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[Fab City Summit] Paris s’engage à produire 50 % de ce que ses habitants consomment d’ici à 2054

Marine Protais ,

Publié le

Le Fab City Summit, organisé du 11 au 22 juillet à Paris, réunit 28 villes dont la capitale tricolore. Elles s’engagent à relocaliser leur production et à devenir auto-suffisantes à 50 % d’ici à 2054.

[Fab City Summit] Paris s’engage à produire 50 % de ce que ses habitants consomment d’ici à 2054
La maire de Paris Anne Hildalgo a introduit le Fab City Summit à l'Hôtel de Ville mercredi 11 juillet.
© Twitter Fab City Global

Oubliez la smart city et son arsenal de technologies, voici la fab city ou ville fabricante. Le concept ? Une production urbaine respectueuse de l’environnement, des circuits courts, une économie circulaire et des citoyens au cœur des processus de décision. 28 villes se sont ralliées au réseau Fab City dont Paris, Barcelone (première Fab City), Shenzen, Boston. Elles se sont réunies lors du Fab City Summit, organisé du 11 au 22 juillet à Paris.

Ces villes s’engagent, entre autres, à devenir auto-suffisante à 50 % en 2054. Donc à produire en partie l’électricité, les biens de

consommation et la nourriture que leurs habitants consomment. Un engagement surtout symbolique car "les élus actuels ne seront plus au pouvoir dans 36 ans", souligne Francesco Cingolani, co-fondateur de l’association Fab City Grand Paris. "Mais nous pensons que cet objectif est réalisable."

De 5 % à 50 % d'autonomie

Pourtant, la capitale française est loin de l’auto-suffisance. "Une ville comme Paris ne produit aujourd’hui que 2 à 5 % de ce qu’elle consomme. Nous pensons que d’ici dix ans, nous pouvons parvenir à 20 % d’autonomie", projette Francesco Cingolani. Une estimation partagée par Jean-Louis Missika. "Ce n’est pas une utopie. Le modèle de l’économie circulaire deviendra le modèle économique dominant dans les dix prochaines années", prévoit l’adjoint à la maire de Paris chargé de l'urbanisme. 

Pour y parvenir, Francesco Cingolani estime que des ajustements réglementaires sont nécessaires, notamment concernant les fablabs. "Aujourd’hui les fablabs sont des lieux d’innovation et d’expérimentation disséminés dans la ville. Si on veut qu’ils soient capables de devenir des lieux de production, il faut définir un cadre réglementaire. Car aujourd’hui ce cadre est très flou. Obtenir une assurance est par exemple très compliqué pour un fablab", expose le co-fondateur de Fab City Grand Paris, qui a également co-fondé le fablab Volumes à Paris. Selon lui, il faudrait que les fablabs travaillent davantage en réseau entre eux et avec les villes pour parvenir à un modèle de ville fabricante.

Rapprocher acteurs locaux, institutions et entreprises

Le mouvement Fab City a justement pour but de rapprocher les acteurs de terrains comme les fablabs et associations des institutions publiques et des entreprises. C’est d’ailleurs à l’Hôtel de Ville de Paris que s’est ouvert mercredi 11 juillet le sommet Fab City Summit.

"Nous travaillons avec la Mairie de Paris depuis deux ans. En dehors de la préparation du sommet, nous avons créé des groupes de travail sur différents thèmes comme la construction numérique, la robotisation de l’agriculture urbaine, nous avons également travaillé sur des indicateurs de mesure de la production locale", énumère Francesco Cingolani. Les premiers travaux de ces groupes de travail étaient dévoilés vendredi 13 juillet.

Outre la volonté politique et la motivation des acteurs locaux, relocaliser la production dans les villes est-il faisable ? "Le but n’est pas de construire de grandes usines en plein milieu de Paris, mais de s’appuyer sur de petits lieux de fabrications comme les Fablabs", prévient Francesco Cingolani. "Et notre projet ne concerne pas uniquement Paris intra-muros mais le Grand Paris", ajoute-t-il.

Champignons et parking

Des exemples de production parisienne ou francilienne existent déjà, argumentent les défenseurs du projet Fab City. La société Eau de Paris fait fonctionner deux usines souterraines au pied de la gare d'Austerlitz et sous le canal Saint-Martin. De nouveaux projets de production locale voient le jour. La société Cycloponics cultive depuis 2017 des champignons bio en sous-sol, dans un parking désaffecté porte de La Chapelle. Ce lieu baptisé La Caverne produit environ 500 kilos de champignons par semaine.

La start-up Expliseat, qui fabrique des sièges d’avions légers pour le Falcon de Dassault notamment, compte installer une usine en plein Paris, dans le 11ème arrondissement. "Un moyen de rapprocher notre pôle production, qui est aujourd’hui dans le Sud-Ouest, de notre service innovation", explique Benjamin Saada, fondateur de la jeune société. Le dirigeant espère voir son usine entrer en production dès 2019.

Pour que le projet de Fab City prenne de l’ampleur, il est indispensable d’embarquer également de plus grandes entreprises. Des promoteurs immobiliers et des industriels du BTP se sont engagés dans la réflexion. Les grandes entreprises de l’industrie manufacturière, qui devraient être concernées par ce débat autour de la relocalisation de la production, sont pour le moment absentes.

Il faudra aussi et surtout convaincre les citoyens, qui ont un pouvoir de décision important dans le projet Fab City. "Le but est de rapprocher les espaces de consommation et les espaces de production, mais pour cela il faut que les citoyens s’engagent pour une consommation locale. Il y a des barrières culturelles à lever." Pour initier le grand public au projet, des démonstrations et des conférences auront lieu jusqu’au 22 juillet au Parc de la Villette à Paris.

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