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"Il va y avoir une déformation sectorielle de l'économie", selon l'économiste Patrick Artus

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Entretien Le chef économiste de Natixis Patrick Artus vient de publier "40 ans d’austérité salariale", (éditions Odile Jacob). Il revient sur les conséquences de cette politique et décrypte les enjeux de sortie de la crise économique actuelle.

Il va y avoir une déformation sectorielle de l'économie, selon l'économiste Patrick Artus
Patrick Artus est le chef économiste de Natixis.
© Luc Perenom - L'Usine Nouvelle

L'Usine Nouvelle. - Comment mettre fin à l’ "austérité salariale", la stagnation des salaires réels, que vous relevez dans les pays de l’OCDE depuis plusieurs décennies ?

Patrick Artus. - Le capitalisme néolibéral a déformé de façon colossale le partage des revenus : les salaires ne progressent que de 40 % de la productivité et non plus à son rythme. C’est aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Japon que cette déformation est la plus violente, ou en Espagne depuis dix ans. L’Allemagne l’a connue avec les réformes Schröder, mais corrige ce mouvement depuis deux ou trois ans. Avec des salaires faibles, la demande des ménages l’a été aussi. Pour la soutenir, on a créé de la dette privée, en poussant les ménages à s’endetter (le modèle américain, qui a conduit à la crise des subprimes), et de la dette publique, par de la dépense sociale. C’était possible parce que, sans inflation, les taux d’intérêt étaient très bas. On peut très vite sortir de l’austérité salariale en augmentant immédiatement les salaires, mais cela va créer de l’inflation et les taux d’intérêt remonteront. Les emprunteurs publics et privés deviendront vite insolvables. Si le démocrate Joe Biden gagne les élections américaines, ce ne serait pas scandaleux qu’il double le salaire minimum : 40 % des Américains n’ont connu aucune progression de leur pouvoir d’achat depuis trente ans, alors que la productivité a augmenté de 2,5 % par an... Mais que fera-t-il de la dette de l’État, qui sera de 130 % du PIB à la fin de cette année ? Pour éviter une crise des dettes, il ne faut pas sortir brutalement de l’austérité salariale, mais étaler ce processus sur vingt ans. Mais quel homme politique est prêt à attendre vingt ans ? Nous ne savons pas faire cette transition.

Comment expliquer que la France ait échappé à cette austérité salariale ?

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