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L'équipe de France du 4.0

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Cobotique, impression 3D, réalité virtuelle… Des équipementiers tricolores se positionnent sur chacune des briques technologiques de l’usine 4.0. Leur profil va du groupe centenaire à la jeune pousse. Ce sont les enseignements de cette sélection de « L’Usine Nouvelle » de l’équipe de France de l’industrie du futur. « Il est peut-être trop tôt pour parler de filière française de l’industrie du futur, le terme écosystème serait sans doute plus juste », suggère Olivier Lluansi, associé chez EY. D’autant que chaque brique technologique n’a pas la même maturité, ni les mêmes enjeux. « Je ne suis pas sûr qu’une organisation très structurée en filière soit idéale pour le moment. Laissons d’abord des initiatives innovantes émerger. Surgiront ensuite des acteurs phares. Il sera alors temps de penser à la création d’une filière Industrie du futur », suggère de son côté Frédéric Sanchez, le PDG de l’ingénieriste Fives. La France apparaît particulièrement à la pointe dans l’internet industriel des objets et la data, mais nombre d’acteurs comptent bien percer dans d’autres segments. En particulier sur des marchés très émergents comme la fabrication additive.

L'équipe de France du 4.0

L’écosystème français d’offreurs de solutions 4.0 reste méconnu. L’Alliance industrie du futur et les CCI ont entrepris un travail de recensement dont « L’Usine Nouvelle » publie les premiers chiffres. L’offre apparaît particulièrement fournie dans les technologies de production avancées, notamment en automatisation, mesure et analyse des données industrielles, et optimisation de la maintenance. Plus de 150 entreprises proposent des objets connectés et solutions d’internet industriel. Autre segment prégnant : la cybersécurité, sur laquelle une centaine d’entreprises sont positionnées. En revanche, l’offre est moindre sur les nouveaux matériaux ou l’économie circulaire, autres briques de l’industrie du futur. Les conclusions de cet état des lieux seront publiées à l’occasion du salon Global Industrie, du 27 au 30 mars à Paris Nord Villepinte. 
 

 

Les spécialistes de l'internet industriel
 

  • Le chef de file. Schneider Electric, le concepteur d’automatismes industriels aux 24,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 182 ans d’âge, se pose désormais en expert de la donnée industrielle et ne cache pas son ambition de devenir le numéro un du logiciel industriel. « Le passage à l’industrie du futur a fait évoluer notre business, confirme MarcFromager, le directeur de l’activité industrie de Schneider Electric France. Nous offrons depuis deux ans une couche logicielle pour exploiter les données générées par nos systèmes hardware. » Cette plate-forme logicielle baptisée Ecostruxure est capable de gérer les machines, de faire de la maintenance prédictive, d’optimiser les process. Pour assurer sa transition vers ce nouveau business, Schneider Electric a poursuivi ses acquisitions dans le logiciel avec notamment la prise de 60 % des parts de l’éditeur britannique Aveva en septembre dernier. Schneider s’est également rapproché d’une cinquantaine de start-up, spécialistes de logiciels de niches, notamment dans le machine learning et la cybersécurité. De quoi renforcer sa position de leader.
     
  • La pépite. L’internet industriel des objets bénéficie d’une offre de start-up plus que foisonnante et l’on peut commencer à parler d’une excellence française. Intesens, à Labège (Haute-Garonne), au cœur de l’IoT Valley, est l’une des pépites prometteuses du secteur. Elle conçoit des capteurs intelligents pour les sites et équipements industriels ainsi qu’une solution logicielle et un système d’alerte. Le but est de suivre l’état de santé des équipements en temps réel et prévenir des pannes. Après plusieurs années d’expérimentation, notamment avec la SNCF et Areva, Intesens passe au stade industriel. La start-up a lancé fin 2017 une première gamme de solutions connectées. La jeune pousse, qui a réalisé 1,2 million de chiffre d’affaires en 2017, espère passer de 15 à 100 salariés dans les deux ans.
     
  • Les autres. Les start-up Braincube, Yagan, Connit, Ffly4U, l’opérateur télécoms de l’internet des objets Sigfox, le fabricant de composants électroniques Lacroix Electronics.
     

Les avant-gardistes de la 3D
 

  • Le chef de file. Prodways, filiale du groupe Gorgé, est le seul acteur français à avoir su s’imposer sur le marché de l’impression 3D polymère face aux géants américains et allemands. Sa technologie MovingLight, qui liquéfie la résine couche par couche en utilisant une source de lumière de forte puissance à base de LED UV et de puces micro-électroniques DLP, a fait la différence. Elle permet de concevoir des imprimantes 3D plus précises et plus rapides. Mais ce sont aussi les multiples acquisitions d’entreprises spécialistes de la 3D comme Initial et ScientiFeet qui confèrent à Prodways son statut de champion. Le groupe installé aux Mureaux (Yvelines) s’impose à l’international. Près de 90 % de ses ventes de machines sont réalisés à l’export. Ses revenus, qui s’élèvent à 34,8 millions d’euros en 2017, ont été multipliés par cinq en quatre ans. Prodways table sur 50 millions d’euros en 2018. L’entreprise prévoit de lancer une technologie métal dans le courant de l’année, mais Raphaël Gorgé, le PDG du groupe, reste convaincu de l’avenir de l’impression 3D plastique et regrette qu’on n’y accorde peu d’attention. « On parle beaucoup du métal, mais le polymère constitue plus de 80 % du marché, et sa part continue de croître », estime-t-il.
     
  • La pépite. L’alsacien Beam témoigne de l’effervescence de la fabrication additive métallique dans l’Hexagone. Bien que la concurrence allemande et américaine reste rude. Sa technologie LMD, qui permet de fabriquer, réparer et ajouter des fonctions, est en cours d’industrialisation [lire page 52]. Elle est déjà adoptée par des grands de l’industrie, Safran et Chromalloy notamment. La start-up prévoit de doubler son chiffre d’affaires, qui s’élève à 6 millions d’euros, dans un an. Il faut aussi citer le limougeaud 3DCeram qui vient de lancer une imprimante 3D hybride capable de produire des pièces céramique-métal.
     
  • Les autres. Le spécialiste en devenir de la fabrication additive métallique AddUp, les imprimeurs 3D Sculpteo, 3D Prod, Volum-e, la start-up Pollen AM. 
     

Les pros du virtuel
 

  • Le chef de file. Champion français de la conception assistée par ordinateur, Dassault Systèmes s’appuie sur son expertise de la maquette numérique pour s’imposer en acteur majeur de la réalité virtuelle et augmentée. L’entreprise travaille sur le sujet depuis le rachat de Virtools en 2005, leader du marché à l’époque. Une division de Dassault Systèmes est maintenant entièrement dédiée à la réalité immersive. Le groupe a noué des partenariats avec les grands du secteur comme Microsoft et HTC et entraîne aussi dans son sillage les petites entreprises tricolores du secteur comme Diota, dont les solutions peuvent être connectées aux logiciels Dassault et Techviz, une start-up partenaire.
     
  • La pépite. Diota est sans conteste la pépite du secteur avec ses solutions entièrement dédiées à l’industrie. Son logiciel fonctionne sans marqueur : la caméra n’a pas besoin de cible préétablie pour se repérer. L’algorithme reconnaît une pièce déjà enregistrée dans sa base de données, puis y incruste une image en réalité augmentée. Ses solutions sont utilisées pour donner des instructions aux opérateurs et contrôler les pièces. Une centaine de systèmes Diota sont déjà déployés chez des industriels, notamment Safran, (Naval Group (ex-DCNS) et un constructeur allemand. Diota ne se voit pas seulement comme un spécialiste de la réalité augmentée, son ambition est de couvrir différentes briques de l’industrie du futur avec pour ambition de « régler un problème de discontinuité entre le bureau d’études et le monde opérationnel en amenant le digital dans les usines et en faisant remonter les informations de l’usine dans le bureau d’études », explique Lionnel Joussemet, le fondateur et président de l’entreprise. La PME francilienne de 50 salariés vient d’entamer sa diversification en lançant un système de contrôle qualité pour robot et prévoit d’aller vers l’analyse de données et l’internet des objets. Elle vise aussi l’international, elle a installé une filiale à Stuttgart en septembre.
     
  • Les autres. Les éditeurs Immersion, MiddleVR, TechViz, Mimesys, le studio Backlight, le fabricant de lunettes à réalité augmentée Optinvent.
     

Les experts en robotique
 

  • Le chef de file. Si les Français n’ont pas réussi à s’imposer au niveau des Allemands ou des Japonais dans la robotique industrielle, l’Hexagone compte tout de même un champion avec Stäubli, le plus français des Suisses, dont l’usine est installée à Faverges-Seythenex (Haute-Savoie). Il faut y ajouter Sepro, un fabricant de robots pour presse d’injection plastique à La Roche-sur-Yon (Vendée), qui exporte 90 % de sa production [lire page 56].
     
  • La pépite. La start-up Isybot, à Gif-sur-Yvette (Essonne), est emblématique de l’effervescence actuelle qui anime une robotique d’un nouveau genre, dopée au numérique. Si beaucoup se tournent vers les robots de service, l’industrie reste une cible de choix avec, notamment, l’essor de la robotique collaborative ou cobotique. Isybot se démarque avec sa technologie aux multiples brevets développée dans les laboratoires du CEA. Les traditionnels motoréducteurs à engrenages des robots sont remplacés par des vis à billes et une commande par câble. Plus besoin de capteurs d’efforts, il suffit de mesurer le courant envoyé dans le robot depuis l’armoire électrique. « Ce qui permet d’avoir des robots très légers et sécurisés, capables d’avoir beaucoup d’interactions avec les opérateurs », précise Yvan Measson, le président de la société. Isybot se focalise sur les tâches difficilement automatisables et a développé une application de ponçage avec l’intégrateur vendéen Gébé2. Elle teste aussi avec PSA une application de manipulation de pièces lourdes. D’autres usages comme le lustrage sont en développement. Isybot a déjà vendu deux robots et en loue un. « Le paiement à l’usage est un business model que nous allons développer car il permet de passer plus rapidement de la preuve de concept au déploiement industriel », estime Yvan Measson. Isybot vise plus de 1 million de chiffre d’affaires en 2018. La jeune pousse compte se tourner vers l’international, avec l’Allemagne et l’Italie en ligne de mire, dès cette année.
     
  • Les autres. Les spécialistes des chariots autonomes Effidence et Balyo, les intégrateurs AeroSpline et Gébé2, la start-up MIP Robotics.
     

Les pare-feu des usines
 

  • Le chef de file. Thales, qui a fait de la cybersécurité l’une de ses divisions prioritaires, est l’industriel français emblématique du secteur. Son chiffre d’affaires sur ce marché a bondi de 28,5 % en 2017 et devrait continuer à enregistrer une forte croissance, porté notamment par l’industrie 4.0. Le rachat de Gemalto, spécialiste des cartes à puces, qui devrait être finalisé au second semestre, le propulsera à la seconde place mondiale du secteur, derrière l’américain Symantec. Jouant un rôle moteur dans la filière, il s’est notamment installé à Station F, l’accélérateur parisien XXL créé par Xavier Niel, et est devenu le mentor de neuf start-up spécialistes de la cybersécurité. Reste que Thales, comme Airbus Cybersecurity, est essentiellement un prestataire de services : son rôle est de surveiller les flux d’informations entrant et sortant et d’alerter en cas d’anomalies. Un service qui était plutôt destiné aux bureaux et que ces entreprises étendent désormais aux sites industriels. La cybersécurité dans les usines est surtout assurée par les fabricants d’automates industriels comme Schneider Electric, qui intègrent de plus en plus des solutions de sécurité à leurs équipements : accès sécurisé aux processeurs, détection des tentatives de corruption.
     
  • La pépite. Créée en 2014 et employant 25 personnes, Sentryo illustre le dynamisme de la cybersécurité française, forte de 200 jeunes pousses. Spécialiste de l’industrie, cette start-up lyonnaise conçoit des logiciels pour la surveillance des réseaux machine-to-machine. Son principal produit est dédié aux usines, mais aussi aux centrales nucléaires et réseaux de transports. Parmi ses clients : le CEA, EDF et Naval Group. La start-up a bouclé une levée de fond début 2016 de l’ordre de 2 millions d’euros et en bouclera une seconde en 2018.
     
  • Les autres. L’éditeur Wallix, l’intégrateur de solutions informatiques Factory Systemes, le cabinet de conseil Arkeva.

 

Les accompagnateurs
 

  • Le chef de file. L’ingénieriste Fives, champion français de la machine-outil, conçoit également des lignes et des usines clés en main. Sa maîtrise des technologies de fabrication le distingue des autres ingénieristes. C’est aussi l’un des premiers à avoir saisi les enjeux de l’industrie du futur. En témoigne l’observatoire qu’il a créé sur ce thème dès 2012. Rappelons également que le groupe a été en 2014 l’un des pilotes du programme industrie du futur aux côtés de Dassault Systèmes. Parmi ses derniers faits d’armes : la conception d’une ligne entièrement automatisée chez Cuisine Schmidt, que Fives compte dupliquer dans d’autres usines, notamment chez des industriels allemands. « Nous apparaissons comme l’un des acteurs emblématiques de cette révolution industrielle », se réjouit Frédéric Sanchez, le PDG de l’entreprise. « Être chef de file de l’industrie du futur a eu pour effet d’accroître notre capacité d’attraction de talents, notamment des jeunes ingénieurs de haut niveau », juge-t-il. Le groupe peut aussi se féliciter de ses résultats à l’export. Plus de 80 % de son chiffre d’affaires est réalisé à l’international.
     
  • La pépite. Quantmetry, qui se définit comme un cabinet de conseil en data science, est emblématique de ces start-up tricolores qui se positionnent sur l’accompagnement à l’utilisation des nouvelles technologies numériques. Son taux de croissance hors-norme, + 2 257 % depuis 2013, lui a permis d’intégrer le classement Fast 500 Europe-Moyen-Orient-Afrique de Deloitte, qui répertorie les entreprises tech aux plus forts taux de croissance. Parmi les clients industriels de Quantmetry : la SNCF, pour la mise en place de ses solutions de maintenance prédictive.
     
  • Les autres. Le cabinet de conseil Capgemini, les ingénieristes Altran, Alten, ADF, les PME Automatique & Industrie et Mecaconcept. 

 

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