Economie

Goldman Sachs sonne le glas des Bric

Myrtille Delamarche , , , ,

Publié le

Quatorze ans après l’invention par Jim O’Neill, économiste chez Goldman Sachs, de l’acronyme Bric, la banque américaine d’investissement acte la mort du concept en fermant son fonds actions dédié aux quatre pays émergents (Brésil, Russie, Inde et Chine).

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Les chefs d'Etat et de gouvernement des Bric Vladimir Poutine (Russie), Narendra Modi (Inde), Dilma Roussef (Brésil) et Xi Jinping (Chine), ici avec le président sud-africain Jacob Zuma (avec qui ils forment le Brics) avant le sommet du G-20 à Brisbane, Australie en 2014.

Goldman Sachs a annoncé aux porteurs de parts de son fonds d’investissement en actions dédié aux Bric (Goldman Sachs BRIC Fund) la fusion de celui-ci dans un fonds plus largement dédié aux pays émergents (Goldman Sachs Emerging Markets Equity Fund). Le fonds "Bric" avait déjà largement réduit ses volumes d’investissements depuis l’apogée de 2010, lorsqu’il affichait plus de 800 millions de dollars d’actifs sous gestion dans ces quatre pays (Brésil, Russie, Inde et Chine). Ses actifs, qui sont aujourd’hui valorisés à moins de 100 millions de dollars, rejoindront ceux du fonds "marchés émergents" (presque 430 millions de dollars sous gestion).

Les quatre émergents, qui ont soulevé tant d’espoirs des investisseurs ces 15 dernières années, n’attirent plus les investisseurs, surtout depuis les difficultés rencontrées par le Brésil et la Russie, en récession. L’Inde continue à susciter des espoirs mais n’est pas encore, loin de là, le relais de croissance de la Chine tant attendu. Reste la Chine, qui ralentit sa croissance. Cette dernière, malgré son ralentissement, est loin d’avoir perdu son intérêt pour les investisseurs, qu’ils soient purement financiers ou actifs dans l’activité économique locale.

Ventilation des risques

La banque américaine précise avoir pris via son fonds "marchés émergents" des participations "en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Europe centrale et de l’Est, et en Amérique centrale et du Sud". Les investisseurs du fonds "Bric" verront donc leurs parts dans les entreprises situées au Brésil, en Russie, en Inde et en Chine transformées en actifs ventilés dans quelque 28 pays, parmi lesquels l’Afrique du Sud, l’Indonésie, la Grèce, la Colombie, la Corée du Sud, etc.  On trouve aussi dans la liste des pays cibles de ces investissements des destinations plus surprenantes pour un fonds marchés émergents, comme l’Autriche, le Royaume-Uni (0,3% de la valeur sous gestion dans le groupe de santé Al Noor Hospitals) ou les Etats-Unis (0,6% des actifs en actions Samsonite).

La Chine représente tout de même, au 30 avril 2015, 20,6% des actifs combinés des deux fonds, l’Inde 12,8%, le Brésil 7,5% et la Russie 4,9%. Le Goldman Sachs Emerging Markets Equity Fund seul totalisait, à cette date, un total d’actifs évalué à 371,5 millions de dollars en Asie, un peu moins de 18 millions en Afrique, 17,5 millions en Europe, 15,8 millions en  Amérique du Sud et 3,3 millions en Amérique du Nord, apprend-on dans sa communication aux actionnaires transmise à la US Securities and Exchange Commission.

 

Myrtille Delamarche

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