Technos et Innovations

"Il faut sanctionner financièrement les établissements qui freinent l’intégration de l’université Paris-Saclay", selon le sénateur Michel Berson,

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Entretien C’est l’une des 16 recommandations émises par le rapporteur pour mener à bien le pôle scientifique et technologique Paris-Saclay. Le projet est un à un tournant, et son avenir va se jouer dans les 18 prochains mois, affirme le sénateur.

Il faut sanctionner financièrement les établissements qui freinent l’intégration de l’université Paris-Saclay, selon le sénateur Michel Berson, © wikimedia commons

"Réussir le cluster de Paris-Saclay". Tel est le titre du rapport rédigé par la commission des finances du Sénat sur l’état du projet de pôle scientifique et technologique sur le plateau de Saclay, en région parisienne. Un volontarisme affiché, pour un projet qui en a bien besoin, si l’on en croit le constat effectué par le rapport  sénatorial. Les investissements publics engagés dans le projet (université Paris-Saclay, infrastructures, transports) sont estimés par le rapport à 4,5 milliards d’euros.

En septembre 2015, Michel Berson avait déjà sonné l’alarme, soulignant le manque de transparence des financements, et la complexité de la gouvernance du projet. Mais deux événements ont depuis contribué à fragiliser la construction du cluster Paris-Saclay, qui doit réunir 18 établissements d’enseignement et de recherche (universités, écoles d’ingénieurs, centres de recherche) – l’université Paris-Saclay- , et des centres technologiques ou de recherche industriels.

Période probatoire

Tout récemment, l’université Paris-Saclay (UPS), l’une des 8 Idex (Initiatives d’excellence) sélectionnées pour constituer des pôles universitaires français à la hauteur des classements internationaux, s’est vue infliger une période probatoire de 18 mois : un jury international a estimé que les efforts entrepris pour une réelle intégration des établissements étaient insuffisants. "L’avenir de l’université Paris-Saclay va se jouer dans les 18 prochains mois", affirme Michel Berson, pour lequel l’UPS va devoir choisir entre devenir une université intégrée conforme aux standards internationaux, ou se contenter d’une confédération d’établissements juxtaposés.

Mais peu de temps auparavant, en décembre 2015, une autre raison de douter est venue du sein même du gouvernement. Les ministres de la Défense et de l’Economie ont en effet paru encourager la constitution d’un pôle d’écoles d’ingénieurs autour de l’Ecole polytechnique " membre de Paris-Saclay. "Une énième tentative de conserver la bipartition  française entre les Grandes écoles, qui forment les élites, et l’université, chargé d’enseigner à tous les étudiants", regrette Michel Berson, qui juge ces querelles totalement dépassées, si on veut se mesurer aujourd’hui avec Harvard, Stanford ou Cambridge… Depuis, un arbitrage au plus haut niveau (la Présidence de la république) a mis fin à la cacophonie.

Un vrai chef de projet

Le projet est donc toujours sur les rails, mais il devient urgent de le reprendre en main. La première recommandation du rapporteur est d’établir enfin un tableau détaillé des financements publics engagés dans le projet de cluster. La deuxième réclame la mise en place d’un vrai chef de projet - un délégué interministériel - assurant le pilotage par l’Etat. Ensuite, des incitations financières doivent pousser à l’intégration. Le sénateur va plus loin : « Il faut sanctionner financièrement les établissements qui freinent l’intégration de l’université Paris-Saclay ». Une personnalité scientifique de premier plan, un Nobel s’impose, devra servir d’ambassadeur à l’UPS afin d’accroître sa notoriété internationale. Le sénateur insiste sur la nécessité de mettre en place au plus tôt des moyens de transport desservant le plateau de Saclay. L’ouverture de la future ligne de métro est prévue pour…2024.

Le cluster Paris-Saclay devrait servir de démonstrateur pour faire évoluer le système français d’enseignement et de recherche, estime Michel Berson. Il lui reste encore à faire ses preuves.
 

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1 commentaire

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21/05/2016 - 10h30 -

"conserver la bipartition française": S'il n'y avait pas l'obstination idéologique de ne pas faire une sélection à l'université (qui existe en partie à vari dire à Orasy depuis longtemps) de manière officielle, le verrou une fois levé permettrait d'obliger les GEs à s'assouplir.
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