de l’Education nationale (innovations pédagogiques). Sur les 13,8 milliards du ministère du Travail, 2,8 milliards financeront la Garantie jeunes. Restent 9,1 milliards pour la formation (dont 7,1 affectés aux régions), 1 milliard pour d’autres parcours d’accompagnement, 0,75 milliard pour les évaluations, la modernisation des organismes de formation, les systèmes informatiques…

Cécile Maillard Journaliste relations sociales / régions / biens de consommation

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