Framatome développe un mini-réacteur nucléaire SMR avec l'américain General Atomics

Framatome a annoncé le 13 octobre un partenariat avec l’américain General Atomics Electromagnetic Systems pour développer un concept de petit réacteur nucléaire modulaire de 50 MWe. Commercialisation possible vers 2035.

Partager
TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Framatome développe un mini-réacteur nucléaire SMR avec l'américain General Atomics
Selon l'AIEA plus de 50 projets de développement de SRM seraient lancés dans le monde.

Et de deux ! Pour rattraper leur retard dans la course au développement des petits réacteurs nucléaires modulaires, ou SMR (small modular reactor), les Français se voient contraints de s’associer à des acteurs américains.

En septembre 2019, on apprenait que le consortium français Nuward, constitué en 2017 par le CEA, EDF, Naval Group et TechnicAtome, allait collaborer avec l'américain Westinghouse pour développer un SMR de 170 MW tout intégré afin d’être prêt à le produire en série en 2030. Si TechnicAtome maîtrise bien la conception de réacteur nucléaire de puissance embarqué dans les sous-marins, le CEA et EDF disposent de la technologie et de l’ingénierie et Naval Group d’un outil industriel ad hoc, il leur manquait une brique, celle de de sûreté passive, pour faire fonctionner les mini-réacteurs avec un minimum de maintenance. Cette brique, l’américain Westinghouse en dispose. L’accord avec lui devrait aussi permettre d’accélérer les procédures auprès des autorités de sûreté américaine et canadienne.

Un projet américain

Cette fois, c’est Framatome, filiale à 75 % d’EDF, qui vient d’annoncer un partenariat avec un américain, General Atomics Electromagnetic Systems (GA-EMS), pour développer son SMR. Ce sont ses équipes aux États-Unis qui travailleront à la conception de plusieurs structures, systèmes et composants critiques de ce SMR, dont les options technologiques sont très différentes de celles de Nuward.

Le duo franco-américain veut construire un réacteur modulaire rapide (FMR) de 50 mégawatts électriques (MWe) à sûreté passive et refroidi à l'hélium, un gaz chimiquement inerte qui n'est ni explosif, ni corrosif, et qui ne s'active pas. Il pourra être fabriqué en usine, puis monté sur site, pour réduire les coûts financiers et augmenter sa capacité. Le combustible fonctionnera pendant environ 9 ans avant d'être remplacé. L'équipe, dirigée par GA-EMS, voudrait finaliser la conception du FMR dès 2030 pour une utilisation commerciale au milieu des années 2030, précise General Atomics dans son communiqué.

Framatome déjà partenaire d'Holtec

Ce n’est pas la première incursion de Framatome dans les SMR. À l’origine, avec Siemens, de la conception du réacteur nucléaire de troisième génération français EPR, le français a aussi une activité dans les phases aval de la production de combustibles. En mai 2020, il a annoncé avoir été retenu par l’équipementier nucléaire américain Holtec International a pour fournir du combustible nucléaire à son petit réacteur modulaire SMR-160. "L’inclusion de Framatome dans notre programme SMR-160 garantit qu’un futur propriétaire de centrale utilisant un SMR-160 aura facilement accès à une solide chaîne d’approvisionnement internationale en combustible", expliquait alors l’entreprise américaine dans un communiqué. Holtec aurait déjà des prospects sérieux pour ses SMR, notamment Energoatom en Ukraine.

Pour mémoire, les SMR ont notamment vocation à remplacer de petites centrales électriques thermiques de 300 à 500 MW dans des zones éloignées de tout. Ils pourraient aussi trouver leur place pour du chauffage urbain, la dessalinisation, le raffinage, la production d’hydrogène, la métallurgie… Avec son temps de réponse élevé, le FMR de General Atomics pourrait aussi "servir à stabiliser le réseau électrique et de répondre à la demande, en fonction des fluctuations des énergies renouvelables", explique Framatome.

Les gouvernements s'en mêlent

Mais la concurrence s’avère rude. L’Agence internationale de l’énergie nucléaire avait dénombré plus de 50 projets de SMR dans le monde. Outre la centrale flottante de Rosatom, déjà en service, le projet le plus avancé est celui de la société américaine Nuscale, qui a obtenu fin août 2020 une autorisation validant le design de sa technologie. Mais les gouvernements de pays engagés dans la neutralité carbone sont prêts à mettre les bouchées doubles. Dans son plan de relance, la France a prévu de réserver une partie des 472 millions d’euros de soutien à la filière nucléaire au développement d’un SMR.

A LIRE AUSSI

GE Hitachi discute réacteur SMR en Pologne

Le Royaume-Uni annonçait lui dès début juillet une enveloppe de 40 millions de livres (44 M€) pour la prochaine génération de technologie nucléaire, dont 30 millions de livres pour financer trois projets de SMR. En octobre 2020 le gouvernement britannique évoquait une enveloppe de 2 milliards de livres pour la construction de 16 SMR d’ici 2050, par un consortium de neuf entreprises, dont Rolls-Royce. Au Canada, Ontario Power Generation (OPG) soutient trois développeurs de SMR, GE Hitachi, Terrestrial Energy et X-energy. L’Arabie Saoudite a récemment signé un accord sur les SMR avec la Corée. L’Australie ou la Pologne étudient également cette option.

3 Commentaires

Framatome développe un mini-réacteur nucléaire SMR avec l'américain General Atomics

vVDB
14/10/2020 21h:34

Quel est le combustible ? Quand prend on le virage du Thorium ? Le démonstrateur a fonctionné 4 ans dans les années 60. Les alliages sont disponibles. Le refroidissement est par air, plus de risque inondation ou tsunamis. A pression ambiante, température 600°C. Non proliférant. Sécurité passive par l'usage des sels fluorés. Déchets de 300 ans ! Dans les années 60, cette technologie a été écartée car elle n'était pas compatible avec la fabrication de bombes atomiques. C'est 10 milliards pour une tête de série, le surcoût de Flamanville : rien

Réagir à ce commentaire
PeeF
15/10/2020 08h:27

Un réacteur nucléaire n'est que la partie thermique d'une centrale électrique, il y a largement de quoi occuper nos industries avec ces équipements périphériques et il n'est pas l'heure des "laisser tomber", notamment dans les turbines à vapeur.

Réagir à ce commentaire
Serge Rochain
15/10/2020 15h:48

Oila un nouveau moyen de multiplier les risques et les déchets nucleaites

Réagir à ce commentaire

Sujets associés

SUR LE MÊME SUJET

NEWSLETTER Energie et Matières premières

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L’USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

La vision d'un manager... de brigade en cuisine

La vision d'un manager... de brigade en cuisine

Nouveau

Dans le Podcast Inspiration, Cyril Bosviel, chef à l'institut Paul Bocuse à Lyon, répond aux questions de Christophe Bys. Il revient sur ses débuts, son parcours de chef cuisinier mais...

Écouter cet épisode

Auto et économie circulaire

Auto et économie circulaire

Dans ce nouvel épisode du podcast La Fabrique, Julie Thoin-Bousquié revient sur la prise en compte des enjeux d'économie circulaire dans l'automobile. En toile de fond, l'impératif de...

Écouter cet épisode

La mobilité de demain selon Clotide Delbos et Christel Bories

La mobilité de demain selon Clotide Delbos et Christel Bories

Lors des Assises de l'industrie 2021 organisées par L'Usine Nouvelle, Clotilde Delbos, directrice générale adjointe de Renault et DG de Mobilize (marque du groupe au losange) et Christel Bories,...

Écouter cet épisode

Une bête curieuse

Une bête curieuse

Dans cet épisode d'Industry Story, Guillaume Dessaix nous raconte le parcours de Temple Grandin.  Autiste, experte en psychologie des animaux, ingénieure, chef d’entreprise... Temple Grandin...

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L’USINE NOUVELLE

Trouvez des produits et des fournisseurs

Energies renouvelables

Capteur solaire - CR 110

KIMO INSTRUMENTS

+ 240 000 Produits

Tout voir
Proposé par

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

LE CNAM

Ingénieur chef de projet bâtiment H/F

LE CNAM - 06/12/2021 - CDD - PARIS

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS