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L'aéronautique cherche ses trublions de l'innovation 

Olivier James , , , ,

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Analyse Les initiatives pour faire émerger des idées innovantes dans le monde aéronautique se multiplient. Leur point commun : elles misent sur des profils atypiques, loin du sérail aéronautique conventionnel. Une révolution pour un secteur souvent qualifié de conservateur.

L'aéronautique cherche ses trublions de l'innovation

Ils prennent un sacré coup de vieux, en ce moment, les ingénieurs aéronautiques. Alors que la nouvelle mouture de l'avion Solar Impulse se lance dans son tour du monde, que Safran dévoile tout juste son Fab Lab dédié aux services pour le transport aérien et qu'Airbus inaugure son tout premier accélérateur de start-ups toulousain dénommé BizLab et compte essaimer dans le monde son Fab Lab appelé Protospace, les ingénieurs issus du sérail aéronautique sont les grands absents de ces avancées décisives qui donnent au secteur un nouveau visage. Cruelle coïncidence, le jour où Airbus dévoilait son accélérateur de start-up, les salariés de l’ingénieriste Sogeti High-Tech battaient le pavé toulousain pour protester contre les suppressions d’emplois chez ce sous-traitant majeur d’Airbus.

Dur, dur, ce changement d’époque pour la caste des ingénieur aéros bercés par l’histoire prestigieuse de leur secteur, dont la réussite industrielle est sans cesse soulignée. Airbus, Safran et consorts vont désormais voir ailleurs que dans leurs rangs pour trouver des innovateurs. Le point commun de la démarche de ces groupes ? Ils mettent la main sur des moutons à cinq pattes, férus de technologies digitales, ignorant tout ou presque de l'aéronautique et geek sur les bords. Bien plus t-shirt que costard-cravate en somme. Les réactions en interne ne tardent pas quand ces nouveaux-venus font leurs premiers pas : "au début ça a été un cauchemar", "je savais que ça allait tiquer", "personne n’y croyait", ont entendu ces pionniers mal rasés qui ont du faire face à des propos parfois teintés d’un anti-jeunisme primaire.

Oui mais voilà : Google, Facebook et Uber sont passés par là, avec leurs méthodes de travail prônant l’agilité qui renvoient celles des ingénieurs traditionnels à des procédés parfois poussifs, lents, corsetés. De nombreux secteurs en ont déjà fait l’expérience, mais pour le très conservateur et ultra-réglementé marché aéronautique, c’est une révolution qui s'amorce. A ceux qui ne comprennent pas l'intérêt d'élargir son champ de vision, on est tenté d’invoquer d’Audiard : "les boites innovantes ça ose tout, c'est même à ça qu’on les reconnaît". Aujourd’hui les méthodes issues de l’ancien et du nouveau monde cohabitent. La révolution portera ses fruits quand ils collaboreront.

Olivier James

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1 commentaire

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19/03/2015 - 12h33 -

Ouais, ouais, ouais. Sauf qu'un avion c'est avant tout une structure mécanique qui se déplace dans un fluide. Tout ça n'a rien à voir avec des applis Android ou IoS, or ce n'est pas le domaine de l'avionique qui roupille, c'est celui de la propulsion (l'électrique est un leurre...), de l'aérodynamique et des configurations qui n'ont pas évolué depuis 50 ans...
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