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Election présidentielle 2017

François Hollande était "l'ami du capital investissement", certains en attendent autant du prochain

Arnaud Dumas , , ,

Publié le

L’Association des investisseurs pour la croissance (Afic) a rédigé 16 propositions, en majorité d’ordre fiscal, pour augmenter les flux de capitaux vers les entreprises. En bonne forme après ce quinquennat, les investisseurs vont rencontrer les candidats à l’élection présidentielle pour continuer de faire entendre leur voix.

François Hollande était l'ami du capital investissement, certains en attendent autant du prochain
Olivier Millet, le président de l'Afic et le président du directoire d'Eurazeo PME.
© photo pascal Guittet

Les investisseurs en capital espèrent peser dans la campagne présidentielle. L’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) a établi une liste de 16 propositions à destinations des candidats à la présidence de la république. Et elle entend bien les faire connaître.

"Les organigrammes de campagne sont vastes et il ne faut pas se contenter de ne voir que les candidats, souligne Olivier Millet, le président de l’Afic et le président du directoire d’Eurazeo PME. Je suis prêt à faire des centaines de rendez-vous avec eux !"

Pas d’inquiétude particulière pour autant du côté des fonds d’investissement français. Les représentants de l’Afic reconnaissent même un bilan du quinquennat de François Hollande pas si mauvais. "Ça commençait mal, il y a eu l’épisode des pigeons. Et puis il y a eu la loi Macron", confie le président de l’association avant de tenter un timide "François Hollande, c'est l’ami du capital investissement !"

Forte croissance de l’investissement

Ces dernières années ont en effet été plutôt favorables pour les sociétés de gestion. Après une année 2015 en forte croissance, 2016 devrait encore se solder par des niveaux record de levées de fonds et d’investissements dans des entreprises non cotées. "Le marché du capital investissement va bien, confirme Olivier Millet. Nous avons retrouvé en 2015 les niveaux d’avant la crise et nous avons l’objectif de doubler les montants d’investissement dans les cinq ans."

Mais l’association relève un point négatif. Cette augmentation des fonds investis provient de plus en plus de l’épargne internationale, et moins de l’épargne française. Pour l’Afic, les 16 propositions rédigées par ses membres visent donc à augmenter les flux de capitaux français à destination des sociétés non cotées.

Selon l’Afic, seulement 1 % de l’épargne française gérée par les investisseurs institutionnels est orientée vers le capital investissement, contre  3 % en Europe. L’association souhaite que le futur gouvernement les incite à faire mieux. Mais aussi qu’il pèse dans les négociations européennes sur les règles prudentielles sur les compagnies d’assurance et sur les banques, pour diminuer les contraintes pesant sur leurs investissements dans le non coté.

Développer l’actionnariat individuel

Les investisseurs en capital veulent aussi développer l’actionnariat individuel. D’abord en supprimant l’Impôt sur la fortune (ISF), accusé de figer le capital des entreprises en empêchant l’entrée de nouveaux actionnaires en liant les exonérations et abattement à la détention du capital.

L’Afic veut également revenir sur deux mesures du quinquennat. Sur le compte PME innovation, instauré par la dernière loi de finance rectificative, qui est jugé "lourd et complexe". Pour encourager l’investissement des plus-values enregistrées lors de la vente d’une société, l’association préférerait un produit plus simple permettant un report d’imposition.

Mais aussi sur la taxation des plus-values de cession d’action, qui avait déclenché en 2013 le mouvement des Pigeons. Le nouveau mécanisme issu des Assises de l’entrepreneuriat, avec une taxation assortie d’abattement en fonction de la durée de détention des actions, ne convient toujours pas aux capitaux-investisseurs. Ils souhaiteraient un retour à un mécanisme de prélèvement libératoire fixé à 25 %, "dans la moyenne européenne".

Qui a dit que les fonds d’investissement n’étaient pas généreux avec les salariés ? Le troisième corpus de propositions de l’Afic traite d’un meilleur partage de la valeur entre les actionnaires, le management et les salariés. Au programme,  un retour à une taxation plus favorable des actions gratuites, sécurisation fiscale des management packages pour les cadres, et un nouveau mécanisme permettant aux actionnaires, en cas de cession d’une entreprise, d’affecter sans frottement fiscal une part de leur plus-value aux salariés.

Miser sur l’innovation

Enfin, l’Afic milite pour un renforcement du financement de l’innovation. Le financement de l’amorçage et des premières phases des jeunes pousses constituent la partie la plus risquée, où le besoin d’incitations publiques est le plus fort. Les adhérents de l’Afic voudraient que l’Etat renforce le mécanisme de garantie publique des fonds investis dans les PME, géré par Bpifrance. Plafonné à 3 millions d’euros par entreprise de moins de cinq ans et 500 000 euros pour les autres, l’Afic souhaite rehausser les plafonds à 5 millions d’euros et 1 million d’euros.

Enfin, pour fluidifier le marché du capital-risque, l’association préconise la création d’un fonds secondaire par les pouvoirs publics, dédié au rachat des participations de ces fonds. Et à développer l’investissement des grandes entreprises dans le capital innovation, en assurant la promotion du dispositif fiscal incitatif entrée en vigueur en septembre 2016.

L’impact sur le budget de l’Etat de ces nombreuses propositions n’a pas été chiffré par l’Afic. Mais l’association a déjà affûté ses arguments. "Quand je vais à Bercy, j’explique que mon métier c’est d’élargir la base fiscale taxable en développant les entreprises, lance Olivier Millet. Il faut faire prendre conscience que le développement économique passe par l’injection de capitaux."

 

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