[Hommage] "Pour aller bien, il faut se sentir utile", selon David Graeber, auteur de "Bullshit jobs"

La mort de l'anthropologue David Graeber a été annoncée le 3 septembre par son épouse sur Twitter. Il y a deux ans, en septembre 2018, L'Usine Nouvelle avait eu la chance de l'interviewer longuement. Le militant d'Occupy Wall Street était de passage à Paris pour la sortie de la version française de son ouvrage "Bullshit jobs". Tout de suite, la formule fit florès et s'invita dans les débats télévisés, les études RH... symbolisant le malaise dans le travail que de nombreux observateurs pressentaient sans toujours le nommer précisément. De cette heure passée avec lui, nous pouvons dire que l'homme était charmant, toujours prêt à répondre à une question, fût-elle provocatrice, esprit en éveil permanent et d'une grande indulgence pour l'accent anglais approximatif de son intervieweur.  

 

 

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[Hommage]
David Graeber, anthropologue, auteur de "Bullshit jobs"

David Graeber, anthropologue et anarchiste, vise dans le mille avec "Bullshit jobs". À peine sorti, le livre fait partie des meilleures ventes. Et si le provocateur révélait une part de l’essence oubliée du travail ?

L'Usine Nouvelle. - Le livre que vous publiez, "Bullshit jobs", est né d’une quasi-blague. Imaginiez-vous le retentissement qu’il aurait ?

David Graeber. - J’ai vraiment été saisi par ce qui s’est passé. Au départ, j’ai écrit un article pour un ami qui lançait un nouveau magazine. Il m’a demandé si j’avais quelque chose pour lui, un texte que personne d’autre ne publierait. C’était un peu une provocation de ma part d’écrire sur les métiers à la con, mais j’avais remarqué que quand je demandais aux gens ce qu’ils faisaient, ils me répondaient régulièrement "oh, pas grand-chose". Ils disaient travailler quelques heures par semaine, s’occupant comme ils pouvaient le reste du temps. Deux semaines après sa mise en ligne, le texte avait été traduit dans treize langues. Il y a même eu un crash des serveurs du magazine en raison du trafic. Après la publication, j’ai reçu de nombreux témoignages de salariés qui me disaient qu’ils vivaient la même chose en me donnant des exemples précis. Les journaux se sont également emparés du sujet et ont publié des enquêtes et autres témoignages. L’un d’entre eux m’a particulièrement frappé : un avocat fiscaliste disait être très malheureux parce qu’il n’apportait rien à la société. J’ai compris que cela attristait les gens.

Quelle différence entre un job à la con et un job de merde ?

[...]

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