Economie

Fincantieri serait bien placé pour racheter STX France... qui ne pipe mot

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STX France est en vente depuis plusieurs mois, sans trouver acquéreur. Selon un quotidien italien, le chantier Fincantieri serait en négociations avancées. Mais pour l’instant, il n’y a pas de confirmation tangible.

Fincantieri serait bien placé pour racheter STX France... qui ne pipe mot © DR

Selon le quotidien italien Il Sole 24 Ore, le chantier Fincantieri serait en négociations avancées avec STX France pour son rachat. Cette information, bien que plausible, est à prendre avec prudence. Le conglomérat coréen, propriétaire à 66,6 % du chantier français, cherche à le vendre depuis plusieurs mois. Les repreneurs potentiels sont très peu nombreux. L’Etat français, qui détient 33,4 % du capital, a déjà indiqué qu’il n’entendait pas augmenter ses parts et Alstom a précisé qu’il n’était pas intéressé. Le chantier allemand Meyer Werft a racheté en août dernier STX Finlande.

Il est donc logique d’imaginer le concurrent direct Fincantieri en repreneur. Ce dernier a repris fin 2012 au coréen une part majoritaire dans sa filiale de construction de plates-formes offshore et est entré en Bourse au printemps. D’autre part, la direction du chantier italien n’a pas caché sa volonté de réaliser des opérations de croissance externe pour se mettre à l’abri de prédateurs et entrer dans le "top cinq" mondial.

Pour l’instant, ce rachat reste du domaine de la rumeur. Christophe Morel, délégué CFDT chez STX France, est sceptique : "Notre directeur général Laurent Castaing nous a dit qu’il n’avait pas eu de visiteur ces derniers mois sur le chantier. Depuis la mise en place de l’accord de compétitivité, une nouvelle confiance s’est établie avec la direction générale. Même s’il ne peut pas tout dire, je ne vois pas pourquoi il ne dirait pas la vérité."

Un très bel outil industriel

Après avoir connu de grosses difficultés, STX France est reparti de l’avant et va livrer un paquebot par an jusqu’en 2019. Malgré l’annulation de la commande du ferry au gaz naturel liquéfié pour Britanny Ferries, le carnet de commandes du chantier principal de Saint-Nazaire est plutôt bon. Quant au report de la livraison des deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie, il concerne surtout l’Etat français, puisque le premier est terminé et que le second a été mis à l’eau le 21 novembre 2014.

STX a d’autre part réalisé des efforts d’investissement, dans le système informatique et, pour une trentaine de millions d’euros, dans l’un des plus puissants portiques d’Europe, mis en service au printemps 2014. Ce portique permet de gagner près de trois mois sur le temps de construction d’un gros paquebot.

Le prix de vente de STX est donc certainement bien plus élevé aujourd’hui qu’il y a deux ans. S’il devait finalement l’acheter, Fincantieri disposerait d’un très bel outil industriel, mais pour fabriquer le même type de bateau qu’en Italie. Comment gérerait-il les commandes entre les différents sites ? Et avec un tel rachat, il n’y aurait plus en Europe que deux grands chantiers navals civils, capables en particulier de construire des paquebots. Une situation qui risquerait de mécontenter les grands croisiéristes, qui pourraient voir dans ce duopole des risques équivalents à celui d’un monopole, avec une offre insuffisamment diversifiée.

Patrice Desmedt

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