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"Il devrait y avoir 40 candidats au label de pôle de compétitivité"

Manuel Moragues , ,

Publié le

Entretien L'appel à projets pour la phase IV des pôles de compétitivité se clôture le vendredi 19 octobre. Jean-Luc Beylat, président de l'association française des pôles de compétitivité, se félicite de ce que "le gouvernement a compris l'importance des pôles". Et explique comment le nombre de pôles passera de 66 aujourd'hui à moins de 40.

Il devrait y avoir 40 candidats au label de pôle de compétitivité
Jean-Luc Beylat est le président de l'Association française des pôles de compétitivité.
© Peter Allan - 2013

L'Usine Nouvelle - Sous quels auspices se clôture l'appel à projets pour la quatrième phase des pôles de compétitivité ?

Jean-Luc Beylat, président de l'association française des pôles de compétitivité : Ce qui me paraît le plus important est que l'État a affirmé la continuité de son engagement, aux côtés des régions, en faveur des pôles. Le financement des projets de R&D des pôles était surtout assuré par le Fonds unique interministériel (FUI), qui n'a fait que diminuer jusqu'à 50 millions d'euros par an aujourd'hui. Ce montant est stabilisé et s'y ajoutent 125 millions d'euros des PSPC (Projets de R&D structurants pour la compétitivité) qui seront désormais fléchés en intégralité vers les projets des pôles.

Vous craigniez avant l'été que "la mécanique des pôles s'enraye" faute de financements…

Effectivement, mais ce n'est plus le cas. L'enveloppe de financements des projets fait plus que doubler, à 175 millions d'euros au total. Cela va permettre de remonter au niveau d'il y a quatre à cinq ans. C'est suffisant car s'y ajoutent les investissements du privé. Il faut encore voir comment le FUI et les PSPC seront coordonnés et comment le financement sera cadencé mais le gouvernement a visiblement bien compris l'importance des pôles de compétitivité, ce qui n'était pas forcément très apparent dans les discours au printemps.

Le bilan de la phase III des pôles était-il satisfaisant ?

Les pôles sont vraiment des écosystèmes forts. En septembre 2018, on en comptait 66 qui rassemblaient 1300 organismes de formation et de recherche et 10 400 entreprises membres, dont 75% de PME et 17% d'ETI. Il n'y a pas d'autre outil qui fédère autant les PME, qui sont les vrais créatrices d'emploi. Depuis 2005, 1816 projets de R&D ont été financés, pour un investissement global de 7,3 milliards d'euros, dont 4,4 milliards du privé. La part élevée du privé montre qu'il s'agit de projets correspondant aux intérêts des entreprises, avec l'objectif de produits à commercialiser.

Dans quelle mesure le nombre de pôles va-t-il diminuer ?

Il devrait y avoir environ 40 candidats à la labellisation, contre 66 pôles aujourd'hui. Mais il ne s'agit pas de réduire pour réduire. L'État demande des gros pôles, avec une taille critique, une stratégie régionale et des liens avec les filières industrielles. Certains pôles satisfont déjà ces attentes, d'autres vont y répondre en fusionnant. Enfin, une dizaine de pôles devraient se reconfigurer, en cluster par exemple, pour jouer un rôle d'animation du territoire.

Le gouvernement pousse aussi les pôles à se tourner vers l'Europe pour financer leurs projets. Qu'en pensez-vous ?

C'est une bonne chose. Il s'agit bien sûr de gagner en puissance en accédant à des financements européens. Mais pas seulement : c'est une démarche structurante pour le marché unique européen. L'Europe est généralement une somme de marchés nationaux mais sur des thématiques innovantes on peut arriver à un marché presque unique, comme l'a montré le RGPD qui crée de facto un marché européen. Il est donc crucial de positionner les acteurs innovants sur l'Europe.

Propos recueillis par Manuel Moragues

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