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L’Arena du Racing Metro 92 prend forme

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Presque à mi-chemin de son achèvement, l’Arena prend forme. Le chantier de cette "salle de spectacle qui accueillera des matchs de rugby" du Racing Metro est exemplaire par ses choix techniques et son intégration dans l’espace urbain.

L’Arena du Racing Metro 92 prend forme © Patrice Desmedt

Ce qui frappe en s’approchant du chantier de l’Arena, le futur stade de l'équipe de rugby du Racing Metro 92, c’est son intégration dans la ville. Il faut encore faire un effort pour l’imaginer terminée, avec son toit, ses écailles qui joueront avec la lumière et ses commerces. Actuellement, on n'y accède que depuis l’esplanade proche de la station de RER Nanterre Université. Demain, cette esplanade se prolongera jusqu’à la Grande Arche de La Défense. La future "salle de spectacle qui peut également accueillir des matchs de rugby", insiste Jacky Lorenzetti, est bien une arène urbaine.

Le chantier en bref

3 200 tonnes d’acier

6 500 tonnes de charpente métallique

1 500 000 heures de travail

44 portiques en béton armé

590 coques en béton armé

650 écailles en façade, en métal et verre

Décembre 2013 : démarrage des travaux

Dernier trimestre 2014 : pose des premiers gradins

Juin 2015 : fin du génie civil

Décembre 2016 : livraison de l’Arena

Le président de Racing Arena, le maître d’ouvrage, n’a pourtant pas oublié sa casquette de président du club de rugby des Hauts-de-Seine. En témoignait l’écharpe qu’il portait pour accueillir les journalistes, pour la première visite du chantier. A mi-parcours, quinze mois après le démarrage des travaux et une vingtaine de mois avant la livraison, l’avancement du gros œuvre permet de se faire une bonne idée du résultat final. Il ne manque que le dernier étage de gradins, au-dessus de la ceinture des loges. A la découverte de l’Arena, plusieurs éléments sont frappants : la proximité des immeubles, mais aussi de la Grande Arche, le plan inédit, avec un mur fermant l’un des petits côtés et la proximité avec le terrain que l’on imagine déjà pour les jours de match.

Le centre est encombré de matériel, car il est impossible de s’étaler en dehors de l’enceinte. L’exiguïté du chantier a représenté l’un des nombreux défis à relever. Le désordre n’est qu’apparent, il a fallu régler au plus fin la succession des travaux. L’Arena cumule les superlatifs : plus grande salle modulable d’Europe, plus grand écran du monde (2 400 mètres carrés), une salle conçue pour être modulaire, adaptée à 10 000, 15 000 ou 25 000, 35 000 ou 40 000 spectateurs. La configuration en mode stade accueillera quant à elle 30 681 spectateurs, dont 2 055 pour les salons et 1 288 pour les loges.

Caresser le béton

Les prouesses sont également techniques. L’architecte Christian de Portzamparc, prix Pritzker 1994, concepteur de la Cité de la Musique à Paris ou de la Philharmonie de Bruxelles, le rappelle : "C’est un exploit de construire en pleine ville, c’est un exploit de travailler sur un sous-sol qui comprend des bretelles d’autoroute." Il y a eu également le choix de tout fabriquer en béton autoplaçant (BAP), à l’exception des sols, ce qui présente l’avantage d’éviter la phase de vibration, indispensable à la mise en place de bétons classiques. Un choix un peu osé à une telle échelle, avec en particulier des portiques uniques pour les sept niveaux. "Il y a eu quelques crises à surmonter, reconnaît Christian de Portzamparc, il a fallu essayer différentes qualités de béton. Nous avons effectué beaucoup de tests, il y a eu des échanges plutôt vifs pendant six mois, au début du chantier."

Au final, on sent une fierté de l’équipe face à la qualité du béton. Il faut voir l’un des responsables du chantier caresser un mur pour en prouver la douceur ! Autre originalité, la présence de bureaux collés à l’Arena. Il a fallu prévoir une isolation phonique particulièrement efficace, pour que les usagers des bureaux ne soient pas gênés lors des répétitions avant un concert. A la différence des stades ou des très grandes salles polyvalents existantes, l’acoustique et la polyvalence ont été prises en compte dès la conception. Le sol pour les concerts est rétractable, tout comme la première rangée de gradins pour les matchs. "Le premier rang sera à 5,70 mètres du bord de touche, insiste Jacky Lorenzetti. Les spectateurs pourront entendre les joueurs". Un rêve pour tous les supporters ayant hanté le Stade de France...

Alors que les stades Pierre Mauroy de Villeneuve-d’Ascq (Nord) ou Millenium de Cardiff (Pays de Galles) sont équipés de toits rétractables, l’Arena sera dotée d’un toit fixe. Cela impose l’utilisation d’une pelouse synthétique, ce qui ne trouble pas Jacky Lorenzetti. "Il y a toujours des gens attachés à leurs habitudes. Mais au centre d’entraînement du Racing Metro 92 au Plessis-Robinson, mes joueurs jouent déjà sur une pelouse synthétique sur un agrégat naturel et l’apprécient. Il y a beaucoup moins de grogne dans le rugby que dans le football. Ce type de terrain est stable en toutes saisons, les joueurs se blessent moins, et le jeu est plus rapide. Les Saracens [un club de rugby anglais, ndlr] marquent plus d’essais que la moyenne des équipes sur leur terrain en synthétique…"

Les amateurs de rugby apprécieront. Le Racing Metro était connu comme une équipe massive. Si le président parle de vitesse et d’essais, et que ses entraîneurs l’écoutent, le Racing pourrait offrir à l’Arena un visage très séduisant !

Patrice Desmedt

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