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L'Usine Campus

Grogne des écoles d’ingénieurs sur une possible nouvelle baisse de leurs ressources

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L’inquiétude monte parmi les écoles d’ingénieurs face au projet de réforme du gouvernement sur l’apprentissage et la formation professionnelle qui pourrait amputer une partie de leur budget. Un projet qui fait suite à des coupes depuis 2014 et qui pourrait aboutir à une hausse des frais de scolarité.

Grogne des écoles d’ingénieurs sur une possible nouvelle baisse de leurs ressources © Collections écoles polytechniques

Dans sa réforme de la formation et de l’apprentissage, le gouvernement envisagerait de revenir sur la part de la taxe d’apprentissage qui ne finance pas directement … des formations en apprentissage. Cette part appelé le "hors quota", qui compte pour 23 % de la taxe payée par les entreprises, est attribué à des organismes promouvant des formations technologiques et professionnelles du CAP jusqu’à des formations en Bac +5, y compris en plein temps. Ces sommes alimentent en particulier les budgets des écoles de commerce ou d’ingénieurs qui l’utilisent librement. L’objectif du gouvernement est de reflécher cet argent directement vers l’apprentissage.

"Cette mesure va être désastreuse pour nos finances, alors que nous ne détournons pas l’argent de l’apprentissage mais au contraire, le hors quota sert à financer des formations très utiles pour les entreprises", lance Jacques Fayolle, premier vice-président de la Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d’Ingénieurs (Cdefi) et directeur de Telecom Saint-Etienne.

A court terme, il n’y a pas d’impact particulier puisque cet argent n’entre dans les caisses des écoles qu’entre juin et septembre. Mais dès l’été 2018, une incertitude pèse. "Même si la taxe représente un faible pourcentage de notre budget, il s'agit de ressources "libres" que nous pouvons utiliser pour nous développer sur les champs que nous choisissons directement", explique Anne Beauval, directrice déléguée de l’IMT Atlantique pour qui ce financement concourt à hauteur de 1 %. "C’est un plus très important notamment pour le volet social ; une disparition fragiliserait nos finances", ajoute Pascal Brouaye, directeur général de l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci (ESILV).

10 % du budget en jeu

Le hors quota représente rarement plus de 10 % du budget des écoles d’ingénieurs : 4 % pour l’ESILV, environ 7 % chez Efrei Paris, 10 % à l’Ecole Spéciale des Travaux Publics (ESTP), et 15% du budget de fonctionnement de Mines Nancy, selon son directeur général, François Rousseau. Mais comme le fait remarquer Jacques Fayolle, le produit de la taxe d’apprentissage pour les écoles a déjà chuté de 37% entre 2014 et 2015, soit un "manque à gagner" d’environ 25 millions d’euros pour les 205 écoles d’ingénieurs françaises.

Pour pallier ce manque, les écoles n’ont pas beaucoup de solutions à leur disposition. Les structures privées seront tentées d’augmenter les frais de scolarité. "Si demain j’ai 10% de budget en moins je suis obligée d’augmenter de 20% les frais de scolarité (50% de nos ressources), ce qui fait 1500 euros de plus", explique Florence Darmon, directrice de l’ESTP et trésorière de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), qui, comme la Cdefi, est très mobilisée sur le sujet. La question des frais de scolarité concerne naturellement au premier chef les écoles privées ou associatives puisque les écoles publiques reçoivent l’essentiel de leurs ressources de l’état. La formation continue peut constituer une source de revenus d’appoint. Mais cette dernière est limitée par la tendance des grandes entreprises à créer leur propre "université" interne. Pour l’EFREI Paris, il n’y a pas beaucoup d’alternatives : "nous devrons soit différer des investissements, soit augmenter les frais de scolarité. Nous ferons sans doute un mix des deux", résume Frédéric Meunier, directeur général de la nouvelle école qui a fusionné Efrei et Esigetel.

Le levier de l'apprentissage

L’une des sources d’inquiétude est de savoir si cette mesure, si elle est réellement prise, va ralentir le développement de l’apprentissage dans les écoles d’ingénieurs. "A mon avis, oui, nous serons freinés dans le développement des formations par apprentissage par rapport à ce que nous pourrions faire, alors que nous savons qu'il y a un vrai besoin du côté des entreprises" estime Anne Beauval. La part des apprentis dans de nombreuses écoles a progressé ces dernières années, atteignant en moyenne 14% parmi les diplômés des 130 adhérents de la Cdefi. La formation par apprentissage est considérée par la conférence comme le principal levier pour atteindre en 5 ans l’objectif de 50 000 ingénieurs diplômés par an contre 33 000 aujourd’hui. 

 

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