Economie

Fountaine Pajot, le pari gagnant du catamaran

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Le chantier de plaisance Fountaine Pajot profite de sa spécialisation sur le catamaran, à voile et à moteur. La progression de près de 22% de son chiffre d’affaires témoigne de sa bonne santé.

Fountaine Pajot, le pari gagnant du catamaran © Catamarans/Fountaine Pajot

Pour sa première "réunion d’information" annuelle en tant que directeur général, Nicolas Gardies avait la tâche facile. Les chiffres de l’exercice 2013-2014 (septembre à août) du chantier de plaisance Fountaine Pajot, annoncés le 16 décembre 2014, rendent l'exercice aisé. Le chiffre d’affaires a progressé de 21,8%, à 49,6 millions d’euros. Le record historique de 2008 (52,5 millions d’euros) n’est plus qu’à un bord de portant. Le résultat net est quant à lui multiplié par 3,5, à 1,878 million d’euros.

Le cofondateur du chantier Jean-François Fountaine, désormais maire de La Rochelle, a démissionné de son mandat de président du conseil d’administration puis d’administrateur. Il peut se satisfaire de la direction donnée à l’entreprise. Exclusivement fabricant de catamarans de croisière, Fountaine Pajot profite de la bonne santé de ce segment. Ses modèles à moteur, s’ils ne représentent aujourd’hui qu’à peine 10% du chiffre d’affaires, sont en progression.

Nouvelle clientèle

Le changement de nom, de Trawler Catamarans à Fountaine Pajot Motor Yachts, n’est pas qu’un artifice de communication. En abandonnant une appellation faisant référence à une certaine rusticité, le chantier a travaillé sur des modèles plus luxueux, comme sur la gamme voile, avec les modèles "flag ship", aux aménagements personnalisables et dont les prix débutent autour de 600 000 euros. "Le My 37 est un motor yacht complètement nouveau, explique Romain Motteau, directeur général adjoint. Avec son fly bridge [pont supérieur, NDLR], nous pouvons réussir dans des pays où nous étions peu présents, séduire des clients nouveaux pour la plaisance, qui n’ont pas recours à un plan de financement et qui utilisent leur bateau d’une manière différente."

Traduction en langage moins politique : le My 37 convient à de riches clients, pour qui un bateau est plus un signe de réussite qu’une manière d’assouvir une passion de naviguer et qui sert d’abord pour inviter ses amis à des soirées au port ou pour de courtes sorties par beau temps... D’ores et déjà, le chantier réalise 83% de son chiffre d’affaires à l’export et 58% hors Europe. Le très grand export est en fort rebond (+112%), ce qui a fait passer la part de la zone Asie-Pacifique de 17% à 30% en un an.

Cinq cabines pour la location avec skipper

Le chantier continue d’innover dans ses techniques de fabrication : "Nous sommes des industriels passionnés par la technique, nous avons été les premiers à fabriquer des coques par infusion sous vide", argumente Nicolas Gardies. Fountaine Pajot s’adapte aussi au marché. Ainsi, le Saba 50, voilier qui rencontre un bon succès, existe dans une version pour le charter [location avec skipper, NDLR], avec une petite cabine pour le skipper et cinq cabines pour accueillir un maximum de passagers et réduire ainsi le coût de la semaine de location.

Les fluctuations des cours de l’euro et du dollar n’ont que peu d’incidence sur les ventes. 13% seulement des bateaux sont facturés en dollars, et les grosses unités sont toutes facturées en euros.

Patrice Desmedt

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