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Fab labs, fabriques à prototypes

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Le concept de fab lab se professionnalise. Mais un atelier de fabrication numérique collaboratif ne sert à rien sans une communauté pour le faire vivre.

Fab labs, fabriques à prototypes © Plus de 2?000 salariés de Ford fréquentent le TechShop du constructeur à Detroit.

Les entreprises citées

Ford, Safran, Renault, SEB, BMW, Airbus, Air liquide, Alcatel-Lucent, Parrot ou Hologram Industries… De plus en plus d’industriels redécouvrent le pouvoir du faire et ouvrent, financent ou collaborent à des fab labs professionnels. Objectif : libérer la créativité de leurs employés pour repérer les potentiels intrapreneurs, augmenter le nombre de brevets, innover autrement, voire en rupture totale avec l’activité de l’entreprise, en reprenant conscience de l’objet. « Depuis l’avènement de la microélectronique, des logiciels complexes et des matériaux de pointe, la plupart des gens ont perdu tout contact avec le produit », expliquait l’exposition Wave de BNP Paribas consacrée à l’ingéniosité collective. Cette déconnexion avec les contraintes de conception et de fabrication est aussi réelle dans les entreprises, même, et peut-être surtout, dans les grands groupes industriels, tant la spécialisation des tâches et le recours à la sous-traitance, déconnecte du faire.

C’est en Californie qu’a été professionnalisé le concept de fab lab, imaginé et charté par le Media lab du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 2001. En 2006, le premier TechShop ouvre. Constitués en réseau, ces ateliers de fabrication numérique sont privés et ouverts à des membres payants sur abonnement. « L’Usine Nouvelle » est allé visiter celui de San Francisco. Contrairement aux réseaux mondiaux de fab labs, l’accès n’y est pas libre, les formations ne sont pas toutes dispensées gratuitement par les utilisateurs du lieu et les créations ne sont pas nécessairement reversées dans la communauté.

TechShop ou ProtoSpace, CreativeLab ou Fabrique, Garage, FabMake ou Usine IO… Mettre à disposition des postes CAO, des imprimantes 3 D, des fraiseuses et des machines à découpe laser ne suffit pas. « Bien sûr, nous avons ici toutes sortes d’équipements, mais la plus grande richesse reste la communauté des membres et surtout sa diversité. Le design des lieux, qui facilite les échanges, est également central », explique Will Brick, le directeur du TechShop de Detroit. Celui qui a une idée n’y travaille pas seul, comme l’inventeur isolé dans son garage ou l’ingénieur dans son bureau d’études. Et c’est bien ce que viennent chercher les entreprises dans ces nouveaux lieux : une émulation qui permet à leurs employés de libérer leur créativité et leur imagination. Voire, comme chez Safran, de repérer les potentiels intrapreneurs, en leur donnant les moyens de scénariser leurs idées.

Insuffler un esprit maker

Dans un cadre d’entreprises, il n’est pas si facile de créer cette communauté qui va partager son savoir-faire et son temps. Copiant Ford à Detroit, BMW a décidé lui aussi de s’appuyer sur l’expérience des Californiens de TechShop, pour ouvrir avec l’université de Munich le premier TechShop européen. En France, Hologram Industrie et Parrot ont préféré financer l’Usine IO, qui a recruté une équipe de quatre experts du prototypage, de l’électronique et des méthodes, pour accompagner les abonnés jusqu’à l’industrialisation de leur produit. Pour Airbus, Safran, Renault, Alcatel-Lucent, Systra ou Air liquide, qui ont décidé de se doter de leur propres fab labs, insuffler un esprit maker en interne n’est pas simple. Et le partage de savoir-faire pas entré totalement dans les mœurs.

Il faut ouvrir grand ces lieux de prototypage numérique comme le propose Renault, et élargir son champ d’usage, comme Safran qui donne accès à son fab lab services aux bricoleurs de l’entreprise. Pour prendre le pli, il est aussi possible d’organiser avec soin des sessions d’innovation à la mode « makers », limitées dans le temps (deux à trois jours) et en nombre de participants (sept à huit), avec l’aide de spécialistes comme l’agence Nod-A. L’entreprise peut aussi former ses salariés. « On a codifié un “off” du fab lab, une sorte de mode d’emploi pour tous ceux désireux de venir y travailler sur d’autres projets que les services », explique Fabrice Poussières, le responsable de l’atelier innovation services de Safran.

Aux portes de Paris, le fab lab ICI de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a lancé une université des makers, avec un programme de 60 formations, stages, cours et ateliers dispensés par 165 entrepreneurs de la création, ouverts aux entreprises. Ces formations se destinent aux entreprises, aux entrepreneurs ou aux particuliers souhaitant développer une activité nécessitant un savoir-faire artistique, artisanal ou numérique dans un environnement innovant et créatif.

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