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Faut-il avoir peur du krach boursier chinois ?

Solène Davesne

Publié le

  Depuis dix jours, la panique a fait dévisser les bourses de Shanghaï et de Shenzen. Les investisseurs s’inquiètent de l’ampleur du ralentissement économique, en particulier de l’industrie.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer


Shangai - CC Flickr Codelco

Depuis dix jours, c’est la panique pour les investisseurs chinois. Lundi 4 janvier, les bourses de Shanghai et de Shenzhen ont interrompu leur cotation après une chute de 7 % des cours. Rebelote deux jours plus tard. Après une baisse de 5 %, les places financières ont encore dû fermer leurs portes plus tôt que prévu, entrainant dans leurs sillages la plupart des bourses européennes.

Après un léger mieux, elles ont à nouveau trébuché lundi, en recul de 5 %. Mardi 12 janvier, les deux principales bourses chinoises ont retrouvé un peu de calme, avec une quasi-stabilisation de leur cours pendant la journée. Mais rien ne dit que les turbulences boursières soient terminées. Pour les investisseurs, les sources d’inquiétudes demeurent sur la santé de l’économie chinoise.

Contraction de l'activité industrielle

"Les inquiétudes ne sont pas nouvelles. Mais elles se sont aggravées depuis un an", souligne Christine Peltier, l’économie en charge de la Chine pour BNP Paribas. Un krach boursier avait déjà secoué la Chine cet été. En soi, le mini-krach de ces derniers jours ne signale pas de changement manifeste dans la santé de l’économie réelle chinoise. Dans un contexte fébrile, les investisseurs ont surréagi à la publication le 4 janvier d’un chiffre du PMI manufacturier décevant mais pas franchement catastrophique, signalant à nouveau une contraction de l’activité industrielle au mois de décembre.

Les dispositifs mis en place depuis l’été par les autorités chinoises pour endiguer les krachs ont envenimé les inquiétudes plus qu’elles n’ont permis d’éteindre le feu. Les autorités ont décidé de suspendre jeudi dernier l’arrêt automatique de la cotation lorsque les bourses baissent de plus de 7 %.

Depuis l’été, Pékin avait aussi interdit aux plus gros actionnaires qui détiennent de 5 % d’une société de vendre leurs actions jusqu’au 8 janvier. Ce qui aurait pu inciter les petits actionnaires à vendre leurs actions avant cette date fatidique. Les autorités ont finalement modifié la règle, interdisant de vendre plus d’1 % de capital, dans un mouvement de va et vient qui ne rassure guère des investisseurs déjà passablement sous pression. 

Une inconnue sur la vitesse d'aterrissage de l'économie

Autre élément qui a alimenté la panique : la dépréciation plus rapide que prévue du taux de change du yuan par les autorités chinoises a aussi renforcé les inquiétudes. En un an, la monnaie chinoise a perdu 5 %. "Le moindre mouvement sur les changes peut conduire à la défiance. Il manque un peu de communication et de pédagogie des autorités", souligne encore Christine Peltier.

Les sueurs froides des boursicoteurs ne sont pas pour autant le signal avant-coureur d’un effondrement de l’économie chinoise. Mais le ralentissement déjà bien engagé va se poursuivre. Il est loin le temps où les entreprises étrangères n’avaient qu’à mettre le pied sur le marché chinois pour y réaliser des ventes en progression à deux chiffres chaque année. " L’économie est entrée dans un cycle baissier en 2014 qui va prendre plusieurs années à se stabiliser ", anticipent les économistes du courtier CLSA.

La principale question concerne la vitesse de l’atterrissage. Brutal ou en douceur ? La principale inquiétude concerne surtout l’industrie. Pénalisée par les surcapacités et la dégradation des profits des entreprises industrielle, le secteur ne joue plus son rôle de locomotive de l’économie. Dans les secteurs les plus touchés par des surcapacités, comme la production d’acier ou de panneaux solaires, les autorités ont commencé à fermer les usines les plus polluantes. "On ne peut pas dire que la consommation a pris le relais de l’investissement et de la production industrielle", souligne Christine Peltier.

D’autres signaux montrent à l’inverse une meilleure résistance de l’économie chinoise. "Les récents indicateurs d’activité tendent plutôt à  montrer une certaine stabilisation ou tout au moins pas d’accentuation du ralentissement", espère le Crédit agricole, qui table comme tous les  économistes sur une croissance chinoise de 6,5 % en 2016 seulement. Contrairement à l’industrie, les services se portent plutôt bien et affichent toujours une croissance de leur activité. Quant au marché immobilier, qui était l’une des sources d’inquiétudes, il montre des signes de stabilisation. 

 

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