Investissement : ce n'est pas un problème d'argent mais d'envie

Le problème de l'investissement en France est moins un problème d'argent que d'idées. Dans ce contexte, les dispositifs annoncés par le gouvernement sont bons à prendre mais ne répondent pas vraiment au diagnostic fait par les patrons et les banquiers.

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Investissement : ce n'est pas un problème d'argent mais d'envie

Relancer l’investissement, c’est booster la reprise. Dans la foulée de la Semaine de l’industrie, le président de la République puis le Premier ministre ont annoncé des mesures à même de stimuler la reprise que les uns et les autres sentent poindre à l’horizon. Sans s’appesantir sur le fait que l’on parle de reprise alors que la croissance sera (au mieux) de 1 % cette année, on ne peut que saluer ce volontarisme. François Hollande et Manuel Valls ont proposé tout un panel de dispositifs dédiés à l’investissement, matériel et immatériel. Outre un mécanisme de sur-amortissement, plusieurs milliards d’euros d’aides vont être mobilisés pour pousser les industriels à investir davantage.

Cette mobilisation est indispensable. Il suffit de visiter quelques usines en France et en Allemagne pour mesurer le retard de notre pays en matière d’équipements de production. Là où le bât blesse, cependant, c’est sur les moyens mis en oeuvre. Ils nient un état de fait : le problème de l’investissement en France, ce n’est pas le manque d’argent mais le manque d’idées. Nicolas Dufourcq, le patron de Bpifrance, les banquiers et les entreprises le reconnaissent : de l’argent disponible, il y en a, beaucoup même. Ce sont plutôt les « bons » projets qui manquent à l’appel.

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Les industriels ne comptent que sur leurs propres ressources

Les patrons n’ont plus envie. Plusieurs raisons à cela. Au-delà des marges trop faibles et de la complexité réglementaire, il y a un manque criant de confiance en l’avenir. Chaque chef d’entreprise a appris à être prudent, à ne s’appuyer que sur ses propres forces pour se lancer dans un nouvel investissement. Les aides de l’État (à l’image du CICE), il ne les intègre pas à son business plan. Il attend de les voir se matérialiser pour les utiliser.

Ensuite, le marché français, sur lequel se projettent beaucoup de PME, n’a pas besoin de grandes infrastructures. Nous ne sommes plus dans une économie d’équipement mais de renouvellement. Les entreprises n’ont donc pas besoin d’investir massivement pour servir le marché national. Enfin, notre économie demeure peu exportatrice, car nos coûts de revient sont plus élevés que ceux de nos voisins, comme l’Allemagne mais aussi l’Espagne. Conséquence : la France voit certains investissements se réaliser en dehors de ses frontières. Pour relancer l’investissement et la reprise, il faudrait jouer sur d’autres leviers que celui du financement. Tant que les industriels n’auront pas senti une amélioration durable de leurs marges, il y a peu de chances qu’ils se risquent à libérer leur capacité d’investissement en France.

Thibaut De Jaegher

2 Commentaires

Investissement : ce n'est pas un problème d'argent mais d'envie

sandy
10/04/2015 08h:26

bonjour,
des charges tel que les 8% pour la caisse congés du bâtiment, les frais d'huissiers, mandataires... exorbitants qui bloquent les entreprises à redémarrer, Ne pensez vous que ce soit cela une partie du problème des entrepreneurs ?

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LBJ
13/04/2015 09h:58

Effectivement cet article est intéressant mais il souligne surtout une réaction générale qui me rappelle l'expression un peu triviale "caressez le cercle et il devient vicieux"... Effectivement, si personne ne plonge, pas personne mais l'extrême majorité perdra !

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