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L'accord de compétitivité, un risque partagé

Cécile Maillard ,

Publié le

Les entreprises citées

Emmanuel Macron a-t-il parlé un peu vite en qualifiant Michelin d’« entreprise modèle » le 25 janvier, lors de sa visite chez le fabricant de pneus à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), saluant à la fois sa « très grande productivité » et son attachement « au dialogue social et à la formation » ? Début février, la direction du site Michelin de La Roche-sur-Yon (Vendée) a pourtant annoncé à ses représentants du personnel qu’elle ne tiendrait pas ses engagements, pris lors de la signature du « pacte d’avenir », en 2016. Dans cet accord de compétitivité, les salariés acceptaient une plus grande flexibilité de leurs horaires de travail, avec notamment l’introduction d’une quinzaine de dimanches travaillés par an, en échange d’un ambitieux plan de modernisation du site et d’une centaine de créations d’emplois. Des mesures qui devaient permettre à l’usine d’augmenter fortement sa production, de 800 000 pneus par an à 1,2 million d’ici à 2019. Le 2 février, patatras. La direction locale a annoncé en comité d’entreprise que les investissements prévus à hauteur de 56 millions d’euros s’arrêteraient à 43 millions. Trahison de la direction ? Rupture abusive d’un contrat moral ? En fait, un turn-over élevé, conjugué à de nombreux départs à la retraite, n’a pas permis à l’usine d’atteindre ses objectifs de production et de performance. « Quand on a signé, on y croyait. L’erreur est humaine », plaide le délégué syndical central CFE-CGC, qui n’a pas plus que les autres signataires anticipé les problèmes de recrutement d’un territoire au faible taux de chômage. Dans ce type d’accord, syndicats et direction prennent un risque partagé. Sans cette prise de risque, le dernier site de Michelin en France à fabriquer des pneus poids lourds, était menacé, estime le syndicaliste. La direction, elle, espérait un retour sur investissement qu’elle n’a pas obtenu. En 2013, les deux premiers « accords de maintien dans l’emploi », chez Walor (Loire-Atlantique) et Mahle Behr (Haut-Rhin) s’étaient traduits par le départ de salariés parmi les plus qualifiés. Direction et syndicats s’étaient sentis floués, leur accord détourné de sa finalité. Chez PSA, en revanche, une majorité de syndicats se félicitent aujourd’hui de l’effort consenti depuis l’accord de 2013, qui a permis au constructeur de sortir d’une crise qui a failli le voir disparaître. Ce n’était pourtant pas gagné. De même, chez Renault, aucun regret de part et d’autre. À La Roche-sur-Yon, chez Michelin, direction et syndicats se félicitent de la qualité de leur dialogue, qui va leur permettre de préparer la suite. Ensemble, ils parient qu’une pause dans les investissements sera salutaire, le temps d’intégrer les nouveaux arrivants. Un pari risqué, forcément. 

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