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Gabriel Artero, président de la Métallurgie CFE-CGC écrit une lettre à François ... du travail !

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Tribune "Cher François, depuis le 10 août dernier, te voilà redevenu maire de Dijon, ta ville de coeur...", Alors qu'une nouvelle ministre du Travail vient de prendre ses fonctions, Gabriel Artero, président de la Métallurgie CFE-CGC, prend la plume pour s'adresser au ministre sortant.

Gabriel Artero - Crédits : Philippe Schaff 

Cher François, depuis le 10 août dernier, te voilà redevenu maire de Dijon, ta ville de coeur. Assurément "le plus beau des mandats" comme tu aimais à le dire en avril 2014 au lendemain de ta nomination en tant que ministre. Le décès brutal de ton ancien adjoint et ami devenu maire, Alain Millot, te donna l'occasion du choix : ré-exercer en local ou continuer au niveau national. Faute de pouvoir cumuler, tu as donc choisi.  Ce sera le local.

C'est un bon choix si l'on s'en tient au baromètre du CEVIPOF sur le niveau de confiance envers les institutions politiques. Il ne t'aura pas échappé que celui-ci est inversement proportionnel à l'éloignement de ceux qui nous gouvernent et nous administrent. Le retour à la proximité joue donc en ta faveur. Les maires et conseils municipaux jugés plus proches des citoyens et de leurs préoccupations jouissent d'une meilleure côte que les ministres qui, eux,  perdent au baromètre de la confiance ce qu'ils pensent gagner en notoriété.

Par fidélité à François, le premier, ton entrée gouvernementale au ministère du travail et de la formation professionnelle s’est fait par défaut. Si l'on choisit ses amis, on ne choisit pas forcément son maroquin. Mais on peut toujours dire non, François ! Tu te rêvais à Beauvau, plus près du "Château", ce fut Grenelle. Misère ! Tu as accepté, par devoir j'espère, peut-être avec un brin de curiosité pour la matière et puis ...les médias sans doute.

De ce côté-là, tu as été servi. Il faut dire que ce portefeuille est exposé, perçu par l'opinion comme celui du chômage. Le passage au "tripalium" des commentaires mensuels des chiffres de l'INSEE et de Pôle Emploi a dû être un vrai calvaire. Ton optimisme de départ a bien vite été douché, obligé à la langue de bois et même au refus de ce rituel mensuel. Mieux encore, démissionnaire et "en préavis", te voilà à commenter les chiffres de juillet. Tu as insisté sur la stabilisation en catégorie A plus facile à justifier que la plaie béante du chômage de longue durée qui, elle, s'est encore aggravée. Tu l’as occultée, un oubli sans doute, à moins que tu ne l’ais réservée à ton "courageux" successeur Myriam El Khomri. A chacun d'assumer l'héritage.

Il faut se rendre à l'évidence, ce ministère n'est pas un cadeau : 207 100 chômeurs supplémentaires inscrits à Pôle Emploi et deux baisses mensuelles durant ton mandat amenant d'aucuns à le qualifier d'échec. Somme toute un peu injuste. Tu espérais le rebond de la croissance pour tirer l'emploi et démontrer une réelle "tendance baissière".  Elle tarde, mon cher François, elle tarde et le corps social s'impatiente. Mais que pouvais-tu y faire? Le contexte, la crise, l'international, voilà même que les Chinois s'en mêlent et que leur économie se met à faire des bulles. Et puis l'économie, c'est le rayon d'Emmanuel n'est-ce pas ? Même si lui n’a pas hésité à se mêler de ton travail.

Il y a tout juste un an, dans un grand happening quelque peu hasardeux, tu as tenté "un coup" en rassemblant les représentants d'employeurs et ceux des organisations syndicales. J'étais un peu crédule, tu étais tout sourire. Ce devait être LA  "réunion de mobilisation des branches professionnelles" pour le pacte de responsabilité. Y croyais-tu vraiment? Las, tu as du te rendre à l'évidence quelques semaines plus-tard. Entre François le premier et Pierre du Medef, le grand malentendu sur la création d'emplois, contrepartie des baisses de charges aux entreprises, était déjà bien entamé. Le million…qu'un Pin’s.

Ne restait plus qu'à formater une loi. Tous les ministres se doivent à une loi. Il faut bien laisser  une trace. Réformer le dialogue social, bigre un vrai chantier ! Le terrain parlementaire était pourtant miné. Les politologues te prédisaient les pires difficultés, Emmanuel avait dû dégainer le 49.3 pour la sienne.

Finalement, tu as réussi à la faire adopter sans grand écueil. Reste que du côté des partenaires sociaux, le jugement est beaucoup plus "réservé". C'est donc à l'usage, sur le terrain, que nous en mesurerons la portée, mais tu ne seras plus là. Avec ta loi et celle d'Emmanuel, une fois tous les décrets publiés, il va falloir s'adapter, maîtriser, s'habituer. Rien n'est moins simple que l'empilement des lois et la prétendue simplification des textes.  

Il faut bien t'avouer que nous avons déjà tous les yeux rivés sur le futur rapport de Jean-Denis. Ses recommandations et préconisations, voulues ambitieuses par Manuel qui tient à réformer le Code du travail, pourraient servir de trames à Myriam. Nous craignons l'overdose, François. Tu me diras que nous devrions être vite fixés.

La "grande conférence sociale" d'octobre donnera le ton. Une fois passée la Cop 21, grand rendez-vous de François le premier, il est probable que ton successeur nous gratifiera, au nom du principe énoncé plus haut, d'une nouvelle loi. Si tel était le cas, à quoi bon aura servi la tienne ? La réforme pour la réforme, en étendard  comme si réformer engendrait nécessairement et mécaniquement l'emploi ? Réformer pour rassurer Bruxelles ? Alors François, dis bien Myriam que ce qu'attendent les Français,  c'est avant tout du travail.  Oui ! du travail.

PS : N’hésites-pas à lui faire savoir, à elle qui n’a jamais connu l’entreprise, que nous restons à sa disposition pour l’aider à lui faire découvrir son nouveau terrain de jeu.

Gabriel Artero, président de la Métallurgie CFE-CGC

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