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Quotidien des Usines

L’AFM-Téléthon se lance dans la production industrielle

Arnaud Dumas , ,

Publié le

L’association de patients s’associe avec Bpifrance pour créer une usine pour fabriquer ses futures thérapies géniques et cellulaires. Basée à Evry (Essonne), la plate-forme de production nécessite un investissement de 120 millions d’euros et créera à terme 300 emplois.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Bioproduction - Crédits : Genethon 

C’est une grande étape de franchie pour l’AFM-téléthon. L’association de patients, financée par les dons des Français, vient de s’associer à la banque publique d’investissement pour se lancer dans la production de biomédicaments.


Les deux partenaires vont créer une société commune, détenue à 54 % par l’AFM-Téléthon, qui sera chargée de fabriquer à grande échelle les thérapies géniques et cellulaires issues des recherches de l’association. La première pierre d’une nouvelle usine devrait être posée début 2016 au Génopole d’Evry (Essonne), où l’association est déjà implantée.

Elle y possède notamment le site de production du Généthon, de 5000 m², qui produit les médicaments en phase de test sur les patients, mais dont la capacité n’est pas suffisante pour passer à l’industrialisation. A terme, le centre de production de l’AFM-Téléthon devrait atteindre une surface de 13 000 m² d’ici 2019. Près de 300 emplois devraient être créés par la nouvelle structure.


Un investissement d’intérêt général
Il s’agit d’un investissement conséquent pour les deux partenaires. En plus de sa propriété intellectuelle, l’AFM-Téléthon dotera la nouvelle entité de 36 millions d’euros. Le fonds Société de projet industriel (SPI) de Bpifrance investit de son côté 84 millions d’euros.

"C’est une stratégie d’intérêt général qui permet à la France de se positionner en leader de ces nouvelles thérapies", explique Frédéric Revah, le directeur général de Généthon, qui recherchait un investisseur d’intérêt général depuis plusieurs mois.

Le fonds SPI, créé en début d’année, place son plus gros ticket à date dans ce projet. Doté de 425 millions d’euros issus du Programme des investissements d’avenir, ce fonds vise à créer des sociétés de projets avec des acteurs privés pour créer de nouvelles filières industrielles en France.

En juin, le fonds s’est associé avec Cnim, en apportant 25 millions d’euros sur une somme totale de 55 millions d’euros, pour créer une société spécialisée dans le solaire thermodynamique. Plus récemment, le fonds SPI a permis de relancer l’usine papetière de Voreppe (Isère), pour un projet de 33 millions d’euros.


Une vingtaine de projets en stock
"Pour nous, c’était une étape indispensable, nous avons besoin de cet outil, explique Frédéric Revah. C’est assez atypique pour une association de se lancer dans l’industrialisation, mais cela correspond à notre promesse initiale d’amener des médicaments aux patients."


L’association pilote une vingtaine de projets en thérapie génique et cellulaire, dont l’efficacité commence à être reconnue. Elles concernent des maladies rares comme les myopathies, certains déficits immunitaires, des maladies du sang, du foie, de l’œil ou de la peau.

"Ces thérapies progressent, des médicaments sont en phase clinique et d’autres suivent, souligne Frédéric Revah. Il fallait donc nous doter de la capacité pour les produire et d’être en mesure d’anticiper l’arrivée d’autres médicaments lorsqu’ils obtiendront leur autorisation de mise sur le marché."


Le centre de production pourrait par ailleurs être utilisé par d’autres acteurs des biotechnologies. "Nous allons constituer pour eux un point d’appui pour venir éventuellement produire leurs thérapies", confie Frédéric Revah.


Cette nouvelle plate-forme permettra surtout à l’association de maîtriser de bout en bout le coût de ses thérapies. Ce nouvel acteur atypique dans le monde de l’industrie pharmaceutique entend garantir un prix "juste et raisonnable" de ses futurs médicaments.

Arnaud Dumas

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