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L'Usine Matières premières

L'avenir de l'industrie ne se joue pas à Florange

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Analyse Florange serait le symbole de la désindustrialisation du pays ? Ce dossier montre plutôt que nous nous faisons une fausse image de ce qu'est l'industrie aujourd'hui. Une fausse image qui conduit à mener de faux combats.

L'avenir de l'industrie ne se joue pas à Florange © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Sommaire du dossier

L'industrie est une cause qui ne tolère aucune approximation, aucun amateurisme. En parler oblige à maitriser ses dossiers, impose la précision. Le sujet est trop important pour être balloté par une politique politicienne ou par des stratégies avant tout médiatiques. Les petites phrases, si elles font la Une de la presse, ne font pas avancer cette cause que L'Usine Nouvelle défend depuis 120 ans.

À ce titre, le dossier Florange est emblématique de la manière dont on pense l'industrie en France encore aujourd'hui. Tout a été dit ou écrit sur l'aciérie lorraine d'ArcelorMittal et ses deux hauts fourneaux. On a voulu faire de la fermeture d'une partie de ses installations un symbole de la désindustrialisation du pays. On a voulu ériger cette usine en porte étendard d'une grande cause nationale, celle du redressement productif. Comme si l'avenir de l'industrie française dans son ensemble dépendait de la survie de ces deux totems gigantesques.  Le gouvernement, le premier, s'est complu dans cette illusion. Le ministre de l'industrie a même jugé bon de faire planer la menace de la nationalisation pour forcer ArcelorMittal à vendre son site rentable. Ce qu'il omît de préciser c'est que ce qui était viable et prometteur pour l'avenir, ce n'était qu'une partie du site, l'aval où se trouve le laminoir, et non les hauts fourneaux dont on parle tant. Le summum a été atteint avec l'accord dévoilé par le premier ministre vendredi dernier. A Matignon, on a affirmé avoir obtenu à l'arraché des concessions importantes de la part de l'industriel. On ne peut que sourire amèrement a posteriori. ArcelorMittal n'avait pris que de faibles engagements (aucun plan social et 180 millions d'euros investis sur 5 ans), depuis le 5 décembre, il ne se sent visiblement liés par aucun d'eux : il vient d'annoncer qu'il abandonnait le projet Ulcos de captation du CO2, une technologie miracle qui devait faire revivre deux hauts fourneaux sans débouchés.

Depuis longtemps, notre magazine affirme que ce projet ne sauvera pas le site de Florange. Depuis longtemps, nous disons que ses deux hauts fourneaux sont voués à disparaître. Depuis longtemps, nous pensons que le combat pour la ré-industrialisation de notre pays ne passe pas par Florange. Depuis longtemps, nous pensons que l'avenir de l'industrie ne se construira pas à l'ombre d'une forêt de hauts fourneaux. Mais cela nos dirigeants politiques et nos concitoyens peinent à le comprendre. Dans l'inconscient collectif, on se représente encore l'industrie comme celle du XIXème siècle : des usines avec des milliers d'ouvrier et des cheminées qui fument. C'est pour cela que Florange est devenu un symbole. Il est urgent de rompre avec cette vision. Elle conduit à mener de faux combats, à ne voir que des usines qui ferment alors que tant de pépites émergent sans bruit. C'est pour elles qu'il faut se battre, c'est pour elles qu'il faut mobiliser les énergies, pour elles qu'il faut continuer à travailler notre compétitivité. L'avenir de l'industrie ne se joue pas à Florange.

Thibaut DE JAEGHER

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4 commentaires

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10/12/2012 - 11h01 -

L'Industrie en France... est trop discrète, trop méconnue. Elle ne sait pas se vendre à l'opinion. Elle se fait jour quand elle a un problème seulement. Les commentaires des médias grand public d'aujourd'hui sont ceux d'hier: pas plus informés, ils nous recrachent un vieux : "l'industrie c'est vieux, c'est sale, il y a de la contestation".
En réalité, Florange est certes un symbole, mais aussi un authentique site de fabrication d'acier de très haute performance, ce qui n'existe que dans peu d'endroits dans le monde et n'est pas du tout facile à reproduire, en temps comme en investissement à long terme (je parle de formation, d’expérience des personnels, de capitalisation du savoir-faire, d'investissement dans les matériels spécialisés et dans l'expérience de leur emploi avec une garantie constante de qualité) . Pour un ingénieur en mécanique comme moi, la valeur du savoir-faire de Florange est suffisante pour justifier une nationalisation - hélas dans le cas présent, nos moyens nous permettent seulement de demander l’aumône de Mr Mittal, pour ne pas démanteler le site au cours des 6 prochaines années. J'espère bien que cela va changer, mais on a du pain sur la planche, dans une nation à réindustrialiser, surtout dans les esprits!
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07/12/2012 - 11h04 -

Très pertinent. En passant : il est où votre article sur la mobilisation des centaines salaries d'Alcatel devant le siege au pied de la tour Eiffel hier ? Florange = -600 emplois Alcatel = -1400 emplois Pas une image dans les JT nationaux.
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07/12/2012 - 09h41 -

C'est bien joli ce discours, mais : 1) que faire des gens qui se retrouvent sur le carreau ? 2) Si l'avenir de l'industrie ne se joue pas à Florange, il se joue sur quel secteur et où ? Sinon, belle litanie, j'en ai la larme à l’oeil.
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07/12/2012 - 07h58 -

J'adore ces journalistes qui disent ce qu'il ne faut pas faire à grand renfort de "je vous l'avais prédit !" OK faut pas se battre dans des "faux combats" (que vous n'avez pas plus qualifié que ça...), alors dites-nous maintenant comment se battre ? A vous lire, on a l'impression que vous avez la recette miracle pour redresser l'économie en 10 minutes : allez-y montrez nous vos lumières !
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