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Ford opère la mue numérique de sa R & D

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Open source, démonstrateurs, écosystème collaboratif… Le constructeur automobile est sur tous les fronts pour transformer sa façon d’innover.

Ford opère la mue numérique de sa R & D
Dans son laboratoire de Palo Alto, en Californie, Ford développe un projet qui combine open source matériel et logiciel.

Les entreprises citées

Chez Ford, l’innovation est en pleine révolution numérique. Le constructeur automobile en a fait la démonstration, à Barcelone (Espagne), du 2 au 15 mars lors du Mobile world congress 2015… avec trois vélos. Deux d’entre eux servent de démonstrateurs pour inspirer des solutions innovantes de mobilité multimodale et connectée dans un nouvel écosystème. Le troisième, au cœur d’un projet combinant open source matériel et logiciel, se niche dans son tout jeune laboratoire de Palo Alto, en Californie. Des projets qui conduisent Ford à imaginer jusqu’à un nouveau modèle économique.

1. Partager ses démonstrateurs

À l’instar de Google avec sa Google car, Ford veut tester les marchés de la mobilité intelligente et provoquer des réactions et des idées chez des partenaires potentiels. Il a développé deux vélos électriques pliants au design léché. Le Mode:Me pour un usage personnel et le Mode:Pro pour une utilisation professionnelle. Mais pas question pour le constructeur automobile de les commercialiser. Ce sont des démonstrateurs conçus pour inspirer des partenaires d’un genre nouveau : des fabricants de vélo, des opérateurs de services de mobilité ou des municipalités. Connectés à une app via un smartphone, les deux modèles adaptent l’assistance électrique du pédalage à la fréquence cardiaque du cycliste ou aident le livreur à optimiser sa tournée entre les trajets en utilitaire et à vélo, notamment. « Il ne s’agit pas d’abandonner un business pour un autre, insiste Ken Washington, le vice-président de la recherche et de l’ingénierie avancée chez Ford. Nous continuerons à construire des automobiles, mais nous allons aussi aider les gens qui ne veulent pas ou ne peuvent pas conduire, ceux qui préfèrent utiliser un vélo, à circuler en “smart mobility”. »

2. Observer les usages grâce à l’open data

Ford a lancé une trentaine de projets autour de la « smart mobility », la mobilité multimodale connectée. Ils s’appuient sur l’OpenXC, une plate-forme technique utilisée dans l’automobile qui combine open source matériel et logiciel. C’est le cas du projet Infocycle, lancé il y a six mois, et qui s’appuie sur la communauté open source et l’open data pour imaginer des solutions de mobilité. Dans une première phase, le constructeur a cherché à récupérer des informations sur le comportement des cyclistes à San Francisco. Il les a ensuite transmises à la communauté open source, afin que celle-ci imagine de nouveaux services. Pour ce faire, il a développé un petit boîtier rempli de capteurs (accéléromètre, gyroscope, thermomètre…) qui s’installe sur n’importe quel vélo, et l’a proposé à une dizaine de cyclistes de la ville. Ces volontaires ont été sélectionnés par Ford et le cabinet de design industriel Ideo pour leur profil (adeptes des trajets travail-maison à vélo, sportifs de montagne…). Le traitement des premières données et une collaboration avec des partenaires du même type que pour Mode:me et Mode:pro est l’étape suivante. Mais la récolte de données va se poursuivre, avec, cette fois, plusieurs centaines de volontaires. « L’objectif est d’ouvrir ces données, comme nous le faisons déjà avec celles recueillies avec l’autre boîtier OpenXC destiné aux automobiles, explique Jamel Seagraves, advanced research engineer dans le laboratoire Ford de Palo Alto. C’est une démarche de plate-forme, pas de produit. » Les solutions imaginées par la communauté open source devraient retourner à la communauté.

3. Développer un laboratoire open source

La démarche de Ford dans l’open source matériel et logiciel a démarré avec une poignée d’ingénieurs et l’ouverture d’un laboratoire à Palo Alto au début de l’été 2012. La petite équipe y était venue jouer les start-up internes en se frottant à la culture et à l’écosystème locaux. Elle a participé à des hackathons avec Facebook et travaillé en méthode agile. Aujourd’hui, c’est un groupe réparti entre la Silicon Valley et le siège de Dearborn, dans le Michigan, qui gère la plate-forme de données open source issues du labo. « Le programme OpenXC compte près d’un millier de contributeurs du monde, précise Jamel Seagraves. Et la communauté grossit chaque jour. » Le projet Infocycle est une expérimentation autour de la mobilité multimodale et constitue surtout un test en grandeur nature de l’utilisation de l’open source matériel au sein de la stratégie d’innovation du groupe. Dans le prolongement, et en liaison avec Palo Alto, Ford multiplie déjà dans le monde entier des défis lancés à la communauté open source à partir de ses jeux de données. Avec l’idée d’imaginer des solutions à des questions locales : la circulation à Londres, le parking à Los Angeles, se déplacer pendant la mousson à Mumbai. Ford veut faire passer son laboratoire californien à la vitesse supérieure. Les 24 salariés ont déménagé sur un site plus grand et devraient être rejoints par une centaine d’autres d’ici à la fin de l’année. « Dans la Silicon Valley, nous travaillons déjà avec Nest, ou avec Google et Apple sur les OS, révèle Ken Washington. Ce laboratoire n’est pas juste une vitrine, c’est la pièce centrale de l’innovation de Ford sur la connectivité, la mobilité et l’autonomie. En termes d’organisation globale, on écrit encore les règles en avançant. Mais nous allons, par exemple, mettre en place des rotations d’employés qui iront travailler à Palo Alto deux ou trois ans. Nous voulons en tirer des enseignements sur l’innovation technologique mais aussi de business. »

4. Étudier la transformation du business model

En travaillant ainsi sur une mobilité multimodale, en se rapprochant de clientèles nouvelles comme les villes ou les États et en jouant la partition de l’open innovation, Ford se dirige vers une transformation de son business model. « Nous constituons une équipe de recherche autour du business model, raconte Ken Washington. Elle comprendra certains de nos spécialistes de la technologie, la mobilité ou la connectivité, par exemple, mais aussi nos experts de l’expérience clients, des membres de la Ford credit team sur les modèles alternatifs à l’achat, des responsables du marketing, de l’équipe planning… Et nous participons à un projet de recherche à l’université technique de Rhénanie-Westphalie, à Aix-la-Chapelle, sur la théorisation de ces business models à partir, notamment, de l’analyse de ceux déjà en place dans d’autres entreprises. » 

Une transformation à ciel ouvert


Comme il est d’usage dans le numérique, Ford n’a jamais hésité à communiquer sur ses projets et ses expérimentations. C’est ainsi qu’il ajoute chaque année à son planning d’événements purement automobiles des salons numériques comme le Consummer electronics show de Las Vegas et le Mobile world congress de Barcelone, où il a expliqué cette année sa décision d’ouvrir son système d’infotainment en open source et le lancement du fablab auprès de son siège de Dearborn. Autant d’occasions pour ses ingénieurs de la Silicon Valley de répondre à toutes les questions concernant le projet open data et open source testé sur un vélo. 

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